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« Ley seca » et coupures de courant

La Ley seca, c’est une loi qui, en Équateur, interdit la vente et la consommation d’alcool 36 heures avant le jour d’un scrutin ou d’une consultation populaire. L’interdiction s’étend au jour du vote lui-même et se termine à midi le lendemain. Donc, en l’occurrence, elle dure depuis vendredi à midi et s’éteindra lundi à la même heure.

Le communiqué ci-dessus explique que la police exercera des contrôles accrus durant cette période et que toute personne qui se fait prendre à vendre, à distribuer ou à consommer de l’alcool se verra infliger une amende de 230$US, soit la moitié du salaire minimum, qui est de 460$ par mois.

Dura lex, sed lex, comme disait ce vieux Jules César (« la loi est dure, mais c’est la loi »). Ce qui est drôle, c’est que le mot sed, en espagnol, signifie « soif ».

Par ailleurs, il n’y a pas que la loi qui soit seca: les barrages hydroélectriques du pays le sont aussi. Résultat: le gouvernement a décrété des coupures de courant tournantes d’une durée qui semble fort aléatoire d’une région à l’autre.

Chez Julio et Martha, en banlieue de Quito, les feux se sont éteints à minuit le soir de notre retour des Galápagos pour se rallumer à 14h le lendemain.

Hier, nous sommes arrivés à 18h à notre auberge d’Otavalo, qui était privée de courant depuis 16h. L’électricité n’est revenue qu’à 9h ce matin, et on doit la perdre de nouveau ce soir à 21h*.

Comment voulez-vous fonctionner, comme aubergiste ou restaurateur?

Heureusement, il pleut comme vache qui pisse dans plusieurs régions de la Sierra, ce qui devrait rétablir un peu la situation (ou pas).

Otavalo

J’attendais beaucoup de notre visite dans cette ville autrefois petite, à quelque trois heures de route de Quito, dans une région majoritairement habitée par des Indígenas et des volcans endormis.

Il y a là un marché d’artisanat dont on dit le plus grand bien dans tous les guides.

Je voulais acheter un tissage, une écharpe, voire un poncho, en laine ou en alpaga.

Hélas, trois fois hélas, tous ou presque vendent la même camelote en acrylique probablement faite en Chine ou, au mieux, dans des ateliers de misère quelque part dans la Sierra, et plusieurs prétendent que c’est de l’alpaga. Il faut s’y connaître pour déceler la supercherie, évidemment, et je suppose que nombreux sont les Gringos qui se font avoir.

Je n’ai donc pas trouvé ce que je cherchais, mais j’ai quand même eu le plaisir de placoter un peu avec un artisan du nom de Santiago, une vraie belle âme, à qui je n’ai pu qu’acheter l’un des très jolis bijoux qu’il fabrique lui-même. Je regrette vraiment de ne pas avoir pris sa photo pour me souvenir de sa bonne et belle tête.

Quels que soient leurs arguments de vente, en tout cas, les gens ici sont toujours d’une gentillesse et d’une douceur infinies. Ça m’impressionne toujours.

Et puis ne me lasse pas d’observer la mise des femmes, leurs blouses brodées, leurs longues jupes de laine sombre, leurs ceintures tissées, leurs colliers multiples, leurs sourires souvent émaillés d’or.

Peguche

Nous sommes ensuite allés voir la chute de Peguche, à quelques minutes d’Otavalo. L’orage grondait dans un ciel presque violet au-dessus des montagnes, ça sentait l’eucalyptus et la chlorophylle, j’ai embrassé un arbre immense et nous sommes rentrés cahin-caha, secs comme la loi: l’orage a passé au loin.

Demain, visite de la laguna de Cuicocha, à une petite demi-heure d’Otavalo. On nous annonce le déluge, mais les prévisions météo, ici, tiennent rarement la route. Ce sont les montagnes qui décident!

* Il est 21h30 au moment où je publie ce billet, et l’électricité tient bon. Pourvu que ça dure jusqu’après le déjeuner…