Bons baisers de Bangkok

Sawasdee ka! (prononcez: «sawasdee kaaaaaè»)
Ouf! La clim du café internet (où l’on ne sert aucun café) est bienvenue en cette journée digne des plus chaudes de Montréal.
Nous nous sommes posés dans ce petit local après une journée complètement ahurissante dans le quartier chinois, probablement la partie la plus démente de Bangkok. Dans des  ruelles si étroites qu’aucune voiture ne peut y circuler (ce qui ne les empêche pas de s’y engager), des échoppes débordent sur les trottoirs et jusque sur la chaussée. 
Il y a des épices à rendre fou (poivres de toutes sortes, cannelle, anis étoilé, nommez-les), des arachides par poches entières, des noix de cajou et un nombre incalculable de choses non identifiables, des vendeurs de trucs et de machins, des bouibouis qui offrent du poulet, des saucisses ou des bananes grillées, des beignets de ceci et de cela, des soupes d’on ne sait quoi… Tout cela sent délicieusement bon. 
D’ailleurs, depuis que nous sommes ici, je suis constamment obsédée par la nourriture. Enfin, on sort de là un peu sonné et content de retrouver le calme tout relatif des rues environnantes. Partout les tuk-tuks zigzaguent entre les passants et les voitures (qui roulent à gauche, attention quand on traverse!). Quant aux feux, ils ne servent qu’à rassurer les touristes, je pense. Bien en vain, d’ailleurs, puisqu’on a jugé bon, de place en place, de les doubler d’agents siffleurs dont personne ne semble faire de cas.

Recette de pigeon
Aujourd’hui, nous avons aussi connu notre première expérience avec un rabatteur qui avait l’air de vouloir devenir notre ami — mais c’était pour mieux nous manger, mes enfants. La recette : proposez à votre pigeon une visite de quelques attractions choisies moyennant un prix dérisoire. Endormez-le en lui montrant deux ou trois sites d’intérêt. Faites mijoter doucement, puis saisissez-le à feu vif en le jetant chez un tailleur qui lui offrira des costards de cachemire a des prix défiant toute concurrence (note: c’est du vrai et du bon, quand même, et pas cher, mais que voulez-vous que mon amoureux fasse avec un costard de cachemire, fût-il à 300$?). 
Revenons à votre pigeon: il n’achète pas, pas grave : noyez-le dans la sauce en lui expliquant que vous recevez un coupon d’essence pour chaque client que vous amenez au
tailleur, buy, no buy. Comme vous l’avez tout de même patiemment attendu pendant qu’il faisait le zouave à enlever ses chaussures pour aller photographier quelques dévots devant le bouddha, le pigeon ne pourra pas vous refuser 10 minutes de son temps.

Bref, ça peut durer comme ça la journée entière, mais, en l’occurrence, les pigeons que nous étions se sont tannés avant et ont demandé à être conduits dare dare dans le quartier chinois. C’est là que le boudin a remplacé le bouddha, mais nous avons quand même pu apprécier ce dernier, ou du moins sa représentation debout, une incroyable et immense statue dorée qu’on était en train de parer pour la fête de la pleine lune (ce soir). 

Nous avons aussi vu le bouddha chanceux, dans un temple splendide (ils le sont tous), où nous avons rencontré un dentiste qui nous a parlé de la vie-l’amour-la mort avec une gentillesse toute thaïlandaise.

Les gens ici travaillent constamment. On sent que le moindre baht est durement gagné. Mais parce que la valeur de la monnaie est dérisoire, on (le touriste) se prend parfois à négocier âprement pour une trentaine de bahts, soit environ 1$. Quand on y pense, on se sent vraiment idiot! Mais jamais les Thaïlandais ne montrent d’hostilité ou d’impatience. De toute façon, si vous leur tapez sur les rognons, ils sont bien trop polis pour vous le faire sentir. Au pire, ils vous ignoreront. La fameuse impassibilité asiatique n’est pas un mythe !

Nous passerons donc encore deux jours ici (demain, visite du palais royal et du temple adjacent, petite bière au bord du Chao Phraya, massage de pieds – on a essayé ça hier, c’est divin après une journée de marche – et souper, entre autres punitions). Nous pensons monter lundi vers le Nord par le train. Un peu d’air pur nous fera le plus grand bien et, franchement, quand je vois tous ces farangs (ça veut dire « étranger ») revenir de Phuket grillés comme des toasts Melba, je n’ai pas trop envie d’aller les rejoindre.

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