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Progreso, Progreso…

Je suis arrivée ici jeudi avec en tête l’idée de me poser pendant une semaine, bien tranquille, pour profiter du soleil et de la mer avant de retourner à Mérida, une ville qui me tente depuis longtemps, et de poursuivre ensuite ma cure de soleil sur une autre plage.

Pourquoi Progreso? Allez savoir. Il y a d’autres villes en bord de mer non loin de Mérida. Mais celle-là est la plus proche, et j’avais jeté mon dévolu sur un petit hôtel bien sympa.

Si j’avais le moindrement poussé mes recherches au lieu de me fier à mes vieux fantasmes, j’aurais su que Progreso est le port par lequel transitent tous les conteneurs à destination du Yucatan, du Campeche et du Quintana Roo. En outre, des navires de croisière y déversent des centaines de touristes chaque jour au bout de ce qui serait la plus longue jetée au monde.

Il paraît que, en juillet et août, la plage fourmille de milliers de personnes.

Bon, ce moment, ça va, nous sommes hors saison, il y a de l’espace en masse, les gens sont aimables, la mer est belle et bonne, mais c’est quand même un peu triste de voir ce qu’on est en train de faire à cette petite ville. D’abord, la plage, en certains endroits, a pratiquement disparu, emportée par l’érosion due à la hausse du niveau de la mer (c’est du moins ce que m’a expliqué un lifeguard désoeuvré à qui j’ai posé la question).

On essaie de la rétablir à grands renforts de voyages de sable, mais je pense que c’est peine perdue. Donc il y a ça.

Il y a aussi le long de ce qu’il reste de plage des restos péteux qui te servent un dé à coudre de vin blanc bon marché pour 180 pesos (13$).

C’est ridicule.

Il faut savoir que, comme il n’y a aucune ombre sur la plage, on a quatre possibilités:

1. S’installer au grand soleil et rôtir comme un lechón a la parilla;

2. Apporter sa chaise et son parasol;

3. Louer une chaise et un parasol à la journée (300 pesos, soit environ 22$);

4. Trouver un resto qui a des tables et des parasols, où l’on peut passer tout le temps qu’on veut pourvu qu’on commande quelque chose.

Mon quartier général

J’ai bien sûr choisi la dernière option, puisqu’il faut bien manger et que c’est pas vrai que je vais me mettre à cuisiner mes soupers à l’hostal, où je n’ai jamais vu un chat et d’où on ne voit pas la mer.

Ça fait que je me suis échouée le premier jour à l’un des plus anciens restos de l’endroit, La Carabela. Ai-je bien fait!

La serveuse qui m’a accueillie a les cheveux coupés en brosse, des tatouages louches jusque dans le cou et un anneau dans le nez – pas un genre courant au Mexique, disons. Une soie, avec un sourire lumineux et un regard d’une rare intensité, je l’ai aimée tout de suite.

J’ai donc établi mon quartier général à La Carabela. À force, on a eu le temps de bavarder un peu – les questions habituelles, du moins de ma part: d’où viens-tu, aimes-tu ton travail, ce genre de chose.

J’ai appris que Bianca travaillait à ce resto depuis une semaine seulement, qu’elle venait de rentrer à Progreso (où elle est née) et que, avant, elle était dans une alberga à Campeche.

Une alberga, dans mon esprit, c’est une auberge, alors je lui ai demandé candidement quel était son travail là-bas. Mais elle m’a expliqué qu’une alberga, en l’occurrence, c’est un centre de réadaptation, où elle avait passé 10 mois après des années d’errance et de dépendances diverses.

À 27 ans.

Je ne l’en ai aimée que davantage. De la voir bosser comme ça, forte, debout, vaillante, ouverte, déterminée… Une guerrière. Une douce guerrière.

Alors ce soir, je lui ai fait mes adieux avec beaucoup d’affection, une propina juste pour elle et une accolade qu’elle m’a bien rendue.

Parce que, finalement, je ne resterai pas à Progreso. Je m’en vais demain à Mérida, d’où partent la plupart des excursions de groupe dans la région. J’ai besoin de compagnie.

