Avatar de Inconnu

Front froid sur le Yucatán

Ici, on leur donne un numéro. C’est donc avec le Frente Frío nº 41 que se clôt le chapitre de mes «aventures» yucatèques (on a déjà vu plus intrépide, hahaha!). Certains médias ont prédit une catastrophe – des vagues de trois mètres, des vents à arracher les têtes, des pluies torrentielles… Évidemment, rien de tout cela ne s’est produit, du moins de ce côté-ci. Certes, le temps est gris et frais, il a plu, mais rien d’apocalyptique. C’est probablement pire dans l’État voisin, le Quintana Roo, où se trouvent Playa del Carmen, Cancún, etc. Toutes les plaies semblent pires dans cette région: sargasses, touristes, fronts froids…

En tout cas, ce ciel métallique et bas s’accorde à merveille avec la gueule de bois que se paie Celestún aujourd’hui.

En effet, c’était férié hier lundi en l’honneur de l’anniversaire de naissance de Benito Juárez. La plage a été prise d’assaut par des centaines (des milliers?) de personnes venues profiter de ce congé. Des familles entières, des couples, des groupes d’amis, avec des bouteilles de deux litres de Coca-Cola sur les tables, des caisses de cerveza (tant que tu commandes quelque chose au resto où tu t’assois, tu peux apporter une glacière pleine de boisson, on s’en fout). La bière sortait aussi à pleines portes du dépanneur du coin, le vent emportait les gobelets de plastique et les emballages de chips sans que personne ne semble s’en soucier, le diable était aux vaches.

Ajoutez à cela le carnaval de samedi, qui attire du monde de tous les villages alentour pour le week-end, la table était mise. Maintenant qu’elle est desservie, des déchets traînent un peu partout sur la plage désertée (ça me rend malade), les restos sont tous fermés, les chiens errants errent plus que jamais… Il est temps que je parte.

* * *

J’ai préparé mon bagage en écoutant des chansons de Vicente Fernández, grande vedette de la chanson mexicaine. Ça me fait inévitablement sourire.

Duke, ce grand dadais de doberman, semble avoir deviné que je m’en vais demain. De temps en temps, il vient inspecter l’avancement du travail et me donner un petit coup de son grand museau, comme pour me dire: « Allez, reste donc encore un peu!»

Je voudrais bien, mon vieux, mais non: je suis toastée comme une toast Melba. Ça va faire, le soleil. Et puis j’ai quand même hâte de manger une bonne baguette croustillante bien beurrée, avec de la confiture et un vrai café au lait.

Parlant de nourriture, Jaqui nous a servi aujourd’hui, pour l’almuerzo, un plat de puerco con frijoles (porc et haricots noirs) que je suis encore en train de digérer (à 20h30). Nous étions quatre: Jaqui, Margarita et son amie dont j’oublie malheureusement le nom (les deux femmes de ménage) et moi.

Après le repas, Maggie s’est jointe à nous et a sorti sa bouteille de mezcal, dont il restait bien la moitié, et a servi tout le monde (sauf moi, j’ai refusé poliment, vous crèriez pas ça, je suis devenue une sainte).

Pendant qu’elles picolaient (elles ont bel et bien vidé la bouteille), je suis allée faire une dernière petite marche dans les rues pour enrichir ma collection de façades et d’images pieuses.

Comme ce billet s’étire exagérément, je vous conterai demain ma visite aux salines de Celestún, ça me fera de quoi passer le temps en attendant mon vol.

Avatar de Inconnu

Tantas cosas

Mine de rien, il se passe tellement de choses ici, dans ce petit quotidien que j’observe au microscope, que je me décourage de les conter toutes.

En écrivant cela, je crois que je viens de commettre un hispanisme, parce que je me parle sans cesse en espagnol et que je ne sais plus très bien comment construire mes phrases, ni en français ni en anglais. Je vous ai dit, je pense, que je me suis fait une nouvelle amie en la personne de Michelle, une franco-ontarienne avec qui je parle trois langues en même temps (et elle aussi). Ça crée parfois des courts-circuits dans mon vieux cerveau, imaginez-vous donc.

