Ici, on leur donne un numéro. C’est donc avec le Frente Frío nº 41 que se clôt le chapitre de mes «aventures» yucatèques (on a déjà vu plus intrépide, hahaha!). Certains médias ont prédit une catastrophe – des vagues de trois mètres, des vents à arracher les têtes, des pluies torrentielles… Évidemment, rien de tout cela ne s’est produit, du moins de ce côté-ci. Certes, le temps est gris et frais, il a plu, mais rien d’apocalyptique. C’est probablement pire dans l’État voisin, le Quintana Roo, où se trouvent Playa del Carmen, Cancún, etc. Toutes les plaies semblent pires dans cette région: sargasses, touristes, fronts froids…
En tout cas, ce ciel métallique et bas s’accorde à merveille avec la gueule de bois que se paie Celestún aujourd’hui.
En effet, c’était férié hier lundi en l’honneur de l’anniversaire de naissance de Benito Juárez. La plage a été prise d’assaut par des centaines (des milliers?) de personnes venues profiter de ce congé. Des familles entières, des couples, des groupes d’amis, avec des bouteilles de deux litres de Coca-Cola sur les tables, des caisses de cerveza (tant que tu commandes quelque chose au resto où tu t’assois, tu peux apporter une glacière pleine de boisson, on s’en fout). La bière sortait aussi à pleines portes du dépanneur du coin, le vent emportait les gobelets de plastique et les emballages de chips sans que personne ne semble s’en soucier, le diable était aux vaches.
Ajoutez à cela le carnaval de samedi, qui attire du monde de tous les villages alentour pour le week-end, la table était mise. Maintenant qu’elle est desservie, des déchets traînent un peu partout sur la plage désertée (ça me rend malade), les restos sont tous fermés, les chiens errants errent plus que jamais… Il est temps que je parte.
* * *
J’ai préparé mon bagage en écoutant des chansons de Vicente Fernández, grande vedette de la chanson mexicaine. Ça me fait inévitablement sourire.
Duke, ce grand dadais de doberman, semble avoir deviné que je m’en vais demain. De temps en temps, il vient inspecter l’avancement du travail et me donner un petit coup de son grand museau, comme pour me dire: « Allez, reste donc encore un peu!»

Je voudrais bien, mon vieux, mais non: je suis toastée comme une toast Melba. Ça va faire, le soleil. Et puis j’ai quand même hâte de manger une bonne baguette croustillante bien beurrée, avec de la confiture et un vrai café au lait.
Parlant de nourriture, Jaqui nous a servi aujourd’hui, pour l’almuerzo, un plat de puerco con frijoles (porc et haricots noirs) que je suis encore en train de digérer (à 20h30). Nous étions quatre: Jaqui, Margarita et son amie dont j’oublie malheureusement le nom (les deux femmes de ménage) et moi.

Après le repas, Maggie s’est jointe à nous et a sorti sa bouteille de mezcal, dont il restait bien la moitié, et a servi tout le monde (sauf moi, j’ai refusé poliment, vous crèriez pas ça, je suis devenue une sainte).

Pendant qu’elles picolaient (elles ont bel et bien vidé la bouteille), je suis allée faire une dernière petite marche dans les rues pour enrichir ma collection de façades et d’images pieuses.



Comme ce billet s’étire exagérément, je vous conterai demain ma visite aux salines de Celestún, ça me fera de quoi passer le temps en attendant mon vol.



















































