Je vous laisse avec la chansonnette du marchand de pain ambulant, à qui je n’ai pas manqué d’acheter una barra (une baguette) et quelques pâtisseries.

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Un aller simple

Mon petit bagage format cabine est presque prêt.

Je ne peux m’empêcher de voir ma Sissi lovée dedans comme elle le faisait toujours, avec son air de reproche: «Tu t’en vas?»

Eh oui, ma reine, je pars.

Mais puisque tu es toi-même partie pour toujours et que tu ne m’attendras plus, j’ai pris cette fois un aller simple. Je reviendrai quand j’en aurai assez, dans deux semaines ou dans deux mois.

Je m’envole donc jeudi aux aurores pour Mérida, au Mexique, d’où je sauterai illico dans un taxi pour Progreso, au bord de la mer. J’ai un urgent besoin d’une méga dose de soleil et d’eau salée, pour soigner ma vieille peau envahie par un eczéma dont rien ne vient à bout mais qui me met à bout (et même à bouillir).

Je visiterai Mérida après.

Avec le temps et l’expérience, je sais depuis longtemps ce que je veux mettre dans mon bagage: mes deux maillots de bain, un paréo, deux robes increvables qui me suivent depuis plus de 20 ans, deux pantalons légers (un presque chic, un pas chic pantoute) un short, une chemise de lin à manches longues, deux ou trois T-shirts, mon petit sac de couchage en soie et ma lampe de poche à manivelle (on ne sait jamais), ma serviette en microfibre, et une adorable nouvelle paire de sandales Crocs hyperconfos avec des brillants.

J’ajoute mes palmes et mon tuba, bien sûr – oui, ça tient dans mon bagage de cabine, je les ai achetés pour ça.

J’ai l’air de me vanter, mais c’est facile de voyager léger quand on ne veut que flâner au bord de la mer, lire, manger, traîner dans les marchés publics et parler un mauvais espagnol en espérant l’améliorer.

Je craignais d’être devenue trop presbyte pour déchiffrer mon micro-dictionnaire (ma lecture de plage préférée), mais ça va encore, ô joie.

Sinon, j’ai mes deux liseuses (la Kobo et la Kindle), et j’aurai le bonheur de réviser bénévolement un court mais excellent roman d’un auteur que j’aime beaucoup – un vrai cadeau pour moi.

Voilà qui occupera les heures les plus chaudes de la journée, parce que j’ai enfin compris que personne de sensé ne sort sous ces cieux entre 11h et 15h à moins d’absolue nécessité, et surtout pas moi, aussi insensée suis-je (vous essaierez de répéter ça avec une couple de margaritas dans le corps, mais c’est encore une chose que je ne ferai pas).

Sur ce, amigos y amigas, ¡hasta pronto!

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Adieu ma Sissi

Elle ne me fera plus la conversation.

Elle ne viendra plus se poser près de moi à exactement un bras de distance, ses petites pattes blanches repliées sous elle, les yeux mi-clos, sublime incarnation de féline félicité.

Je ne la verrai plus, aplatie dans le gazon comme une résistante qui se prépare à faire sauter la limousine d’un dictateur, en train de se faire accroire qu’elle pourrait capturer un écureuil.

Je n’entendrai plus sa clochette tintinnabuler quand elle accourait au son des croquettes qui tombaient dans la gamelle.

Elle a mangé son dernier mulot l’automne dernier – un minuscule souriceau pas plus gros que mon pouce.

C’était juste après le chaos qui avait bouleversé tout notre environnement, à cause de travaux que j’ai dû entreprendre bien malgré moi et qui m’ont obligée à virer la maison sens dessus dessous.

La pauvre Sissi ne reconnaissait plus rien, elle errait à travers les pièces en miaulant de toute sa petite âme.

Je ne me suis aperçue que quand nous eûmes été relogées en attendant la fin des travaux qu’elle souffrait de diarrhée (humiliation ultime pour n’importe quel chat, imaginez pour une impératrice).

J’espérais que, en regagnant peinardes nos pénates, elle retrouverait la paix de l’esprit et du corps.

