Arles

Il me semble que je suis arrivée à Arles comme dans un rêve. Je filais un mauvais coton, que je croyais dû à mes excès nîmois. Une bonne nuit de sommeil, me suis-je dit, et il n’y paraîtra plus.

Pantoute.

Le lendemain, j’ai dormi presque toute la journée. Je loge dans un hôtel splendide, pratiquement sur le toit d’une maison du XVIIe siècle. Ma chambre est pourvue de neuf fenêtres (NEUF!), j’ai une vue panoramique sur les toits de la ville, notamment sur le clocher du cloître Saint-Trophime, qui sonne matines, angélus et vêpres de sa cloche au timbre un peu fêlé…

Les toits d’Arles

Toits d’Arles, bis

Détail d’une colonne du théâtre romain

Je ne pouvais quand même pas me laisser mourir comme ça! Je me suis donc forcée à sortir vers 16h – au moins mettre le nez dehors, voir les arènes, quelque chose!

Rentrée tôt et épuisée, je me suis mise au lit à 21 h et j’ai dormi toute la matinée du lendemain. J’avais rendez-vous à 11h avec la dame de l’office de tourisme d’Arles, je me sentais comme un débris de déchet.

J’ai fini par aller voir un médecin hier.
Il suffit d’arriver à son cabinet et de s’asseoir. Pas de secrétaire revêche qui vous demande si vous avez un dossier ici, pas de chemises entassées dans des classeurs ouverts, pas de pauvres demi-humains exténués par cinq heures d’attente. Quand il a fini avec un patient, le médecin appelle simplement le suivant. Il serre la main de chacun avant et après la consultation, sans se désinfecter compulsivement au gel antibactérien entre les deux. Il a une moustache en guidon de bicyclette, son bureau sent la fumée de cigarette, il a un bon regard de saint-bernard.
Il m’a écoutée gentiment. «Oui, oui, sans vous connaître, je vois bien que vous avez l’air fatiguée.» Il m’a posé plein de questions, m’a auscultée comme plus aucun médecin ne fait chez nous, a trouvé que je faisais un peu d’hypertension et m’a prescrit un petit machin pour faire diminuer ça. Calme, attentif. «Il faudra quand même consulter quand vous rentrerez, pour vérifier tout ça.
– Merci beaucoup docteur, je vous dois combien?
– 23 euros.»

Y a des jours où j’aimerais mieux payer, tiens.

Bon, Arles, maintenant. J’ai fini, à force de coups de pied au cul (s’cusez) par explorer la vieille ville de fond en comble, notamment avec une guide très intéressante qui m’a montré plein de trucs qu’on ne voit pas au premier regard. (Le défi, maintenant, c’est de marcher le nez en l’air pour ne rien rater sans me casser la margoulette.)
Nous sommes même entrées chez un monsieur qui habite un hôtel particulier du XVIIe siècle, qui était sur le pas de sa porte pour appeler sa chatte, Merveille. Il nous a montré le plafond de bois peint à la mode florentine, à l’étage dit «noble».  Merveille aussi, en vérité.

J’ai recommencé à bouffer, ce qui est bon signe, mais je pense que même à l’article de la mort je finirais par avaler un petit quelque chose. J’ai notamment mangé hier une cervelle d’agneau en persillade, oh, mes amis! Fondante, crémeuse, onctueuse… Quoi? Beurk? Allons, vous ne savez pas ce qui est bon. Et un peu de cervelle ne saurait me nuire.

Aujourd’hui, je me suis encore botté le derrière, j’ai pris mon courage à deux mains et, de l’autre, le volant d’une Renaud Mégane (y avait pas plus petit), et je suis allée explorer l’arrière-pays. J’ai vu des flamants roses, des rizières, des montagnes de sel et des paysages de Van Gogh en trois dimensions. Et je ne prends même pas de drogue.

Près des marais salants

Montagne de sel

Montagne de sel (bis)
Van Gogh en 3D
Flamants roses à la Digue-à-la-Mer

Sur la route de Salin-de-Géraud

Je ne veux pas de Renaud Mégane (ça n’est absolument pas économique), mais je veux un GPS pour Noël. Avec une voix d’homme.

Bon, je vous laisse, j’ai un petit creux.

2 réflexions sur “Arles

  1. Bon, on dirait que ça va mieux, je suis content. Après tout, être malade en voyage, c'est vraiment poche, vaut mieux rester chez soi.Pour la Renault, je crois que tu ne t'es pas rendu compte du prix de l'essence en France, c'est sûrement plus économique qu'une Hyundai Accent.

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