Le déménagement

J’ai refait mes bagages, ce matin, et j’ai douté un instant que tout ce que j’en avais sorti, durant ces 11 jours de vie d’hôtel, pourrait y rentrer. Mais j’y suis arrivée. J’ai aussi douté que mes deux hénaurmes valises tiendraient dans le triporteur qui m’a emmenée jusqu’à mon nouveau chez-moi. Mais oui, elles tenaient. Le chauffeur s’est décarcassé pour me monter ça jusqu’à l’étage, tout gentil, comme si ça allait de soi. Ça, et mon sac à dos, et aussi ma petite valise bleue. Pour 3 soles (prononcez «solèss»). Trois soles! Soit autour de 1,20$. Autant dire rien du tout.

La dame de l’hôtel, toute gentille elle aussi, m’a fait la bise, à la mode péruvienne, une seule bise sur la joue droite. «Tu reviendras me voir de temps en temps?», m’a-t-elle dit. Mais oui! Como no?

Hier, alors qu’il tombait des cordes, des hallebardes, des chiens, des chats et des paquets de flotte, Yony et moi sommes allés aux bureaux d’Allpa pour y récupérer quelques objets laissés là par une ancienne coopérante. Un collègue s’y trouvait, en train de compiler des résultats de formation. Yony n’a fait ni une ni deux et l’a réquisitionné pour transporter mon frigo et ma cuisinière, chose qui ne devait se faire que demain lundi. Elmer n’a fait ni une ni deux non plus. À la pluie battante, ils ont hissé et attaché ça dans la boîte du pick-up, puis grimpé ça jusque chez moi, merci, bonsoir. Juste avant, l’increvable Yony m’avait aidée à monter mon lit, et aujourd’hui il a branché le gaz de la cuisinière et m’a aidée à faire des courses.

Résultat: je dors ce soir chez moi pour la première fois. J’ai acheté aujourd’hui une couverture d’alpaga épaisse comme ça, avec des tigres dessus. Je vais rester bien au chaud, protégée par mes gros félins.

Le monsieur qui me l’a vendue, au marché, m’a serré la main je ne sais combien de fois. Il casse maison et m’a dit que, si j’avais besoin de quoi que ce soit, je n’avais qu’à sonner chez lui, au numéro 280 de la rue juste à côté, la seule maison où il y a une sonnette, et que lui ou sa femme seraient là, et qu’ils me feraient de bons prix sur tout ce que je veux.

Et j’ai aussi parlé avec un petit monsieur qui vend des tables et des chaises de bois rustiques. Il s’appelle Geronimo et il sera là encore dimanche prochain, comme tous les dimanches, et j’aurai une jolie table de chevet, une table a manger et quatre chaises, le tout fait à la main dans du bon bois d’arbre, pour 230 soles, soit environ 95$.

Les innombrables chiens de Caraz commencent leur concert du soir, j’entends des klaxons, les rumeurs d’une fiesta quelque part, des pétarades de motos-taxis.

Je suis chez moi.

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