Ouidah

Oh, je deviens paresseuse (ou blasée?)… Déjà plus d’une semaine que je n’ai rien écrit! 

Nous sommes allés passer le week-end à Ouidah, qui a été l’un des principaux postes de traite d’esclaves dès le début du XVIIIe siècle. Pierre a eu son baptême de taxi collectif, où nous étions quatre (dont une très grosse dame) à l’arrière d’une Toyota-quelque-chose à bout d’âge. 

Là-bas, nous avons fait à pied, sous un soleil de plomb, les quelque 3 km qui séparent la ville de l’endroit d’où l’on expédiait ceux qui, fers aux pieds, chaînes aux poignets, joug de métal au cou, avaient survécu à une marche de plusieurs jours. 

Ça met les choses en perspective, disons.

Arrivés à la mer, nous n’avons eu qu’à en profiter.

***

Pas un jour ne passe sans que je pense à tous les jeunes mendiants qui encombrent chaque coin de rue de Montréal. Un petit séjour ici leur ferait le plus grand bien.

Les gens travaillent tellement fort pour si peu de chose, ici! Que je dise seulement que, derrière chez nous, une famille entière (ce qui inclut les parents, les grands-parents, les frères, soeurs, maris et femmes, neveux et nièces et tout ce qui peut s’y ajouter), cette famille, donc, commence à s’activer avant le lever du soleil. Je le sais parce que je jette toujours un oeil par la fenêtre quand je me lève pour faire pipi, vers 5 h.

Dans ce qu’on appelle la concession (un terrain de sable jaune ceint d’un mur où sont entassées des cabanes en parpaings coiffées d’un toit de tôle), une femme fait déjà la cuisine sur un feu de bois; une autre agite un éventail au-dessus d’un antique fer à repasser plein de braises rougeoyantes. À mesure que le jour se lève, une femme aux lourds seins nus se lave en puisant de l’eau dans un baquet. Quelqu’un sort, tiré à quatre épingles, avec un porte-document sous le bras, des enfants au ventre ballonné (signe caractéristique de malnutrition) jouent avec des cailloux ou un vieux pneu. 

J’ai cessé de me plaindre de la gymnastique que la moustiquaire nous oblige à faire pour nous extraire du lit ou y rentrer. 

Une réflexion sur “Ouidah

  1. Je ne crois pas que tu sois paresseuse , mais on ressent bien la peine qui t’habite . Comme tu le dis si bien, on devrait tous un jour vivre dans les pays où la faim et la misère est quotidienne et de réaliser qu’on ne peut malheureusement presque rien faire . Peut-être regarderions-nous la vie autrement……

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