Grippe tchèque

Il fallait s’y attendre: nous avons attrape le virus de Laima. Mais non, ce n’est pas une nouvelle souche de grippe du poulet! Laima, c’etait notre hotesse pragoise, qui avait une grippe d’enfer quans nous y sommes alles, et nous voila malades comme des chiens. Pierre a tellement de fievre qu’il brille dans le noir. S’il se jette dans la Vistule, il va tout faire sauter (on dit que cette riviere a ete affreusement polluee par les acieries que le regime communiste avait implantees non loin d’ici). Pour ma part, je prie saint Stanislas, patron de la Pologne (ou est-ce saint Wenceslas?), pour qu’il m’epargne la pneumonie.

Nous avons tout de meme pu nous balader encore dans Cracovie aujourd’hui, qui a acheve de nous seduire. Curieux, quand meme, apres la perfection de Prague, mais c’est comme ca: j’aime bien ce qui est imparfait, en fin de compte. Ici, les immeubles portent les traces de leur age, mais la splendeur de leur architecture n’en parait que plus authentique. La difference, disons, entre Jeanne Moreau et Catherine Deneuve. Il faut toutefois faire bien attention, quand on leve le nez pour admirer une frise baroque, a ne pas se tordre la cheville dans un des innombrables trous des trottoirs, sur lesquels, par ailleurs, se garent systematiquement les voitures. Cela ne laisse qu’un mince corridor aux pietons, mais qu’a cela ne tienne: les Polonais sont des conducteurs fort courtois. D’ailleurs, c’est la une autre agreable surprise: ici, les gens sourient, rigolent et vous aident volontiers – radical changement par rapport aux Tcheques, lesquels, je regrette d ‘avoir a le dire, se comportent encore comme si un indic allait les denoncer aux autorites s’ils fraternisent avec un etranger. 

Le regime sovietique a laisse de nombreuses traces ici, dont les Polonais tirent parti avec un humour bien particulier. Par exemple, une agence propose un tour en Trabant, ce celebre tacot est-allemand, dans de hauts lieux du communisme, notamment a Nowa Huta, une acierie et des habitations elevees dans toute la beaute de l’architecture sovietique dans le but de meler un peu de proletariat aux habitants de Cracovie, un peu trop intellectuels et cathos au gout du regime. Le prospectus explique qu’on finit la balade par une visite a un « expert en vodka et authentique vestige du regime communiste (pour autant que ce dernier ne se soit pas saoule a mort) ». Comme dirait mon ami Marius, c’est pas gentil, mais c’est drole.

Nous esperions aller a Auschwitz demain (c’est quand meme bizarre d’ecrire ca…) mais peut-etre remettrons-nous cela a plus tard. Aussi bien, quelque chose me dit, a en juger par la quantite de touristes qui sont ici, que ca risque d’etre plutot encombre.  Notex bien ceci: Cracovie est a la mode, mes amis.

Voila, je vais essayer de dormir un peu pendant que le reste de la ville se noie dans la vodka et la biere a 5 zlotys le demi-litre (soit un peu plus de 1,50$).

Bises virtuelles, donc vous n’avez rien a craindre, mais allumez quand meme un petit lampion a saint Wenceslas (ou Stanislas?) pour le salut de mes bronches.

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