Sukkothai et Chiang Mai

Après six heures de bus climatisé à fond (j’ai cru un instant que nous nous étions trompés et que nous étions montés dans un fourgon réfrigéré, mais la vue des autres passagers m’a rassurée), nous voici à Chiang Mai (ses temples, ses ruines, ses scooters). C’est à la limite du Triangle d’or, ainsi nommé en raison du trafic d’opium qui a eu cours entre la Birmanie, le royaume de Thaïlande et le Laos. 
Maintenant, le gouvernement thaïlandais essaie de convaincre les paysans de se convertir à d’autres cultures, notamment le chou. Me semble, oui: je vois d’ici le paysan s’enfiler sa petite pipe de chou après une journée à essayer de vendre sa production au marché, à 5
cents le boisseau… Enfin.

Avant de quitter Sukkothai (ses temples, ses ruines, ses scooters), nous sommes allés faire un petit tour au marché du matin (il y a aussi un marché de nuit et un marché de jour). On a pu observer les paysans venus vendre leurs produits. Parfois, c’est un maigre bouquet de brocolis chinois et quelques arachides (mais comment font-ils pour vivre?). Parfois, ce sont des tas de poissons qui grouillent dans un vivier (plus frais, il  n’y a pas), et parfois ce sont des choses dont on n’arrive pas à savoir si elles sont animales ou végétales.

Dans tous les cas, les marchands nous accueillent avec le sourire, rient de notre air interloqué ou nous invitent à goûter.
Partout il y a des gens, des chiens errants, des motos, des gens, des tuk-tuks, du bruit, des gens. Et puis, chaque matin à 8h tapant, les haut-parleurs se mettent à crachoter. Une sonnerie se fait entendre, une voix annonce quelque chose, et l’hymne national se met à jouer. 
Comme par magie, chacun finit par cesser toute activité et se met debout (hormis quelques courageux ou inconscients). Pendant une vingtaine de secondes, le marché s’immobilise. On croirait qu’un sort a été jeté sur la place, c’est presque silence (si une telle chose est possible). On ne blague pas avec le patriotisme, ici.
À la fin, tout reprend graduellement – le bruit, les gens, les tuk-tuks, les chiens, les gens, comme si de rien n’était. 
Chat with a monk
Arrivés à Chiang Mai, nous sommes partis en reconnaissance. Devant un temple très ancien, de jeunes moines offraient aux passants de leur faire la conversation en anglais. Nous en avons profité, mais évidemment les questions les plus brûlantes n’ont pas franchi nos lèvres (la vie, l’amour, la mort, genre). N’empêche, voilà encore une sorte de gaspillage: ces jeunes gens sont pour la plupart bien mignons, brillants et instruits, et ils ont consacré leur vie à Bouddha (soupir).

Après un tour au marché de nuit (il y en a un autre de jour, comme de raison), nous avons encore mangé des trucs à nous arracher la gueule ce soir, je me demande quand nous aurons le réflexe de demander moins d’épices dans les plats. À ce rythme-là, je vais perdre des morceaux et je ne tiendrai pas longtemps ! Mais jusqu’ici, ça va, même si je m’inquiète un peu de n’avoir pas emporté davantage d’extrait de fraise, remède miraculeux contre tous les maux intestinaux, dont j’ai hélas épuisé mes réserves. Je vais donc recommander mon corps à Bouddha.

Et au sommeil.

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