C’est pourquoi, quand elle a capturé et croqué ce mini-mulot (ou était-ce une musaraigne?), mon coeur s’est quelque peu réjoui de voir que l’impératrice avait recouvré ses facultés.

Mais je m’illusionnais.

Elle s’est mise à perdre du poids, beaucoup trop de poids. Et la diarrhée a empiré.

Je vous résume la suite: visites chez la vétérinaire, analyses de sang, de selles, d’urine, antibiotiques (trois sortes), antiémétique, légère amélioration, nouvelle baisse de tonus, nouveaux médicaments…

Et toujours cette diarrhée littéralement explosive, qui la faisait miauler désespérément au moment de devoir s’y soumettre.

À la fin, elle ne mangeait plus que si je m’asseyais à côté d’elle pour lui donner des croquettes une à une.

J’ai essayé trois ou quatre sortes de croquettes, plusieurs poudres de perlimpinpin pré ou probiotiques, les pâtées les plus fancy, le meilleur thon en conserve, la nourriture crue pour chats, le poulet bouilli, l’huile de saumon sur les croquettes…

Rien. Elle ne voulait rien.

Avant-hier seulement, elle a mangé du thon cru avec ce qui m’a semblé un peu d’appétit. Mais déjà, depuis quelques jours, elle ne sortait plus de «sa» chambre que pour parcourir la maison en miaulant jusqu’au moment fatidique de devoir aller à la litière, puis retourner se lover sur son coussin jusqu’à la crampe suivante.

Alors ce matin, j’ai pris mon courage à deux mains et mon téléphone de l’autre pour appeler la clinique. J’ai mis Sissi dans son panier de transport. Elle a miaulé sur un ton que je n’avais jamais entendu auparavant, qui m’a crevé le coeur. Puis elle s’est tue.

Je n’ai jamais conduit aussi lentement de ma vie. Tous les stops religieusement exécutés, les feux jaunes anticipés un coin d’avance, le passage cédé aux piétons même pas engagés. Je n’ai pas arrêté de parler à Sa Majesté, pour lui dire à quel point je l’aimais, que tout irait bien, que ça ne ferait pas mal et qu’elle avait fini de souffrir.

C’était aussi pour m’en convaincre, je suppose.

Je me suis garée, j’ai pris tout mon temps pour payer ma place de stationnement avant de nous extirper de la voiture.

Il faisait 15 en dessous de zéro, avec un vent aigre qui gelait mes larmes sur mes cils.

J’ai traversé la rue, j’ai poussé la porte de la clinique. On nous attendait.

Ma douce guerrière a résisté à la sédation aussi longtemps qu’elle a pu. Dans son petit corps amaigri, la dose aurait dû agir en quelques minutes, mais la vigilance dont elle a dû faire preuve dès les premiers instants de sa vie est aussi ce qui l’a quittée en dernier.

La technicienne a enfin pu raser doucement sa petite patte. Elle a dû chercher un moment pour trouver la minuscule veine où instiller le dernier médicament.

Et voilà, c’était fini.

J’ai beaucoup pleuré et je pleure encore.

Je sais bien qu’il y a des choses infiniment plus tristes et plus graves que la mort d’une chatte qui a d’ailleurs eu une très belle vie, mais là, je me donne le droit d’avoir de la peine juste pour ça.

De retour bientôt à notre programmation habituelle.

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Dans mon pays

NDLR: Ceuzécelles qui voient mes publications sur Facebook me pardonneront de me répéter ici.

***

Je viens de passer une semaine dans « mon pays », c’est-à-dire ma région natale, au Saguenay.

Plus précisément « drette » au bord du Saguenay, ou plutôt d’une baie profonde de 11 kilomètres, au plus près de l’eau.

Ici, bien qu’on soit à au moins 500 km de la « vraie » mer, l’eau est encore salée et on attend les marées favorables pour se baigner dans ces eaux mystérieuses et la plupart du temps glaciales.

À marée basse, quand tout est calme, la brise nous amène un doux et subtil parfum d’iode. Le soleil couchant se fend chaque soir d’un spectacle différent — je ne crois pas avoir jamais attendu la brunante avec autant de joie anticipée.

