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Un aller simple

Mon petit bagage format cabine est presque prêt.

Je ne peux m’empêcher de voir ma Sissi lovée dedans comme elle le faisait toujours, avec son air de reproche: «Tu t’en vas?»

Eh oui, ma reine, je pars.

Mais puisque tu es toi-même partie pour toujours et que tu ne m’attendras plus, j’ai pris cette fois un aller simple. Je reviendrai quand j’en aurai assez, dans deux semaines ou dans deux mois.

Je m’envole donc jeudi aux aurores pour Mérida, au Mexique, d’où je sauterai illico dans un taxi pour Progreso, au bord de la mer. J’ai un urgent besoin d’une méga dose de soleil et d’eau salée, pour soigner ma vieille peau envahie par un eczéma dont rien ne vient à bout mais qui me met à bout (et même à bouillir).

Je visiterai Mérida après.

Avec le temps et l’expérience, je sais depuis longtemps ce que je veux mettre dans mon bagage: mes deux maillots de bain, un paréo, deux robes increvables qui me suivent depuis plus de 20 ans, deux pantalons légers (un presque chic, un pas chic pantoute) un short, une chemise de lin à manches longues, deux ou trois T-shirts, mon petit sac de couchage en soie et ma lampe de poche à manivelle (on ne sait jamais), ma serviette en microfibre, et une adorable nouvelle paire de sandales Crocs hyperconfos avec des brillants.

J’ajoute mes palmes et mon tuba, bien sûr – oui, ça tient dans mon bagage de cabine, je les ai achetés pour ça.

J’ai l’air de me vanter, mais c’est facile de voyager léger quand on ne veut que flâner au bord de la mer, lire, manger, traîner dans les marchés publics et parler un mauvais espagnol en espérant l’améliorer.

Je craignais d’être devenue trop presbyte pour déchiffrer mon micro-dictionnaire (ma lecture de plage préférée), mais ça va encore, ô joie.

Sinon, j’ai mes deux liseuses (la Kobo et la Kindle), et j’aurai le bonheur de réviser bénévolement un court mais excellent roman d’un auteur que j’aime beaucoup – un vrai cadeau pour moi.

Voilà qui occupera les heures les plus chaudes de la journée, parce que j’ai enfin compris que personne de sensé ne sort sous ces cieux entre 11h et 15h à moins d’absolue nécessité, et surtout pas moi, aussi insensée suis-je (vous essaierez de répéter ça avec une couple de margaritas dans le corps, mais c’est encore une chose que je ne ferai pas).

Sur ce, amigos y amigas, ¡hasta pronto!

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