Un coup de foudre

Je savais que j’aimerais la Camargue.
En fait, c’est curieux, cela me vient d’un rêve de ma mère, que j’ai si peu connue. Elle disait: «Ah, les chevaux, la Camargue…»
Elle qui avait absolument peur d’absolument tout – notamment l’eau, les orages, les bêtes, choses inévitables en Camargue – rêvait peut-être de ce pays comme d’un idéal inaccessible.
Autant elle a eu l’intelligence de ne me transmettre aucune de ses peurs, autant elle a eu la sensibilité de me transmettre tous ses rêves. C’est donc un peu, beaucoup en son honneur que je suis allée dans ce pays beau et difficile comme un poème. Je peux maintenant dire qu’elle avait raison de l’aimer sans le connaître (comme si les rêves avaient besoin de raison!).
Quand j’ai quitté Françoise, cette femme extraordinaire qui nous a reçus comme des amis chers, traités comme sa famille, alors qu’elle ne savait rien de nous et que nous-mêmes ne savions rien les uns des autres (et peut-être de nous-mêmes), quand je l’ai quittée, j’ai pleuré un peu. Mais je me suis vite essuyé les yeux en me traitant de chochotte (ici, on ne donne pas beaucoup dans la sensiblerie, ce qui n’empêche personne d’être sensible). Elle a eu son bon sourire, celui de la femme qui comprend tout, nous nous sommes embrassées comme deux vieilles amies et je suis partie.
Maintenant, elle est condamnée à me revoir.

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