J’ai passé la semaine en contemplation devant ce ciel infini, toujours changeant, et à observer de tout près les merveilles que nous ont laissées les glaciers en se retirant de notre coin de planète.

Ce sera tout.

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Épilogue

Dire que j’ai failli refuser d’accompagner ma chère amie Marianne et sa famille en Équateur parce que j’avais peur d’avoir trop chaud aux Galápagos!

Je craignais aussi, dois-je l’avouer, que l’Équateur me rappelle un peu trop le Pérou et la mésaventure que j’y ai vécue, qui m’a laissé un traumatisme assez durable.

Quelle erreur ç’aurait été!

Durant ces trois semaines, j’ai inlassablement joué dans les vagues du Pacifique avec une petite Layla complètement drôle et abandonnée (elle si timide et réservée d’habitude); j’ai fait du snorkel autant que j’ai pu, j’ai marché à des altitudes de 3500, voire 4000 mètres sans le moindre malaise. Mal nulle part (NULLE PART!), full énergie, joie et bonne humeur.

Or, hier, premier jour de mon retour à la maison, je me suis péniblement traînée jusqu’au supermarché, en boitant presque. Toutes les articulations dont j’avais oublié l’existence se sont brutalement rappelées à ma mémoire.

J’ai mal partout.

Je vais finir par croire que le climat du Québec ne me vaut rien et que je devrais passer mes hivers ailleurs.

Ça pourrait très bien être en Équateur, si ce c’était pas si loin. C’est un pays magnifique, riche de tout et d’abord de ses gens, pour ce que j’en ai vu: aimables, pacifiques, d’une gentillesse et d’une générosité extraordinaires.

Mais oui: pacifiques.

Ma très parisienne amie Michèle, au vu d’un article lu dans le quotidien Le Monde, me demande comment nous avons pu nous déplacer sans inquiétude malgré la violence qui semble régner là-bas.

Cette violence, bien réelle par ailleurs, ne m’a pas inquiétée une seule seconde parce que, comme le dit bien l’article cité ci-dessus, elle s’exerce surtout dans les prisons entre gangs rivaux, ou contre des politiciens en vue, et surtout sur la côte, dans les environs de Guayaquil, d’où partent les cargaisons de drogue pour les États-Unis et, éventuellement, le Canada. Je n’ai pas songé une seule seconde que j’aurais pu être victime de quoi que ce soit là-bas.

J’ai quand même remarqué que, en voiture, les gens ferment les fenêtres et verrouillent les portes quand ils circulent dans des zones plus peuplées, de peur de se faire attaquer et voler.

C’était un peu comme ça en Colombie, quand nous y sommes allés Pierre et moi, il y a plusieurs années: toutes les personnes à qui nous parlions nous mettaient en garde contre des dangers potentiels de leur propre pays, mais nous n’avons jamais senti le début du commencement d’une esquisse de menace de danger. Sauf une fois, assez terrible, et je crois voir que je n’ai jamais raconté cette histoire dans mon blogue.

Ce sera pour la prochaine fois.

D’ici là, amig@s, je vous embrasse et je me mets au lit.

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Cuicocha, Cotacachi, Quito… et la fin

Dimanche, donc, visite de la laguna de Cuicocha, un lac volcanique assez impressionnant qu’on atteint par un chemin presque confidentiel. Il y a là une jolie randonnée à faire, mais nous nous sommes contentés d’observer le paysage depuis le belvédère, et d’acheter quelques menus objets aux kiosques qui le bordent.

Je n’ai pas pu résister à un couple de poupées en costume traditionnel, non plus qu’à une paire de jolies espadrilles rouges cousues main — de vraies espadrilles en coton avec une semelle de corde, comme celles que portent les femmes ici et qu’on peut acheter en Espagne à un prix prohibitif.

Puis, visite de la petite ville de Cotacachi, adorable, bien plus plaisante et plus authentique qu’Otavalo. Hommes et femmes y portent fièrement les habits traditionnels, et c’est si beau que, pour un peu, j’en aurais pleuré.

