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Dans la mangrove

Ce matin, lever à 5h pour faire un tour dans la réserve de la biosphère de Celestún, célèbre notamment pour sa colonie de flamants roses.

On m’avait proposé kayak ou canoë, j’ai choisi canoë parce que je suis meilleure pour avironner que pour pagayer.

Il se trouve que les canoës sont en vérité ce qu’on appelle chez nous des chaloupes, et qu’il n’était pas question que j’avironne: mon guide, Ángel, manoeuvrait cette lourde embarcation debout à l’arrière à l’aide d’une perche alors que, telle une Meryl Streep déguisée en exploratrice dans Out of Africa, j’ai dû me contenter de m’asseoir en avant avec mes jumelles et mon émerveillement*.

Eussé-je su que j’eusse choisi le kayak, mais peut-être pas non plus parce que ça me fait trop mal au dos.

En tout cas. Suis-je en train de me plaindre? Pantoute.

On a donc quitté le quai alors qu’il faisait encore nuit, dans le silence et la magie, pour nous faufiler dans ces canaux pleins de mystères. Mon guide, patient comme l’ange dont il porte si bien nom et doté d’un oeil de lynx, m’a fait voir des oiseaux dissimulés dans les branches, une maman crocodile que je n’aurais jamais pu distinguer (c’est pourquoi il n’y a que le papa sur la photo), même une petite raie manta camouflée dans 10 cm d’eau, et il a répondu à toutes mes questions, et j’avoue que je n’en suis pas encore tout à fait revenue.

Évidemment, l’apothéose, c’est la vision des flamants roses (apothérose?), qui en cette saison n’étaient pas si nombreux (il paraît qu’ils se rassemblent ici par milliers), mais j’en ai tout de même eu plein les yeux.

Cette mangrove est en soi un véritable miracle parce que, il y a 10 ans à peine, presque rien n’en subsistait. Elle a été recréée à force de travail et de conviction par des passionnés. Comme quoi l’humain est capable du meilleur comme du pire.

Parlant du pire, je passe sur la plage plus de temps à ramasser des déchets de plastique qu’à cueillir des coquillages, et ça me brise le coeur. Mon amie Michelle me dit que c’est peine perdue, et je sais qu’elle a raison, mais c’est plus fort que moi: vais-je laisser ce gobelet de plastique s’envoler vers la mer quand je n’ai qu’à me pencher pour le ramasser? Ce noeud de fil à pêche? Cette corde de nylon?

Il y a encore beaucoup de travail d’éducation à faire ici, mes amis. Hier dimanche, seul jour de congé pour la plupart des travailleurs et travailleuses, de nombreuses familles étaient réunies dans les petits bouibouis de plage. Vous dire dans quel état celle qui festoyait à côté de nous a laissé les lieux… Ça ne m’entre pas dans la tête.

Enfin.

Comme je me suis levée aux aurores ce matin, estoy agotada y voy a accostarme. Je vous salue sur ces images du coucher de soleil de ce soir.

*Pour cette excursion, j’ai recouru aux services des Guardianes de las manglares Dzinitùn, une coopérative d’une trentaine de membres qui se dévouent pour la protection de ce milieu. Je ne saurais trop les recommander.

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