Papantla

Me voici à Papantla, où je suis venue essentiellement pour voir les ruines d’El Tajín, dont on dit qu’elles sont les plus vastes et les mieux conservées du pays. C’est sûrement vrai, et c’est assurément très beau, mais ce que je voulais surtout voir, ce sont les voladores, ces acrobates avant la lettre, qui descendent d’un mât de 30 m en tournoyant, attachés par la taille à une corde qui se déroule lentement et les amène jusqu’au sol. J’ai bien cru que je serais victime encore une fois de mon sens du timing (assez approximatif jusqu’ici), mais comme je descendais du camión (ainsi qu’on appelle les bus locaux), j’ai entendu l’air de flûte que joue le chef des voladores, perché au sommet du mât sur une minuscule plateforme circulaire que les Mohawks, qu’il paraît qu’ils n’ont pas le vertige, ils en seraient jaloux!

Quel spectacle! Pas aussi extrême que je l’aurais cru, mais gracieux, touchant, émouvant, surtout lorsqu’on songe que ce rituel existe depuis des siècles.
Après ma visite des ruines, que j’ai écourtée parce que l’orage menaçait, je suis rentrée tout à l’heure en ville et je suis allée m’asseoir au comptoir d’une taqueria, au marché. Le type qui faisait les tacos travaillait tellement vite, on aurait cru un film en accéléré! Mais le plus beau de l’affaire, c’est qu’il a pris le temps de me faire la causette en toute tranquillité et en rigolant avec les autres taqueros des comptoirs voisins: «Ah, vous avez vu, la Canadienne, c’est chez nous qu’elle est venue!»

Le taquero d’en face me faisait des mines désolées, tout le monde me regardait avec un air de gentille curiosité, notamment, m’a-t-il semblé, pour voir si j’allais m’étouffer avec la salsa roja. Mais j’ai fait pas mal de progrès depuis la Thaïlande, héhéhé!
En tout cas, 22 pesos (c’est-à-dire environ 1,70$) pour ces quatre succulents tacos et un Coca, surtout servis dans ce contexte, c’est franchement donné!
Je pars en fin d’après-midi pour Tuxpan, où je compte ne pas faire grand-chose sauf manger et me promener le long de l’eau, histoire de faire des réserves de calme avant de retourner à Mexico.
Mais le calme ici est une notion hautement relative, même dans les villages les plus reculés. Il y a toujours du bruit partout: klaxons, moteurs exténués des camiones, sifflet des agents de circulation, musique qui joue à tue-tête dans les autos, les boutiques et les restos, télé qui tonitrue, ventilos ou climatiseurs hors d’âge, carillon de la cathédrale… Une symphonie inachevable!

2 réflexions sur “Papantla

  1. Qu'est-ce qu'il a, ton sens du timing? Tu as une chance incroyable depuis ton départ, tout tombe en place comme les pièces d'un puzzle. Si ça se trouve, tu vas trébucher sur une bourse remplie de pièces d'or oubliée par les Conquistadores.

  2. C'est incroyable ce blog… très vivant et interessant. J'anticipe d'avoir plus de temps d'en lire avec saveur ( Je m'excuse por le pauvre français….

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