Aujourd’hui, nous étions invitées au repas du dimanche (el almuerzo, qui se prend vers 15h). Ce fut un incroyable festin de poisson frais et frit, auquel j’ai modestement participé en coupant très finement des tomates et des oignons pour el pico de gallo.

Au début, nous n’étions que quatre à table: Jaqui (notre hôtesse), Michelle, Maggie (nouvelle pensionnaire). et moi.

Je trouvais que nous avions préparé BEAUCOUP trop de nourriture, mais Jaqui connaît son monde: avant longtemps, nous nous sommes retrouvés une bonne douzaine de personnes à table. Son fils Juan Luis et sa délicieuse Tanya; le frère de Francisco, sa femme et leur fils; et d’autres personnes dont j’oublie le nom et le lien de parenté avec mes hôtes.

À la fin de la journée, Jaqui m’a proposé una limpieza. Un rituel censé chasser le mal (quel mal? Tout le mal. Douleurs, chagrins, malchance, name it). J’ai dit oui, je ne pouvais pas dire non, mais j’ai aussi dit gentiment que je suis une sceptique impénitente, juste pour me dédouaner.

Ça fait que j’ai eu ceci:

En tout cas.

Il paraît que je suis moi aussi un peu sorcière parce que je peux mettre ma main au feu sans me brûler (voir la fin de la vidéo). Or je sais que, comme toutes les personnes qui cuisinent beaucoup, j’ai mis mes mains au feu tellement souvent qu’elles sont un peu blindées.

Mais je ne vais pas commencer à contester les croyances de Jaqui.

Elle est formidable de gentillesse et de générosité, ainsi que son mari, Francisco (avec qui j’adore parler de politique). Ils nous reçoivent véritablement comme des amies de la famille, je n’ai pas vu ça souvent.

Avatar de Inconnu

Fragments

Ma soeur me demande: «Tu restes là encore 10 jours, t’as pas peur de te tanner?»

Euh, non.

Mes logeurs sont absolument adorables, je me sens comme une amie de la famille. Ma «coloc», Michelle, est la meilleure compagne qui soit.

La mer est à une minute de marche, il y a un petit resto de plage juste au bout de la rue, où Michelle et moi avons établi notre quartier général. On y sert un ceviche de la mort et des piñas coladas d’un demi-litre pour trois fois rien, et j’y ai dégusté hier un vivaneau frit qui m’a enchantée.

Comme d’habitude, je suis obsédée par la nourriture. Des douze mille façons d’apprêter les tortillas, mes préférées restent les tacos de cochinita pibíl et les panuchos (tortilla épaisse farcie de frijoles puis frite et garnie au choix de porc, de poulet ou d’oeuf). Je n’ai pas encore essayé le pan de cazón, une spécialité du Yucatan faite de tortillas empilées à la manière d’une lasagne, en alternance avec du requin effiloché et des frijoles, puis couvertes de sauce tomate.

L’art de manger tous les jours la même chose sans avoir jamais l’impression de se répéter!

Panuchos

Jaqui

Ma logeuse, qui travaillait en comptabilité, est aussi guérisseuse et quelque peu sorcière (une bonne sorcière). À tout bout de champ, on sonne à sa porte pour une consultation. Elle peut vous lire les cartes, vous faire une limpieza pour vous débarrasser des mauvais esprits, vous prescrire des herbes et des potions… Elle fabrique aussi des savons et des encens, et elle prépare une pâte de tamarin qui m’a presque jetée à terre.

Elle m’a proposé tout à l’heure une soupe divine qu’elle venait de mitonner, puis un morceau du poulet rôti qui avait servi à faire le bouillon. Je ne connais pas d’hôtel où l’on soit si bien traité.

