Toronto en train

J’ai choisi le train. J’adore le train. La classe affaires n’était pas tellement plus chère que la classe prolo et revenait à peu près au même prix que l’avion. On me promet un repas quatre services avec vin; je me suis dit que, pour avoir mes aises – de la place pour mes jambes, une table pour mon ordi, un siège confortable pour mes fesses –, ça valait bien la différence.
Quant aux cinq heures que demande le voyage, fi! Comptez ça comme vous voulez, une demi-heure pour se rendre à l’aéroport avec les deux heures d’avance réglementaires, une demi-heure pour l’embarquement, une heure de vol, une demi-heure pour sortir de l’aéroport et encore une demi-heure pour se rendre au centre-ville, c’est à peu près kif-kif.
J’avais en mémoire ce train de nuit entre Prague et Cracovie, les draps immaculés tout craquants d’amidon, la couette de duvet, les oreillers douillets… Ou la classe affaires d’Air France, où les fauteuils de cuir soupirent d’aise quand vous vous y enfoncez, où l’on vous sert des repas de prince à grands renforts de linge empesé et d’ustensiles en bel et bon acier.
Las! Nous sommes au Canada, où le train, pourtant élément fondateur du pays, est le parent pauvre des transports.
J’en suis donc à remercier la providence de m’avoir convenablement rembourré les fesses puisque le siège où je les ai posées n’a pas vu le tapissier depuis un sacré bail. En fait de table, je suis condamnée à poser la moitié de mon MacBook sur un bout de plastique branlant de la taille d’une carte de crédit.
Pour comble, j’avais comme voisin un monsieur aussi large que haut, qui débordait de tous les côtés (surtout du mien), ce qui fait que je me suis retrouvée coincée entre le mur (pas de fenêtre à ma hauteur, comme de raison) et sa volumineuse personne. Heureusement, le steward vient à l’instant de proposer à monsieur Patate un siège où il serait plus à son aise (et moi itou par le fait même).
Je vous écris donc maintenant les pieds sur le siège d’à côté, mon ordi en équilibre sur une cuisse, pendant que défile le morne paysage de l’autoroute 20 dans les fenêtres sales. Me voilà quelque peu consolée. Attendons voir ce que nous réserve la gastronomie de VIArail…

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