Je suis également fascinée par l’architecture des maisons bourgeoises, directement inspirée de celle des riads qu’on voit au Maroc, et qui a voyagé jusqu’en Amérique via l’Espagne. Le fait que les Espagnols aient tenu mordicus à implanter partout ce modèle pourtant peu adapté au climat andin montre à quel point ils se croyaient chez eux.

Quito

Je confesse que j’ai eu du mal à aimer cette ville tentaculaire qui pue le gaz d’échappement et qui, mis à part le centro historico, est d’une laideur assez consternante malgré le paysage fabuleux au milieu duquel elle est nichée. Illustration saisissante des ravages de l’étalement urbain, des immeubles de béton sans âme, serrés les uns contre les autres, grimpent à l’assaut des montagnes environnantes comme une lèpre incurable. Il ne reste rien, dans ces quartiers, de la verdure qui tapisse encore les sommets de ces anciens volcans.

Il faut dire que j’étais assez malade depuis deux jours, probablement à cause d’une malheureuse cuisse de poulet mal cuite. Ça peut freiner l’enthousiasme, disons.

J’étais avec Amanda, la soeur d’Alejandro, qui connaît son Quito comme la paume de sa main et qui a eu la gentillesse de m’emmener en voiture.

Nous avons visité force églises et monastères, et, après une telle dose de Christs sanguinolents, de vierges éplorées, de pilastres rococo recouverts à la feuille d’or et de légendes de saints morts dans un tel état de grâce que leur corps échappe à la putréfaction (alors que le mien, bien vivant, semblait justement vouloir s’y abandonner), après, donc, une telle débauche de richesses et d’extravagances, j’en ai eu assez et j’ai crié grâce.

Aussi bien, il commençait à pleuvoir, comme souvent les fins d’après-midi dans la région andine.

Nous sommes donc rentrées à la maison, où Martha, avec son habituelle et inextinguible gentillesse, nous a servi à manger (riz et plantain pour moi vu mon état, ça m’a rappelé Haïti).

Maintenant, je suis vannée. Ma valise est faite, elle me promet de dépasser le poids maximum permis et je devrai donc payer un supplément. Si on me pesait avec elle, je suis certaine que ça rétablirait la moyenne, mais ce n’est pas encore dans les moeurs de Copa. J’imagine que ça viendra, tant cette compagnie lésine sur tout.

Dans le prochain billet, à la demande de mon amie Michelle, je parlerai un peu de sécurité.

D’ici là, buena noche a todos y todas!

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« Ley seca » et coupures de courant

La Ley seca, c’est une loi qui, en Équateur, interdit la vente et la consommation d’alcool 36 heures avant le jour d’un scrutin ou d’une consultation populaire. L’interdiction s’étend au jour du vote lui-même et se termine à midi le lendemain. Donc, en l’occurrence, elle dure depuis vendredi à midi et s’éteindra lundi à la même heure.

Le communiqué ci-dessus explique que la police exercera des contrôles accrus durant cette période et que toute personne qui se fait prendre à vendre, à distribuer ou à consommer de l’alcool se verra infliger une amende de 230$US, soit la moitié du salaire minimum, qui est de 460$ par mois.

Dura lex, sed lex, comme disait ce vieux Jules César (« la loi est dure, mais c’est la loi »). Ce qui est drôle, c’est que le mot sed, en espagnol, signifie « soif ».

Par ailleurs, il n’y a pas que la loi qui soit seca: les barrages hydroélectriques du pays le sont aussi. Résultat: le gouvernement a décrété des coupures de courant tournantes d’une durée qui semble fort aléatoire d’une région à l’autre.

Chez Julio et Martha, en banlieue de Quito, les feux se sont éteints à minuit le soir de notre retour des Galápagos pour se rallumer à 14h le lendemain.

Hier, nous sommes arrivés à 18h à notre auberge d’Otavalo, qui était privée de courant depuis 16h. L’électricité n’est revenue qu’à 9h ce matin, et on doit la perdre de nouveau ce soir à 21h*.

