Nîmes

Trop belle, la ville de Nîmes, et trop gentils les gens! Je logeais au Royal Hôtel (pourquoi pas l’Hôtel Royal? mystère), qui fait aussi bodega le soir, c’est-à-dire qu’on y sert des tapas, que la moitié de la ville s’y retrouve et que, comme le dit la patronne, c’est chaud!
Samedi, j’ai marché au hasard des rues pour trouver un resto où manger un morceau. Le vieux Nîmes se traverse en quelques minutes, c’est assez petit, tout dallé de vieilles pierres polies par les années. Il a la forme d’un triangle avec, à l’un des angles, les arènes (spectaculaires), à un autre la «maison carrée» et au troisième la porte Auguste. Facile!
J’ai donc échoué au Petit Mas, minuscule troquet qui empiète largement sur le trottoir et dont le personnel, plus que débordé, a quand même trouvé le moyen d’être gentil, sympa et rigolo. J’ai mangé une «gardiane de taureau» – en fait une viande en daube, correcte sans plus.
Quand je suis rentrée à l’hôtel, Audrey, la patronne, m’a gentiment offert de m’emmener aux halles le lendemain dimanche. Ce que nous fîmes.
Alors là. Là! Bon, vous connaissez mon goût pour les marchés, ceux de France en particulier… Les Halles de Nîmes sont bien proprettes, animées d’une vie particulière le dimanche matin (tous les magasins sont fermés ce jour-là). On y trouve tous les produits habituels et d’autres encore qu’on ne connaît pas: couenne en terrine (oui, juste de la couenne, et c’est délicieux!), picholines (les olives locales), tellines (minuscules coquillages apprêtés à la crème et à l’ail, qu’on mange avec les doigts sans pouvoir s’arrêter), brandade de morue aussi onctueuse qu’une crème du paradis…
Mais le clou de l’affaire, c’est que, quand on a fini ses courses, on se retrouve au Comptoir des Halles, un café juste en face du marché. Là, les gens déballent qui un paquet de jambon serrano, qui un sachet d’olives, un morceau de bleu, un pot de brandade, du pain acheté au poids au Panissain, on met tout ça sur le comptoir où officie Gérard, le propriétaire, et on partage. Gérard débite les verres de rosé à 1€, les «fœtus limés» (demi-whisky-limonade!), les pastis, prend une bouchée de quelque chose de temps à autre…
À l’heure de fermeture du marché, l’ambiance est à son comble, le bar est si plein qu’on a du mal à y circuler. Ça se salue, ça envoie des piques, ça offre une tournée… N’allez pas vous en tenir au Perrier, on vous regardera de travers: «Avé toutes ces bonnes choses, il faut du vin!»
Il y a Laurent, artiste-peintre, Dominique, qui affirme sans sourciller qu’il est ostéopathe mais que son vrai métier d’homme, c’est d’aimer les femmes. Il y a aussi Geneviève, dite Gene (prononcer «geneu»), patronne de l’un des rares restos nîmois ouverts le dimanche soir, où j’irai manger plus tard. On me présente Jean-Pierre, propriétaire de casino ambulant, on parle corrida, flamenco… bref, l’ambiance est à tuer.
Il a fallu une sieste de plusieurs heures pour me remettre de cette frénésie avant d’aller rejoindre Geneviève au Bistro Maubet, où se trouvaient déjà quelques clients au bar, à qui je me suis jointe comme une vieille connaissance.
Pfiou.
Arrivée à Arles hier, je n’en ai presque encore rien vu, mais je sais que c’est superbe rien qu’en regardant par l’une des 12 fenêtres de ma chambre, tout en haut d’une très vieille maison du XVIIe siècle.
Je vous en reparlerai…

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