Chaleur

Bizarrement, la chaleur ne m’incommode que peu, ici, moi qui en souffre tant chez nous. Évidemment, on apprend assez vite que sortir entre 11h et 14h, dans ces rues écrasées de soleil, ne relève pas de la meilleure stratégie, à moins que ce ne soit pour aller s’écraser soi-même à l’ombre au bord de la mer.

Mais on finit toujours par devoir sortir: cette fois, j’avais besoin d’un maillot de bain, les deux que j’ai emportés étant sur le point de rendre l’âme, épuisés par le sel et le soleil, je suppose. J’ai trouvé un deux-pièces fort acceptable pour 160 pesos (12$), ça devrait faire l’affaire.

Et chaleur ou pas, j’adore me promener dans ces rues où je remarque chaque fois quelque chose de nouveau.

Avatar de Inconnu

Il fallait bien m’y résoudre…

… Alors je viens d’acheter mon billet de retour.

Ce sera donc le 18 mars, au départ de Mérida. Je l’ai pris le plus tard possible compte tenu du fait que j’ai une soirée au théâtre avec mon fils le 27, ce que je ne raterais pour rien au monde. On va voir Macbeth au Diamant. Remarquez, on irait à un spectacle de marionnettes, ce serait tout aussi important pour moi.

Ça me laisse quand même plus de trois semaines para disfrutar, et cette date de retour est bien la seule chose qui soit vraiment décidée à ce jour, mis à part le fait que je vais rester à Celestún jusqu’au 8 mars. Après, je verrai bien. Peut-être que, si je me sens vaillante, je pousserai jusqu’à Valladolid. Il paraît que c’est très joli.

Mais pour l’heure, Celestún me comble et je n’éprouve nul besoin d’aller ailleurs.

Cancún? Playa del Carmen? Bleeehhh.

Même Cozumel, où je pensais aller faire un peu de snorkel, ne me dit plus rien.

Ici, presque zéro touriste (mais un nombre incalculable de chiens errants – que voulez-vous, rien n’est parfait).

On voit chaque les pêcheurs partir de la plage dans leurs barques toutes rafistolées. Ça veut dire: poisson frais en perspective.

J’ai d’ailleurs mangé le meilleur ceviche de ma vie les pieds dans le sable, sous les palapas du petit resto qui se trouve juste au bout de ma rue. Ce ceviche était si frais et si énorme qu’il m’aura fait quatre repas.

Je me suis fait une amie de la seule autre cliente de la maison où je loge, une femme de Timmins (Ontario) qui a des histoires de fou à raconter, et nous passons dans nos conversations du français à l’anglais à l’espagnol sans trop de courts-circuits. Ça m’amuse follement.

Nous sommes allées ce midi au marché, pour acheter des mangues, des avocats, des tomates, des oeufs, bref, de quoi nous sustenter un tantinet.

Elle mange aussi peu que moi. Nous nous sommes mises d’accord pour dire qu’un régime de ceviches et de guacamole pourrait tout à fait nous contenter durant des semaines, avec quelques bananes et des arachides à l’occasion.

Je suis cuite, ma peau me remercie de ce traitement, et le la remercie de me l’avoir imposé.

Buena noche a todos. Mas imágenes pronto.

Avatar de Inconnu

Adios Mérida

Finalement, j’en aurai fait le tour assez vite.

C’est une ville calme, sage, facile à vivre et à comprendre, un peu désincarnée, même. Les musées qu’on y trouve se visitent en quelques minutes – sauf peut-être cette petite expo temporaire d’une dizaine d’oeuvres sculptées dans du bois de figuier, à la Casa Montejo, qui m’a complètement fascinée. Les sites des musées semblent tous hors service, et je n’ai pas eu l’intelligence de prendre des notes, alors on essaiera plus tard de trouver les noms des auteurs de ces oeuvres (je sais que c’est un couple, c’est tout).

