Petite journée

Le lac de Pátzcuaro a déjà été l’un des plus beaux du Mexique, à ce qu’on dit (vrai, il n’y en a que trois ou quatre, mais bon). Cerclé de montagnes, émaillé de villages, serti de quatre îles elles-même toutes semées de maisons aux toits de tuiles rouges, il fait plusieurs kilomètres de longueur. Autrefois, dans des barques à la fragilité affolante, les pêcheurs capturaient au filet de petits poissons qui avaient fait la réputation de la gastronomie de la région.

Plus rien de cela n’existe. Le niveau du lac n’a cessé de baisser depuis 25 ans. Son eau, couleur café au lait, est envahie d’algues qui l’étouffent; les poissons sont en voie d’extinction, les pêcheurs ne capturent plus rien. Les villages, exsangues, offrent le triste spectacle de communautés qui dépendent quasi exclusivement du tourisme: les enfants courent après les gringos pour leur vendre de menues marchandises, les femmes offrent d’un air las des tissages et des poteries tous pareils… Nous avons passé la journée à visiter quelques villages, dont l’un où se trouvent quelques ruines purépechas (pyramides de pierre au milieu d’un vaste champ, quelques vestiges d’une vie agricole…). En fin de compte, nous avons négocié avec un jeune homme le prix d’un passage en lancha jusqu’à la plus grande des îles, que nous avons parcourue de part en part avec un sentiment grandissant de consternation. Nous avons repris un bateau pour regagner avec soulagement la douce animation de Pátzcuaro.

Demain, retour vers Morelia, puis direction Veracruz, sur la Costa Esmeralda, en passant peut-être par Taxco ou Puebla, nous verrons. En attendant, nous allons souper dans un de ces restos qui offrent à peu près tous les mêmes plats au menu, qui se révèlent immanquablement différents de ceux que l’on avait commandé la semaine d’avant et qui, pourtant, portaient le même nom. Je découvre des mots que mon dictionnaire ne contient pas, mais heureusement les Mexicains, toujours aussi affables et gentils, prennent le temps d’expliquer, de réexpliquer, de répéter…

2 réflexions sur “Petite journée

  1. Apparemment, il y a plusieurs causes. La principale serait un tremblement de terre qui en aurait fissuré le fond en 1985. Puis, comme les rives du lac ont beaucoup reculé, les quelques rivières qui l'alimentaient ne l'atteignent plus…

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