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Épilogue

Dire que j’ai failli refuser d’accompagner ma chère amie Marianne et sa famille en Équateur parce que j’avais peur d’avoir trop chaud aux Galápagos!

Je craignais aussi, dois-je l’avouer, que l’Équateur me rappelle un peu trop le Pérou et la mésaventure que j’y ai vécue, qui m’a laissé un traumatisme assez durable.

Quelle erreur ç’aurait été!

Durant ces trois semaines, j’ai inlassablement joué dans les vagues du Pacifique avec une petite Layla complètement drôle et abandonnée (elle si timide et réservée d’habitude); j’ai fait du snorkel autant que j’ai pu, j’ai marché à des altitudes de 3500, voire 4000 mètres sans le moindre malaise. Mal nulle part (NULLE PART!), full énergie, joie et bonne humeur.

Or, hier, premier jour de mon retour à la maison, je me suis péniblement traînée jusqu’au supermarché, en boitant presque. Toutes les articulations dont j’avais oublié l’existence se sont brutalement rappelées à ma mémoire.

J’ai mal partout.

Je vais finir par croire que le climat du Québec ne me vaut rien et que je devrais passer mes hivers ailleurs.

Ça pourrait très bien être en Équateur, si ce c’était pas si loin. C’est un pays magnifique, riche de tout et d’abord de ses gens, pour ce que j’en ai vu: aimables, pacifiques, d’une gentillesse et d’une générosité extraordinaires.

Mais oui: pacifiques.

Ma très parisienne amie Michèle, au vu d’un article lu dans le quotidien Le Monde, me demande comment nous avons pu nous déplacer sans inquiétude malgré la violence qui semble régner là-bas.

Cette violence, bien réelle par ailleurs, ne m’a pas inquiétée une seule seconde parce que, comme le dit bien l’article cité ci-dessus, elle s’exerce surtout dans les prisons entre gangs rivaux, ou contre des politiciens en vue, et surtout sur la côte, dans les environs de Guayaquil, d’où partent les cargaisons de drogue pour les États-Unis et, éventuellement, le Canada. Je n’ai pas songé une seule seconde que j’aurais pu être victime de quoi que ce soit là-bas.

J’ai quand même remarqué que, en voiture, les gens ferment les fenêtres et verrouillent les portes quand ils circulent dans des zones plus peuplées, de peur de se faire attaquer et voler.

C’était un peu comme ça en Colombie, quand nous y sommes allés Pierre et moi, il y a plusieurs années: toutes les personnes à qui nous parlions nous mettaient en garde contre des dangers potentiels de leur propre pays, mais nous n’avons jamais senti le début du commencement d’une esquisse de menace de danger. Sauf une fois, assez terrible, et je crois voir que je n’ai jamais raconté cette histoire dans mon blogue.

Ce sera pour la prochaine fois.

D’ici là, amig@s, je vous embrasse et je me mets au lit.

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Sécurité

Pour entrer dans mon (notre) nouveau logis, il y a quatre clés : une pour le portail qui donne sur la rue, une pour la porte d’acier du rez-de-chaussée, une pour celle (aussi en acier) du palier et une pour, enfin, pénétrer dans l’appartement.

C’est donc chaque fois un combat pour 1) trouver la bonne clé ; 2) l’insérer dans la serrure, dont le mécanisme est forcément grippé par l’humidité et le sable ; 3) lui faire accomplir le nombre approprié de révolutions ; 4) retirer la clé ; 5) répéter le processus en refermant la porte derrière soi. Car il faut aussi (et surtout) refermer tout cela à clé derrière soi, et de préférence à double tour.

Pour faire bonne mesure, les deux portes d’acier sont chacune munies, en plus de la serrure à pêne dormant, de deux énormes verrous dignes d’un cachot médiéval. Schlack, schlack ! Le bruit des pièces de métal rouillé qui s’entrechoquent résonne de haut en bas de mon escalier de céramique. Si je les ferme chaque fois, la rue au complet saura à quelle heure je rentre !

Me voici donc en sécurité dans ma forteresse, croyez-vous ? Que nenni ! Oxfam m’oblige à engager (à ses frais) un veilleur de nuit ! Bon, je ne l’ai pas encore fait. Je m’apprête donc à risquer ma vie en cette première nuit dans notre nouveau chez-nous, laquelle sera écourtée par l’Arrivée Très Attendue de MonChéri, qui débarque à 5h du matin en provenance de Casablanca.

Je ne pourrai pas, hélas, lui sauter au cou sur le pas de la porte dans une tenue affriolante garnie de marabout, une bouteille de champagne à la main. Quand Hilarion m’appellera pour me dire qu’ils sont à la porte, je devrai m’habiller (décemment de préférence), traverser notre immense terrasse, trouver, à travers les brumes du sommeil, la bonne clé pour déverrouiller la porte du palier, descendre l’escalier, trouver la bonne clé pour déverrouiller la porte du rez-de-chaussée, traverser le stationnement, déverrouiller le portail (seule clé clairement identifiable – oui, oui, je marquerai les autres, mais laissez-moi le temps!), faire entrer la voiture, fermer le portail. Puis, une fois les valises montées, raccompagner Hilarion jusqu’en bas, lui ouvrir le portail, le refermer, et remonter sans oublier de tout bien reverrouiller derrière moi comme si les Huns étaient aux portes de la ville. 

Enfin, c’est ce qu’on nous exhorte à faire. Je me demande combien de temps MonChéri et moi-même allons observer toutes et chacune de ces règles. Il y a en bas Mémé Koundé, 86 ans, la mère de ma propriétaire, qui semble régner sur la rue comme l’impératrice de toutes les Russies et qui me dit qu’il ne peut rien m’arriver tant qu’elle est là. 

Je la crois.