Athènes

Hébin voilà. Après sept heures de vol Montréal-Paris, six heures d’attente à l’aéroport CDG et encore quatre heures et demie de vol jusqu’à Athènes, nous y sommes. Nous logeons chez Constantina, une beauté solaire qui parle un français exquis appris par pur amour de la langue. Elle habite un appartement de deux étages construit par son père sur le toit de la maison d’origine, dans un quartier résidentiel à flanc de colline, à quelques minutes du centre en métro (je reparlerai de ce métro).

De la fenêtre de notre chambre, on a une vue sur les collines alentour et sur les immeubles sans caractère qui s’y accrochent. Plus loin, on aperçoit les cultures en terrasses, une carrière de marbre, des sommets pelés, et puis le ciel infini.

Je ne me lasse pas de regarder les gens. Les hommes, jeunes ou vieux, sont fiers, on voit qu’ils se sentent beaux, même ceux qui ont la trogne des gros buveurs. Certains agitent toujours un komboloi, un genre de petit chapelet qui ne sert pas à la prière, seulement à occuper la main, un peu comme nos vieux oncles agitaient leur petite monnaie dans leur poche.

Aux terrasses des cafés, comme partout autour de la Méditerranée, ils boivent éternellement un café, un ouzo, un tsipouro (un alcool blanc semblable à la grappa), ils fument, ils jouent au tric-trac. Ils occupent la place, à l’ombre des orangers, appuyés sur leur canne, coiffés d’une casquette. Les femmes, les vieilles, ne sont nulle part. On les voit à peine, vêtues de noir ou de brun, un cabas à la main, parfois coiffées d’un fichu, le regard éteint, l’air de ne pas vivre vraiment.

Les jeunes ressemblent aux jeunes du monde entier, filles et garçons. Ils ne ressembleront jamais à leurs parents, qui, eux, étaient pareils aux leurs et à ceux d’avant. Il y a ici un clash qui me paraît plus fort qu’ailleurs. C’est quand même incroyable, quand on y pense. La Grèce est un tout petit pays, personne au monde à part les Grecs eux-mêmes ne parle ni n’écrit cette langue à l’alphabet mystérieux. Cette civilisation a traversé les millénaires, rayonné dans le monde, influencé la culture et le vocabulaire d’une bonne partie de l’humanité. Et voici qu’on se demande combien de temps encore elle durera.

* * *

Hier, nous avons marché autour de l’Acropole, nous avons gravi les marches jusqu’au Parthénon, apparemment cerné pour toujours par des échafaudages et des grues immobiles. Les travaux de restauration demandent un soin fou et de l’argent qui ne vient pas, et ils sont conditionnels, je suppose, aux grèves et aux budgets aléatoires. Il faut corriger les restaurations faites au début du XXe siècle, qui étaient des efforts de reconstitution plutôt que de conservation, et qui, à cause des méthodes ou des matériaux utilisés, ajoutés à la pollution et aux déprédations, ont accéléré la dégradation de tous ces monuments.

Je viens de vous balancer une telle quantité de mots en «tion», j’pense que je suis en train de vous écrire en grec.

Bon, on rit, mais c’est ça: malgré la crise économique qui n’en finit plus, la difficulté de simplement gagner leur vie, les gens sont d’une gentillesse infinie. On baragouine nos trois mots de grec, on a seulement l’air de se poser des questions et ils sont là, affables, heureux de pratiquer leur anglais rocailleux ou d’aller chercher quelqu’un qui le parle.

Voilà, je ne raconte pas la journée d’aujourd’hui, je suis mourute, la Mythos (bière nationale) m’appelle.

Photos à suivre.

Mots-clefs : Athènes, Grèce

Catégories : Ailleurs

2 réflexions sur “Athènes

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