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Nouveaux amis

Nous sommes arrivés à San Cristóbal aujourd’hui après deux heures de bateau depuis l’île de Santa Crúz. Ce matin, les autres sont allés à la plage de Tortuga Bay, mais j’ai eu la flemme de marcher jusque là-bas. Alors je suis retournée à la petite plage où j’étais allée hier. Voici les nouveaux amis que je m’y suis faits.

Un crabe qui joue à cache-cache
Bien camouflé (ou presque)
Les deux ensemble
Colonie d’otaries à l’île San Cristóbal
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À Santa Crúz

Nous avons pris le bateau hier à 15h, dans une cohue assez folle. Je n’ose pas imaginer ce que ça peut être en haute saison.

Je l’ai dit dans mon billet précédent, je le répète: le pire ennemi des Galápagos est l’homme.

Mais j’ai eu aujourd’hui une conversation assez intéressante avec un quidam rencontré sur une petite plage où je m’étais arrêtée après ma visite de la Station Charles Darwin.

Le gars, qui est un authentique hippie équatorien, me disait que oui, bien sûr, les humains ont apporté aux Galápagos des fourmis, des chèvres, des rats, des ci et des ça, mais est-ce que les humains ne font pas partie de l’évolution des espèces?

Là, me dit-il, on est en train d’essayer de réparer ce que l’arrivée des humains a causé comme dommages. Idéalement, on devrait bannir les humains de l’archipel. Mais en même temps, on les emmène par milliers pour venir voir ce qui est en train de mourir à cause de leur propre présence.

On a parlé comme ça lui et moi pendant une bonne heure.

Et puis quand mon maillot (que j’avais apporté au cazoù) a été sec, j’ai remis ma p’tite robe et mon chapeau, je lui ai dit adios et je suis rentrée bien tranquillement, à pied, dans cette chaleur de four à pain que je croyais ne plus jamais pouvoir supporter.

Dire que j’ai failli refuser de venir ici parce que j’avais peur de souffrir de la chaleur!

* * *

On a soupé hier dans un resto dégueulasse. Marianne et Layla ont été malades toute la journée.

On espère que tout le monde ira mieux demain.

Moi, j’ai rien.

Juste de la joie dans mon coeur.

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Adios Isabela

On quitte l’île d’Isabela demain, direction Santa Cruz, l’île où tout le monde atterrit, la plus peuplée, celle où on ne fait que passer. Nous ferons de même, puisque nous n’y séjournerons que deux nuits.

Mon Lonely Planet me dit qu’on a tort, et je veux bien le croire, sauf qu’on ne peut pas tout faire en 10 jours.

Après Santa Cruz, nous irons donc passer trois ou quatre jours dans l’île de San Cristóbal, d’où nous reprendrons l’avion pour Quito.

Isabela nous a comblés. Cherchez un endroit au monde où, au cours d’une simple baignade, vous pouvez vous retrouver soudain entouré d’une trentaine de manchots qui ont décidé que c’était l’heure du dîner, et qui vous frôlent et vous passent parfois même entre les jambes dans leur course aux petits poissons, tandis que les pélicans font des piqués du haut des airs.

Ce matin, j’ai été rattrapée dans mon innocente excursion en tuba par une tortue marine, qui m’a doublée sur ma droite de si près que j’aurais pu la prendre par le cou pour lui faire un bisou (mais j’ai pas osé).

Une otarie est aussi venue faire sa fraîche tout près de moi. « Regarde comme je suis habile et toi pataude, hein? Tu viendras encore te moquer de moi et de ma façon de me déplacer sur terre? »

Et elle se tourne et se retourne, me montre son joli ventre, fait la torpille et revient au bout d’une élégante ellipse me narguer encore avec ses moustaches de vieux monsieur.

Dans ces formations volcaniques labyrinthiques, j’ai pu observer une dizaine de requins qui faisaient la sieste sous une anfractuosité de pierre de lave, et trois malheureux hippocampes accrochés à une racine de mangrove — je dis malheureux parce qu’ils ne sont qu’eux trois et que tous les guides savent où ils se trouvent. Pas moyen d’avoir la paix.

Car en effet — et qui s’en étonnera? —, le pire ennemi des îles Galápagos et des espèces qui y (sur)vivent, comme d’habitude, c’est l’homme. On déploie maintenant des efforts inouïs pour rétablir les populations de tortues terrestres, qui sont menacées par les chiens, les chèvres, les ânes, les rats et les fourmis, toutes des bestioles qui ont été amenées dans l’île par le pire prédateur que la Terre ait connu.

Ça donne à réfléchir.

D’aucuns pourront dire que le tourisme contribue à ce fiasco en persistant à prendre l’avion alors que tout nous hurle qu’il faudrait cesser. C’est vrai. Je plaide coupable, votre honneur.

Mais il y a des facteurs atténuants. Je voyage modestement, je dépense mon argent dans des commerces locaux qui en ont bien besoin au lieu d’hôtels et de croisières de luxe…

Jugez-moi si vous voulez.

* * *

Maintenant, quelques infos pratiques au sujet des îles (ou en tout cas d’Isabela):

— Tout coûte beaucoup plus cher que sur le continent, pour la raison bien simple que tout doit arriver ici par avion ou par bateau.

