Lima

Le car est entré dans Lima vers 6h ce matin, mais, dans l’encombrement perpétuel des rues et des auroroutes, il a bien fallu une heure pour gagner enfin la gare de Movil Tours. De là, j’ai appelé un taxi avec l’appli Beat, l’équivalent (et concurrent) d’Uber. Le chauffeur m’a déposée devant mon hôtel à 7h, il a galamment attendu qu’on m’ouvre avant de repartir (je crois que j’ai réveillé les propriétaires), 10 sur 10 pour Beat.

Ana, la proprio, m’a préparé un bon petit-déjeuner, puis elle m’a emmenée dans l’autre maison où elle et son mari louent des chambres. Dommage, j’aimais bien la première, une grande demeure ancienne à l’architecture arabo-andalouse typique, avec un patio intérieur, des plafonds hauts jusqu’au ciel, des portes épaisses comme ça… Mais c’était complet. Que voulez-vous.

Là, je suis seule dans cette maison sans trop de caractère, au coin de deux rues passantes qui résonnent de pétarades et de coups de klaxon.

Autant le dire tout de suite: Lima n’est pas une ville facile à aimer. Et je loge pourtant dans l’un de ses «meilleurs» quartiers, à Miraflores, non loin de la mer, où se trouvent la plupart des ambassades. Évidemment, même dans ce quartier privilégié, traverser les rues demande un mélange de zénitude et d’audace qui ferait pâlir Karaté Kid en personne. Et, vrai de vrai, à côté de l’anarchie de Cotonou, du Caire ou de Port-au-Prince, ce n’est pas grand-chose. Mais dans ces rues bien asphaltées et dûment pourvues de passages pour piétons, de dos d’âne et de panneaux d’arrêt, on dirait que ça détonne plus. En tout cas, ça étonne.

Je suis allée faire un tour le long des falaises qui dominent le Pacifique. Les parapentistes se balançaient dans le ciel au même rythme que les surfeurs qui, tout en bas, attendaient une vague propice dans l’eau turquoise. Deux petits garçons de trois ou quatre ans faisaient des slaloms en trottinette à travers les couples d’amoureux, les poussettes, les joggeurs et les petits vieux. L’un d’eux avait un lacet dénoué qui menaçait de se prendre dans une roulette de son petit engin. Sa maman était hors de vue. Je l’ai interpellé: «Chiquito! Ven, déjame atar tu cordón antes de que caigas!» Bon, j’ai pas dit ça exactement, ça ressemblait plus à un genre de sabir francitagnol qu’à autre chose, mais il a compris et, le plus naturellement du monde, a docilement tendu son pied pour que je lui refasse un noeud. Puis il est reparti comme un petit chien fou.

Je suis rentrée en passant par une pharmacie, parce qu’on dirait que j’ai des allergies à je ne sais quoi. Mon nez coule constamment et ma face est une zone de guerre: j’ai des rougeurs au front et ce qui ressemble à de l’eczéma sur la paupière, on dirait que j’ai mangé une volée.

La pharmacienne m’a vendu un antihistaminique, des comprimés de dexaméthasone (un truc de la famille de la cortisone, moi qui n’ai jamais voulu en prendre, et sans ordonnance ni rien!) et un onguent pour ma paupière. Ça m’a coûté 78$, j’aurais payé n’importe quoi. Je n’ai même pas songé à lui demander une facture en bonne et due forme, je ne pourrai pas me faire rembourser par l’assurance. Tant pis.

J’espère que ça va marcher.

Il est 20h, la nuit est tombée depuis un bon moment déjà. Il faut que je sorte manger quelque chose. Le hic, c’est que ce quartier est aussi cher que chic. On est loin de Caraz, où, quand on a payé 30, 35 soles (soit autour de 15$, avec un ou deux verres de vin), on a pas mal atteint un plafond. Je viens de regarder ce qu’il y a dans le voisinage, mon allocation quotidienne va y passer, et même celle de demain!

Bon, je pense que je suis fatiguée. L’autocar a beau offrir un confort digne de la classe affaires de certains avions (on peut carrément s’étendre de tout son long), on se fait quand même barouetter pendant plus de 10 heures dans des routes de montagne qu’on aime autant ne pas voir.

J’pense que j’veillerai pas tard…

Dernière heure

Les médicaments que m’a vendus la pharmacienne font déjà effet, je me sens bien moins mal en point qu’hier. Vive la cortisone, en fin de compte… et vive surtout les pharmaciens qui peuvent faire autre chose que compter des pilules!

Un pâle soleil traverse timidement la couche de nuages (ou de pollution, ou les deux) qui voile le ciel, un petit vent doux agite gentiment les arbres couverts de fleurs; je vais me réconcilier avec Lima.

4 réflexions sur “Lima

  1. Hola Fabienne,

    Ya tienes un lector más y muchas gracias por compartir tus historias. Yo estaba muerto de risa te acuerdas cuando nos vimos en SUCO y te dije que Lima era un caos de ruido¡ hahahaha.

    Saludos con 30 cm de nieve y -11 grados c.
    luis

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    • Hola Luis,
      tú descripción de Líma estaba más que fiel a la realidad. La sorpresa es que las calles parecien a veces como las de Montreal y que no se puede anticipar tál caos en esto contexto!

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  2. Coucou,
    Vas te balader dans le quartier Barranco : il est limitrophe avec Miraflores , il y a des petits cafés , restau pas chers ! Très sympa et typique !
    A Lima il y a aussi chaque semaine le marché bio (Legumes, fromages…)
    Qui est proche du parc des amoureux à Miraflores si je me souviens bien ..

    Aimé par 1 personne

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