Berlin

Nous voici donc à Berlin. Nous logeons chez Julia, une comédienne de 40 ans qui a tellement d’énergie que j’ai l’air d’une larve à côté d’elle. Elle parle parfaitement anglais, français et (évidemment) allemand, souvent dans la même phrase, vit dans un appartement typiquement berlinois aux plafonds vertigineux ou il règne un bordel permanent. Elle a deux petits garçons (que nous n’avons pas encore vus), deux chats et deux perruches. Il y a des jouets et des dessins d’enfants partout, des objets africains (elle est née en Afrique de parents diplomates), des bouquins, des trucs et des machins. Nous passons complètement inapercus dans cette joyeuse anarchie, c’est parfait. Ce soir, nous nous sommes engagés à faire le souper (poulet et frites, pour faire plaisir aux enfants), on va rigoler dans le placard qui sert de cuisine, je sens ça.

Julia a aménagé dans l’une des pièces une mezzanine que l’on atteint en escaladant une échelle, et dont on descend par une glissoire. En principe, c’est la «chambre» des enfants; en l’occurrence, c’est là que nous dormons. Personnellement, je descends par l’échelle (j’ai ma fierté), mais Pierre, qui ne recule jamais devant une nouvelle expérience, préfère la glissoire. À 3h du matin, je dois vous dire que ce fut un spectacle assez divertissant.

Hier nous avons marché dans la ville, comme nous aimons faire. Nous avons traversé un marché turc en plein air tout plein d’odeurs et de couleurs, puis longé le tracé du mur-qui-n’existe-plus-sauf-dans-la-tête-des-Berlinois jusqu’à
 la porte de Brandebourg. 

Il y a une quantité remarquable de jeunes et belles personnes (mais où sont les vieux?), pas trop de touristes – quoique la file devant le Reichstag (le parlement) nous a dissuadés d’en tenter l’ascension. Demain, peut-être… 

Nous avons aussi fait un tour sur la Spree, la rivière qui traverse la ville, et les bâtiments modernes qui la bordent nous ont soufflés. Quelle audace! Quelle géniale façon d’aménager une ville! On a décidément des leçons a tirer de toute cette beauté. De place en place, un immeuble ancien montre ses fioritures et ses vieilles cicatrices de guerre au milieu de ces murs d’acier et de verre, et cela crée un contraste vraiment surprenant.

Mais bon. Mon amoureux attend que je libère l’ordi, alors je vous laisse la-dessus. Aujourd’hui, nous irons longer à vélo l’ancienne emprise du mus, il paraît qu’il y a bien des choses a découvrir.

Dans un peu plus de six heures…

… nous serons dans l’avion en direction de Londres.

Ma valise n’est pas finie, mon lit est un champ de bataille où une quantité de t-shirts, froissés de n’avoir pas été choisis pour le voyage, font la grève avec des chaussettes, quelques chemises, un jean ou deux… Eh. On part pour un mois, quand même, et sans plan précis… Finirons-nous par nous écraser sur une plage de Croatie? Déciderons-nous sur un coup de tête de sauter dans un avion pour Istanbul? Il faut prévoir toutes les éventualités. Et si nous allions au concert à Vienne? Et s’il fait un froid de caribou à Ljubljana? Et si la canicule s’abat sur Prague? Ah, mes amis, ces questions philosophiques m’épuisent.

En tout cas, pour l’heure, nous passerons la journée de demain dans la City, puis nous nous envolerons le soir même pour Berlin, où une famille nous attend. Je pense commencer une collection de noms de saucisses.

Bon. Je vais essayer de remettre de l’ordre dans mes idées et dans ma chambre, je vous redonne des nouvelles bientôt.