— Pratiquement aucun commerce — ni agence de tourisme, ni hôtel, ni resto, ni épicerie, ni même les agences gouvernementales qui perçoivent les taxes portuaires ou de séjour— n’accepte les cartes de crédit, et le seul guichet automatique de Puerto Villamil ne permet que des retraits de 200$ à la fois, tout en facturant au passage des frais de 4,60$US. Apportez du cash!

— Les tarifs des taxis, du moins pour les courtes distances, sont souvent calculés par personne (bizarre, mais c’est comme ça). Une course jusqu’au centre de conservation de tortues géantes (2km, ou 5 minutes) nous a coûté 5$ alors qu’un chauffeur nous en a demandé autant pour nous emmener du port à notre hôtel (1km) et qu’Alejandro a payé 1$ pour la même course. Demandez le tarif avant d’embarquer, comme ça, vous saurez à quoi vous en tenir.

— Oui, on prend des taxis pour faire 1 ou 2 km, parce qu’il fait terriblement chaud et que le soleil tape d’une manière inimaginable. J’ai lu quelque part que l’indice UV ici peut atteindre 12. Apportez des vêtements longs — aucune crème solaire ne peut vous protéger adéquatement contre ça — ou oubliez toute activité extérieure le moindrement exigeante entre 10h et 15h, ou les deux.

— Essayez le pain aux bananes de la pâtisserie-boulangerie Espiga Dorada, c’est une tuerie.

— Il y a un petit marché public dans le centre, mais arrivez de bonne heure si vous voulez des fruits frais. Les hôtels et les restos raflent tout aux aurores. Sinon, vous trouverez aisément des bananes et des papayes un peu partout.

— La consigne sur les bouteilles de bière est de 1$. Gardez votre coupon-caisse pour rapporter les vides et récupérer vos sous. Mine de rien, à 5$ la grande Pilsener, ça monte vite (elle coûte 1,50$US à Quito!).

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Iguanes, manchots et otaries

Mes amis, je ne sais pas comment je vais faire pour passer 10 jours ici.

J’ai un coup de soleil sur les mains. Sur les mains, voyons! Quelle traîtrise! Cinq minutes au soleil sans protection, te voilà cuit comme un poulet à la broche.

Pas moyen de marcher sans buter sur un iguane. Les otaries squattent les plages et les bancs, les manchots et les pélicans nous tournent autour quand on veut juste se baigner tranquillement…

Comment voulez-vous qu’on se repose?

J’ai même vu une tortue marine, à quelques mètres de moi, sortir sa vieille tête préhistorique hors de l’eau comme pour se repérer avant de continuer sa route.

Mais bon, il y a des consolations: j’ai nagé avec la petite Emilia, qui se lâchait, paraît-il, pour la première fois sans qu’on la tienne, et surtout sans sa maman. Il s’agit d’un véritable exploit! Et puis j’ai longuement joué dans les vagues avec l’infatigable Layla. Nous avons désormais une nomenclature exclusive pour désigner les vagues — les « oles », de l’espagnol ola. Il y a les oles folles et les oles molles. Une douce ole devient une boussole, et si une olette nous frôle, elle devient omelette.

Grosse journée.

Dire que ça recommence demain…

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Vers les Galápagos

Pour se rendre aux Galápagos, il faut vraiment vouloir. C’est un voyage que je n’aurais jamais fait seule.

Nous étions debout à six heures ce matin. Il le fallait pour attraper notre avion.

Martha nous avait préparé du café, des huevos revueltos, de l’ananas, du jus de goyave, des collations. Cette femme n’arrête jamais.

Puis on a sauté dans le taxi pour se rendre à l’aéroport. Il y avait du trafic, on était un peu justes. Arrivés là, paf! Contrôle policier. On vise les taxis « illégaux ». Ça tombe mal: nous sommes dedans. Les policiers flairent le topo, scrutent les documents, questionnent le chauffeur, toisent les passagères, se parlent entre eux, redemandent les documents. Ils ne lâcheront pas le morceau.

Les minutes passent, on commence à avoir chaud. L’avion ne nous attendra pas. Alejandro et notre chauffeur sortent parlementer avec les policiers. Dix minutes et un pot-de-vin de 20$ plus tard, on repart enfin (personne n’est étonné).

À l’aérogare, on court un peu: il faut acheter les permis de séjour, déposer les bagages… Ouf! L’avion est retardé. On attend même un peu. Puis:

Navette jusqu’à l’avion.

Vol d’une heure et demie jusqu’à l’île de Baltra.

Bus jusqu’au quai du traversier de Baltra (20 minutes? Je ne sais plus).

Bateau entre l’île de Baltra et celle de Santa-Cruz (5, 10 minutes?).

Taxi du quai de Santa-Cruz jusqu’à Puerto Ayora (une demi-heure).

Bateau de Puerto Ayora jusqu’à Puerto Villamil, la ville principale de l’île Isabela (deux heures dans un rafiot de second ordre).

Taxi du port jusqu’à notre hôtel (deux minutes).

Ça nous fait pratiquement 12 heures de transbahutage. Les petites ont été admirables. Je suis fourbue.

Marianne a tout organisé, elle sait où on s’en va, à quelle heure et comment. Elle gère les filles, allaite la plus petite, console la grande, joue avec les deux, je ne sais pas comment elle fait.

Il est 22h, heure des Galápagos. Votre humble n’en peut plus et ordonne l’extinction des feux.

On parlera des iguanes demain.

Sur le trottoir qui mène du quai à la terre ferme: « Attention à l’iguane, Layla, tu vas marcher dessus! » (Ça a vraiment été dit.)