À table!

Ce midi, dîner (ou déjeuner? ah, chuis toute mêlée!) à L’Amphitryon, un peu en dehors de Toulouse. Rien que pour vous dire, ce soir, je n’ai pas soupé (ou dîné, comme vous voudrez). Amuse-doigts (sic), mise en bouche, entrée no 1, entrée no 2, plat, dessert, café, mignardises, avec l’accord mets-vins, j’ai cru mourir (de plaisir!).
Avec ça que j’ai vécu ma première vraie expérience de cuisine moléculaire, ce que je résumerais en gros par: l’art de déstabiliser le client en lui servant des trucs qui n’ont pas l’air de ce qu’ils sont. Ou qui ne sont pas ce qu’ils ont l’air d’être.
Tout cela et bel et bon, vraiment, mais vous savez quoi? Rien ne vaut les vraies affaires au vrais jus. L’escalope de foie gras sur tomates éclatées et le pigeonneau rôti et fumé avec son jus, sur la purée et le carpaccio de chou-fleur (ô, la bonne idée!!!), je vais vous dire, m’ont mis les larmes aux yeux (vraiment), bien plus que les langoustines en pannequets de nouilles udon ou ce biscuit qui semblait de chocolat fourré fraise, mais qui était en fait d’olives noires fourré de sorbet de tomate.

Mais euh, dans tous les cas, on est dans des sommets jamais atteints, n’est-ce pas?

Et je ne vous parle pas des amuse-doigts, de petites choses aussi insolites que délectables, parce que je ne veux quand même pas tout vous dire, il me reste un article à écrire, eh, ho.

Après, promenade dans les vieilles rues de Toulouse, qui n’est rose, m’a-t-on dit, que depuis que ses habitants ont cessé de crépir de blanc les murs de brique (ils trouvaient que ça faisait pauvre au regard de la pierre). De fait, dans certains quartiers moins touristiques, on voit encore des vestiges de crépi sur les murs. Ce n’est pas moins joli, c’est seulement différent.

Il a fait aujourd’hui un temps de fin du monde, avec un vent à m’arracher mes lunettes. On l’appelle le vent d’autan, du provençal altanus (vent de la haute mer). Je l’aurais appelé mistral ou tramontane, mais il semble qu’il y ait ici autant de noms pour le vent que les Inuits en ont pour la neige.

Enfin, j’ai atterri dans un bar à vins, chez le Père Louis, un minuscule estaminet établi en 1889 et qui n’a assurément pas changé depuis, où il n’y a que cinq tabourets (ne me demandez pas pourquoi; on pourrait en mettre au moins 15). Patrick, le patron, va du bar (où il boit café sur café) à la cuisine (où il prépare des assiettes de confit d’oie et de jambon cru); Hélène, sa complice, sert le vin ou le quinquina maison (vin apéritif fait d’une écorce amère aux propriétés toniques et fébrifuges fournie par diverses espèces d’arbustes du genre cinchona – merci Petit Robert) dans des coupes grandes comme des dés à coudre, remplies à ras bord. J’ai dit en rigolant que c’est pour que, si le client en renverse en portant le verre à sa bouche, il comprenne qu’il a assez bu. Le patron m’a dit: «Non, c’est qu’il faut hurluper.» Hurluper, c’est boire à même le verre, comme la vache à l’abreuvoir.
Décidément, j’aurai pris de bonnes manières.

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4 réflexions sur “À table!

  1. BonjourJe vis à Montreal depuis 3 ans mais je suis native de Toulouse ( place du capitole) ….j'adore tes commentaires si drôles et si justes sur notre ville rose…. un peu de nostalgie.

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