Touriste chez soi

Je sais, j’ai claironné sur tous les toits que je déteste les bains de foule et que je n’irais pas voir McCartney à Québec. Mais bon, j’y étais, à Québec, et mon amoureux voulait tellement y être, au concert de McCartney, que je n’ai pas su dire non. Nous avons enfourché nos vélos et pédalé les neuf kilomètres qui séparent les plaines d’Abraham de la maison des amis qui nous hébergeaient. Jamais vu Québec aussi bourré de monde. Même à la SuperFrancofête en 1975 (ou en 1974?). Arrrgh.
 
Mais bon, on a attaché nos vélos devant le château Frontenac et on a marché dans les rues, et c’est vrai que la ville est de plus en plus jolie. Puis nous avons acheté une bouteille de rosé, et la dame de la SAQ a été très gentille: elle l’a débouchée, nous a filé deux gobelets de plastique, et nous sommes allés nous adosser à un arbre non loin du monument à Wolfe, un peu un retrait de la terrasse Dufferin, droit devant le fleuve. Il y avait des gens, des flics à vélo, des limousines qui rutilaient sous le porche du château. 

Soudain, une sirène jette un cri bref, des cris retentissent, tout le monde se met à courir vers la cour intérieure: Sir Paul revenait de ses tests de son. La ruée, la folie! Nous ne l’avons pas vu, mais nous avons vu un type qui avait réussi à le photographier, il lévitait. Et il ne comptait même pas aller voir le spectacle!
Nous avons finalement abouti sur les plaines, dans la cohue, au milieu des détritus qui jonchaient la pelouse (les gens ont beau se draper dans un drapeau vert et fermer le robinet entre deux coups de brosse à dents, je peux vous dire que, quand il s’agit de rapporter à la maison les reliefs de soin repas, l’homme est un porc, mes amis).
Nous nous sommes assis droit devant un écran géant, derrière la scène. Pascale Picard a fait son numéro, chouette fille avec un cran d’enfer, et puis Sir Paul est arrivé, élégant, impérial, avec sa face de bébé et sa basse. 


Je me suis éloignée un peu de la foule quand il a chanté Give peace a chance, juste pour le plaisir d’entendre un quart de million de personnes chanter à l’unisson. 
Nous sommes rentrés en pédalant tranquillement dans la nuit par le chemin Saint-Louis, c’était vraiment sympa. 
Nous sommes arrivés hier à Rivière-du-Loup, à l’Auberge internationale (autrefois connue sous le nom d’auberge de jeunesse, et c’est vrai que c’est plein de jeunes, mais de plus vieux comme nous aussi, et même plus vieux encore, et de familles avec bébés, et surtout de Français). 

Je vous déconseille chaleureusement le restaurant Chez Antoine, où nous avons soupé. C’est bien trop cher pour ce qu’on vous sert, et le décor est franchement hideux. 
Nous mangerons donc à l’auberge ce soir, ce sera chouette. Nous serons 20 cordés autour de la vaste table de bois, anglos, francos et autres, avec en prime ce soir une famille africaine. Comme quoi on n’a pas besoin d’aller loin ni de payer cher pour se sentir ailleurs… J’entends la corne de brume qui lance son appel mélancolique, ça sent la ratatouille, j’ai faim, je vais me verser un autre verre de rosé en attendant.

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