Demain la mer

https://i2.wp.com/commondatastorage.googleapis.com/static.panoramio.com/photos/original/1690857.jpg Bon, ce n’est ni très loin ni très exotique, même pas vraiment dépaysant. Encore que…

Même le Maine, que tout le monde semble si bien connaître, recèle des coins secrets, fréquentés par les locaux seulement, et on peut là comme ailleurs se sentir en voyage. C’est-à-dire fréquenter d’autres lieux, d’autres gens, qui nous apporteront quelque chose de nouveau.

J’ai trouvé cet endroit il y a des années, au cours de vacances au New Hampshire pendant lesquelles j’avais, avec mon habituel sens de l’à-propos, emporté à lire L’Hôtel New Hampshire, de John Irving, un de mes auteurs fétiches.

Il situait le premier hôtel du nom quelque part à l’embouchure de la rivière Kennebec, bizarrement dans le Maine. Pas pu m’empêcher de regarder où ça se trouvait sur la carte. Tiens, ai-je dit à Yves, le père de mon fils et toujours mon meilleur ami, allons donc voir ce qu’il y a là. Nous nous y sommes rendus dare-dare sur notre Honda Nighthawk 450 (chose que je ne referai plus jamais de ma vie, juré-craché, c’est trop dangereux).

La rivière Kennebec se jette bien dans l’Atlantique, mais elle fait mille caprices, se divise en bras infinis où l’on se perd sans cesse entre terre et mer, pointes et baies, îles et marais… Nous avons abouti à Popham Beach, l’un des plus beaux endroits qu’il nous ait été donné de voir. Là, aucun hôtel digne de ce nom, à peine un guest house de cinq ou six chambres (parfait pour nous), un casse-croûte où l’on servait le meilleur shortcake à la rhubarbe au monde, et un camping tenu par un franco-américain qui n’avait plus de franco que le nom mais qui était très fier de nous accueillir comme ses presque-cousins.

Nous sommes tombés amoureux de la région, de ses gens simples, de sa beauté sauvage, de sa reposante modestie. Ici, pas de factory outlets, de boardwalks, de manèges, de salt water taffy… Les gens vivent et travaillent à Bath, au chantier maritime ou ailleurs, ont peut-être une roulotte installée à demeure quelque part dans un camping bon marché, se connaissent entre eux et vous reconnaissent comme étranger, vous accueillent et vous adoptent sans façon, comme les Américains savent faire, ce que nous, Québécois malades d’antiaméricanisme, avons trop tendance à oublier.

Nous y sommes retournés plusieurs fois par la suite, toujours en camping, et en sommes toujours revenus enchantés.

J’y vais demain avec mon Pierre, après un week-end exploratoire en juillet où nous avons rencontré un couple de Franco-Américains avec qui nous avons rigolé comme des bossus. C’est fou, mais j’ai presque aussi hâte de revoir Gerry et Pauline que de revoir la mer, de ramasser des palourdes et de me geler dans les vagues.

Photos à venir…

2 réflexions sur “Demain la mer

  1. À cette époque, tendre amie, à cheval donné, vous ne regardiez pas la bride et ne crachiez ni ne juriez point. Encore que…Certes, votre chevalier servant aurait pu faire piètre figure sur sa frêle monture face aux cavaliers sans casques montés sur leurs pétaradantes américaines que nous croisions sur notre périlleux parcours. Mais avec vous en croupe et chargé comme un baudet, mon nippon canasson prenait l'allure d'un fier et noir destrier donnant aux autres motards l'impression de rouler en bicycle à pédales à deux roues.C'est du moins ce dont moi je préfère me souvenir. Juré craché.

  2. Pingback: Mon Maine | L'aventure, c'est l'aventure

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