PUVIRNITUQ — Hier, quand nous avons débarqué à l’aéroport, la mère de Charlie nous attendait avec impatience. Elle a embrassé le petit à le dévorer (les Inuit embrassent leurs enfants à pleine bouche, c’est très particulier), s’est exclamée de le voir si beau et si grand déjà, l’a emmené par la main pour le montrer à la ronde (l’aéroport est un lieu de rencontres dans ce village où tout le monde se connaît et où il ne se passe pas grand-chose).
Elle sentait bien un peu l’alcool, mais bon, sa joie faisait tellement plaisir à voir, on ne doutait pas qu’elle serait au rendez-vous fixé ce matin à 9h, qu’elle attendait depuis si longtemps.
La travailleuse sociale est donc venue chercher Charlie à l’heure dite, puis elle est passée prendre la maman pour les emmener tous les deux à la maison des familles, où ils devaient rester quelques heures ensemble.
Mais la maman n’était pas là.
La TS a expliqué au petit que sa mère dormait encore et qu’il la verrait plus tard en après-midi — elle espérait la trouver entre-temps. Sinon, une visite était aussi prévue avec le papa. Mais celui-ci a été aussi introuvable que la mère.
Autant dire que nous sommes venus ici pour rien, parce qu’il semble bien que la mère, submergée par des émotions qu’elle ne peut pas gérer, soit partie sur une « dérape », comme on dit.
À moins qu’elle se reprenne demain…
Chants de gorge
Sur une note plus gaie, hier soir, il y avait une petite fête dans la salle à manger de l’hôtel (plus proche d’une auberge de jeunesse que d’un hôtel, en fait).
Nous l’ignorions, mais il y avait là l’une des chanteuses de gorge les plus renommées du Nunavik. C’était splendide.
Ce n’est que vers la fin que j’ai osé demander si je pouvais filmer un peu (j’aurais donc dû le faire avant!).