Comment voulez-vous fonctionner, comme aubergiste ou restaurateur?

Heureusement, il pleut comme vache qui pisse dans plusieurs régions de la Sierra, ce qui devrait rétablir un peu la situation (ou pas).

Otavalo

J’attendais beaucoup de notre visite dans cette ville autrefois petite, à quelque trois heures de route de Quito, dans une région majoritairement habitée par des Indígenas et des volcans endormis.

Il y a là un marché d’artisanat dont on dit le plus grand bien dans tous les guides.

Je voulais acheter un tissage, une écharpe, voire un poncho, en laine ou en alpaga.

Hélas, trois fois hélas, tous ou presque vendent la même camelote en acrylique probablement faite en Chine ou, au mieux, dans des ateliers de misère quelque part dans la Sierra, et plusieurs prétendent que c’est de l’alpaga. Il faut s’y connaître pour déceler la supercherie, évidemment, et je suppose que nombreux sont les Gringos qui se font avoir.

Je n’ai donc pas trouvé ce que je cherchais, mais j’ai quand même eu le plaisir de placoter un peu avec un artisan du nom de Santiago, une vraie belle âme, à qui je n’ai pu qu’acheter l’un des très jolis bijoux qu’il fabrique lui-même. Je regrette vraiment de ne pas avoir pris sa photo pour me souvenir de sa bonne et belle tête.

Quels que soient leurs arguments de vente, en tout cas, les gens ici sont toujours d’une gentillesse et d’une douceur infinies. Ça m’impressionne toujours.

Et puis ne me lasse pas d’observer la mise des femmes, leurs blouses brodées, leurs longues jupes de laine sombre, leurs ceintures tissées, leurs colliers multiples, leurs sourires souvent émaillés d’or.

Peguche

Nous sommes ensuite allés voir la chute de Peguche, à quelques minutes d’Otavalo. L’orage grondait dans un ciel presque violet au-dessus des montagnes, ça sentait l’eucalyptus et la chlorophylle, j’ai embrassé un arbre immense et nous sommes rentrés cahin-caha, secs comme la loi: l’orage a passé au loin.

Demain, visite de la laguna de Cuicocha, à une petite demi-heure d’Otavalo. On nous annonce le déluge, mais les prévisions météo, ici, tiennent rarement la route. Ce sont les montagnes qui décident!

* Il est 21h30 au moment où je publie ce billet, et l’électricité tient bon. Pourvu que ça dure jusqu’après le déjeuner…

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Plage, tortues géantes et encore les otaries

Aujourd’hui, dernier jour aux Galápagos (ce sera déjà hier pour bon nombre d’entre vous qui me lisez, puisqu’il est 21h ici, donc 23h au Québec et 5h du matin en France).

Bref, nous sommes arrivés lundi à l’île de San Cristóbal. Fredy, le chauffeur de taxi qui nous a emmenés à notre hôtel, s’est révélé un guide fantastique. Il connaît son île comme personne et il est intarissable à ce sujet. C’est comme ça que nous avons recouru à ses services aujourd’hui pour nous conduire à la superbe plage de Puerto Chino, avec arrêt à un (autre) centre d’élevage de tortues.

Mais ce centre-là nous a paru le plus intéressant des trois que nous avons vus, sans doute parce que ces bonnes vieilles bêtes y vivent en semi-liberté, dans un milieu plus « naturel » que dans les centres de Santa Cruz et d’Isabela.

Je crois d’ailleurs que l’île de San Cristóbal est ma préférée parmi les trois où nous avons posé le pied (je n’ose pas affirmer que nous les avons visitées, nous n’en avons vu qu’une infime partie).

Il faut dire que sa « capitale » (en fait la seule ville de l’île), Puerto Baquerizo Moreno (3500 habitants), est aussi le chef-lieu de la province des Galápagos. Elle a donc bénéficié d’importants investissements. On y trouve notamment un centre d’interprétation fort bien fait sur l’histoire de l’archipel, ses particularités et les efforts de conservation qu’on y déploie.

