Ah, et puis zut!

Quand j’ai écrit hier que le calme est une notion toute relative au Mexique, je ne croyais pas si bien dire. J’imaginais Tuxpam comme une paisible bourgade assoupie au bord d’un fleuve paresseux; je me voyais flâner au bord de l’eau, m’arrêter casser la croûte chez un marchand de tacos ambulant, lire ou observer les gens sous les arbres du Parque Central, filer passer une journée à la plage… Pfff!
Dites-vous bien une chose: si les guides de voyage ne parlent pas d’un lieu, c’est qu’il n’en vaut généralement pas la peine. Ni le Routard ni le Michelin n’avaient évoqué le moindrement Tuxpam. Mais le Let’s go, lui, en faisait une description dithyrambique. J’en déduis que a) soit la ville a beaucoup, beaucoup changé depuis que le guide a été publié ou b) soit ses rédacteurs en fument du vraiment bon (Acapulco Gold?). Je penche pour la seconde option.
Forte de la recommandation de ce guide, je me suis dirigée vers l’hôtel La Parroquia. Vue sur le fleuve, pas cher, propre… Hum. Vue sur le fleuve, certes. Mais aussi sur le boulevard à quatre voies qui le longe. On aurait voulu attenter à ma santé mentale, on n’aurait pas fait autrement. Une ampoule fluo brillait de tous ses feux droit dans ma fenêtre, et le bruit de la circulation m’empêchait même d’entendre le son du vieux James Bond qui passait à la télé (avec Sean Connery, en anglais British sous-titré en espagnol, tout un exercice intellectuel, vous saurez). Mais c’est Guantanamó, ici! me suis-je dit (heureusement, Pierre m’avait laissé des bouchons pour les oreilles – merci, merci! –, ce dont Omar Khadr, le pauvre, n’a jamais bénéficié).
Du reste, ce n’est peut-être pas un hasard. Paraît que le Che et Fidel se sont réfugiés ici même, à Tuxpam, dans les années 50. Il y a d’ailleurs un musée à ce sujet quelque part de l’autre côté du fleuve. Mais je n’irai pas. Malgré la gentillesse de la dame qui tient l’hôtel, qui m’a vanté les mérites de la plage, de sa ville et de son carnaval qui a lieu en fin de semaine (imaginez le TAPAGE!!!), je file à Mexico illico. Tant qu’à entendre des voitures et des klaxons, autant que ce soit pour quelque chose.
J’y serai, ojalá, dans six petites heures.

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