La maison de Joséphine

Hier, nous sommes allés voir le lieu de naissance de Marie-Josèphe-Rose de Tascher de La Pagerie, dite Joséphine Beauharnais, première épouse de Napoléon Bonaparte.
Imaginez une grande maison créole, une véranda, des jalousies de bois verni, de multiples pièces en enfilade parcourues d’un doux vent tropical, tout cela au milieu d’un jardin planté de cocotiers, de bougainvilliers, de manguiers… Les dépendances, la plantation, les écuries… Vous y êtes?
Eh bien, vous avez tout faux! (Comme moi, d’ailleurs.)
Bon, la maison en question a bel et bien existé, mais elle a été détruite par un cyclone en 1766. Ça fait donc un petit moment.
La famille de Joséphine, quoique noble, n’avait pas l’argent pour rebâtir, apparemment parce que le bonhomme avait tout perdu au jeu. La maman et ses trois filles (le papa, officier de l’armée, ne se montrait pas souvent) ont été contraintes de se réfugier à l’étage de la sucrerie, au milieu des mouches, de la chaleur des chaudières et des odeurs de bagasse, et la maison n’a jamais été reconstruite.
Le domaine a été longtemps à l’abandon, notamment parce que les Martiniquais ne portent pas tous dans leur cœur leur célèbre compatriote, qu’ils accusent d’avoir incité Napoléon à rétablir l’esclavage dans l’île.

La statue de Joséphine à Fort-de-France, si souvent décapitée et arrosée de peinture rouge que le gouvernement a renoncé à la réparer.

C’est un passionné d’histoire qui a racheté le domaine et qui, à ses frais a aménagé un petit musée dans le seul bâtiment encore debout, où se trouvaient les communs (la cuisine, toujours séparée de la maison).
Ça se visite en un quart d’heure. Une dame vous bombarde de noms et de dates, vous ressortez de là un peu moins ignorant qu’avant d’y entrer, mais complètement estourbi et franchement désappointé.
Enfin. Il faut dire qu’il y a aussi un jardin botanique, que nous n’avons pas vu. 
La végétation dans ce pays ne cesse de me stupéfier. Des pruniers, des arbres à pain, des goyaviers, des manguiers, des cocotiers couverts de lianes, de lierre, d’orchidées et de mousse, avec des fleurs comme on ne pourrait même pas en imaginer… Tout pousse sur tout ce qui pousse, partout, tout le temps. C’est vert vert vert, on se repose rien qu’en regardant.

C’est sans parler des plantes médicinales, qui donnent envie de ficher au panier toutes les saloperies qu’on nous prescrit et de déménager.
Aujourd’hui, quartier libre, je m’en vais m’étendre là, juste là, à l’ombre, devant la mer, et n’en plus bouger jusqu’au signal du départ.

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