Atterrir en catastrophe

Dimanche 6 décembre, 15h15, le pilote nous annonce que nous entreprenons notre descente vers Montréal. Je suis debout depuis 6h30: Oriol m’avait dit qu’il ouvrirait le bar un peu plus tôt pour me faire un dernier café, que j’ai savouré en regardant la mer s’agiter sous un ciel d’acier. Il ventait, ça sentait les embruns, il n’y avait personne que moi. Même moi, étais-je vraiment là?

17h, je suis rentrée depuis un petit quart d’heure, le téléphone sonne. «Fabienne? C’est Richard (mon patron). Est-ce que tu t’en viens bientôt?
– Euh… Où ça?
– Ben, on t’attend au journal.
– C’est une blague?
– Mais non, tu es à l’horaire aujourd’hui, Marie-Hélène est en vacances, on n’a personne d’autre à la correction.
– Tu veux rire?
– Non, non… Tu ne pensais pas travailler aujourd’hui?
– Euh… C’est que je viens de rentrer de vacances, tu te souviens? Je suis chez moi depuis 15 minutes. Je devais reprendre le travail demain seulement.
– Ah? Penses-tu que tu peux me dépanner? Je suis vraiment dans la m…
– Bon. C’est bien parce que c’est toi. Je serai là dans une demi-heure.»

J’ai vidé ma valise sur le plancher du vestibule pour trouver quelques indispensables accessoires, laissé le reste épars et sauté dans ma petite auto pour aller défendre le droit du public à une information exempte de fautes d’orthographe. À quoi bon avoir un afficheur?

Ça m’apprendra.

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