Mine de rien, il se passe tellement de choses ici, dans ce petit quotidien que j’observe au microscope, que je me décourage de les conter toutes.
En écrivant cela, je crois que je viens de commettre un hispanisme, parce que je me parle sans cesse en espagnol et que je ne sais plus très bien comment construire mes phrases, ni en français ni en anglais. Je vous ai dit, je pense, que je me suis fait une nouvelle amie en la personne de Michelle, une franco-ontarienne avec qui je parle trois langues en même temps (et elle aussi). Ça crée parfois des courts-circuits dans mon vieux cerveau, imaginez-vous donc.
Aujourd’hui, nous étions invitées au repas du dimanche (el almuerzo, qui se prend vers 15h). Ce fut un incroyable festin de poisson frais et frit, auquel j’ai modestement participé en coupant très finement des tomates et des oignons pour el pico de gallo.
Au début, nous n’étions que quatre à table: Jaqui (notre hôtesse), Michelle, Maggie (nouvelle pensionnaire). et moi.








Je trouvais que nous avions préparé BEAUCOUP trop de nourriture, mais Jaqui connaît son monde: avant longtemps, nous nous sommes retrouvés une bonne douzaine de personnes à table. Son fils Juan Luis et sa délicieuse Tanya; le frère de Francisco, sa femme et leur fils; et bien d’autre personnes dont j’oublie le nom et le lien de parenté avec mes hôtes.
À la fin de la journée, Jaqui m’a proposé una limpieza. Un rituel censé chasser le mal (quel mal? Tout le mal. Douleurs, chagrins, malchance, name it). J’ai dit oui, je ne pouvais pas dire non, mais j’ai aussi dit gentiment que je suis une sceptique impénitente, juste pour me dédouaner.
Ça fait que j’ai eu ceci:
En tout cas.
Il paraît que je suis moi aussi un peu sorcière parce que je peux mettre ma main au feu sans me brûler (voir la fin de la vidéo). Or je sais que, comme toutes les personnes qui cuisinent beaucoup, j’ai mis mes mains au feu tellement souvent qu’elles sont un peu blindées.
Mais je ne vais pas commencer à contester les croyances de Jaqui.
Elle est formidable de gentillesse et de générosité, ainsi que son mari, Francisco (avec qui j’adore parler de politique). Ils nous reçoivent véritablement comme des amies de la famille, je n’ai pas vu ça souvent.