On dirait par ailleurs que le tourisme est moins envahissant ici qu’à Santa Cruz, mais ce n’est probablement qu’une question de temps.

Quant à la plage de Puerto Chino, sur la côte est de l’île, je ne saurais vous en dire assez de bien.

Vagues immenses, eau turquoise, sable blanc et fin comme farine, pierres noires tout autour…

* * *

Pour notre dernier souper aux Galápagos, nous avons dépensé en fous dans un resto branché: sushis et bol poké, fishburger pour les petites, bouteille de vin à 40$US (la moins chère), rien d’écuatorien là-dedans. Ça nous a changés des menus qu’on trouve partout à 6$US pour une soupe, un plat de viande ou de poisson inévitablement accompagné de riz et de patacones (des tranches de plantain frites), une micro-salade et un jus de fruit frais.

Nous avons encore ce soir passé un temps indéterminé à observer les comportements des otaries qui habitent sur la plage principale, en plein « centre-ville ».

Je dois dire que ces bêtes sont infiniment plus sympathiques et rigolotes quand on les voit seules dans l’eau qu’en groupe sur terre.

Sur terre, ça aboie, ça grogne, ça tousse comme de vieux fumeurs, ça éternue, ça pète, ça geint et ça bêle; les petits passent un temps infini à chercher leur mère, essaient d’en téter une au hasard et, quand ce n’est pas la bonne, celle-ci le chasse impitoyablement en grondant, toutes dents dehors. On ne voit par contre jamais une mère à la recherche de son petit.

VOYONS?!

Il paraît que la mère allaite le petit pendant 11, 12 mois, et que ce n’est qu’alors que ce dernier va apprendre à nager.

Durant tout ce temps, la mère peut partir de 12 à 72 heures à la recherche de nourriture, et le bébé reste là, sur la plage, à l’attendre.

En tout cas.

On part demain pour Quito, adiós Galápagos.

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Nouveaux amis

Nous sommes arrivés à San Cristóbal aujourd’hui après deux heures de bateau depuis l’île de Santa Crúz. Ce matin, les autres sont allés à la plage de Tortuga Bay, mais j’ai eu la flemme de marcher jusque là-bas. Alors je suis retournée à la petite plage où j’étais allée hier. Voici les nouveaux amis que je m’y suis faits.

Un crabe qui joue à cache-cache
Bien camouflé (ou presque)
Les deux ensemble
Colonie d’otaries à l’île San Cristóbal
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À Santa Crúz

Nous avons pris le bateau hier à 15h, dans une cohue assez folle. Je n’ose pas imaginer ce que ça peut être en haute saison.

Je l’ai dit dans mon billet précédent, je le répète: le pire ennemi des Galápagos est l’homme.

Mais j’ai eu aujourd’hui une conversation assez intéressante avec un quidam rencontré sur une petite plage où je m’étais arrêtée après ma visite de la Station Charles Darwin.

Le gars, qui est un authentique hippie équatorien, me disait que oui, bien sûr, les humains ont apporté aux Galápagos des fourmis, des chèvres, des rats, des ci et des ça, mais est-ce que les humains ne font pas partie de l’évolution des espèces?

Là, me dit-il, on est en train d’essayer de réparer ce que l’arrivée des humains a causé comme dommages. Idéalement, on devrait bannir les humains de l’archipel. Mais en même temps, on les emmène par milliers pour venir voir ce qui est en train de mourir à cause de leur propre présence.

On a parlé comme ça lui et moi pendant une bonne heure.

Et puis quand mon maillot (que j’avais apporté au cazoù) a été sec, j’ai remis ma p’tite robe et mon chapeau, je lui ai dit adios et je suis rentrée bien tranquillement, à pied, dans cette chaleur de four à pain que je croyais ne plus jamais pouvoir supporter.

Dire que j’ai failli refuser de venir ici parce que j’avais peur de souffrir de la chaleur!

* * *

On a soupé hier dans un resto dégueulasse. Marianne et Layla ont été malades toute la journée.

On espère que tout le monde ira mieux demain.

Moi, j’ai rien.

Juste de la joie dans mon coeur.