J’ai fait aujourd’hui ce que je considère comme un devoir quand j’arrive dans une ville, parce que c’est quand même toujours instructif: un tour en bus à impériale ou non, ou en bateau quand ça existe, bref, un tour de ville.

En l’occurrence, ça m’a démontré que j’avais parcouru à pied l’essentiel de ce qu’il y a à voir à Mérida. Le reste est à vivre: les marchés de quartier, les bouibouis presque clandestins où l’on mange essentiellement la même chose que dans les restos chics mais pour 10 fois moins cher, le quartier du terminus d’autocars, qui grouille de vie et de petits stands où l’on trouve de tout.

Je suis allée manger hier soir au Gran Santiago, un bar-resto non loin de mon logement, dans un quartier quand même un peu excentré. Ben maudit, j’ai passé la soirée à parler anglais avec ma voisine de bar, d’origine portoricaine mais qui vit à New York depuis des décennies et qui ne parle plus espagnol. ¡Qué pena!

Bon, la soirée, c’est beaucoup dire, je n’ai pas veillé tard. J’étais agotada (épuisée) pour m’être levée aux aurores (en espagnol, on dit madrugar, j’adore qu’il y ait un verbe juste pour ça) afin de visiter les ruines d’Uxmal et deux cenotes. Je dois être blasée, mais je ne garderai pas de cela un souvenir impérissable (d’où ces photos fort peu inspirées), mis à part Alya, une jeune Tunisienne qui participait à l’excursion et avec qui je me suis vraiment bien entendue.

Je pars donc demain pour Celestún, où j’entends m’incruster pendant une dizaine de jours dans un hébergement familial qui me semble tout à fait sympathique et dont les hôtes ne parlent qu’espagnol, gracias a Díos. Je ne bronzerai donc pas complètement idiot (oui, au masculin, parce que «idiot» est ici considéré comme un adverbe, vous me remercierez plus tard).

En attendant, je niaise au bord de la piscine de mon petit hôtel en éclusant une couple de Modelos Negras. Y a pire.

Quelques constats

– Les Mexicains sont toujours d’une telle gentillesse que, quand on tombe sur un air bête, on se trouve tout déstabilisé. Ainsi cette dame à la boulangerie, hier soir, qui m’a traitée comme un chien de ruelle alors que je voulais juste savoir s’il y avait du pan salado (c’est-à-dire pas sucré). Y en avait pas.

Je suis sortie de là en ruminant ma revanche. Durant les 20 minutes de marche qui me séparaient de mon hôtel, j’ai mis au point la phrase qui tue, que je ne manquerai pas de dégainer comme un sabre la prochaine fois: «¿Señora, está usted de buen humor? Si es, su cara no lo sabe.» (Traduction libre de: «Madame, êtes-vous de bonne humeur? Parce que, si oui, votre face n’est pas au courant.»)

– J’ignore comment le pays se débrouille dans la gestion des déchets, mais avec 132 millions d’habitants et zéro plan, ça ne peut qu’aller mal: pas de recyclage, ni de récupération, ni de compostage ici. Le plastique est roi partout (les pailles t’arrivent même dans une enveloppe individuelle de plastique, laquelle va nécessairement s’envoler dans la nature au premier souffle de vent). Les deux canettes de bière que je viens d’acheter, 100% aluminium (c’est écrit dessus, avec aussi des mises en garde sur les dangers de l’alcool), ces canettes, donc, iront directement à la poubelle. Ça fait mal au coeur.

– Je plains les végétariens qui espèrent s’alimenter à leur goût sans le secours des restos pour touristes ou hors hôtels tout-inclus: les Mexicains sont des carnivores assumés, et je dois reconnaître que quand on tombe sur un taco de lechón (cochon de lait) bien fait, il y a de quoi se réjouir. C’est d’ailleurs ce que je m’en vais déguster pas plus tard que dès maintenant, au petit marché du Parque Santiago, à quelques cuadras d’ici. Bonus: c’est le soir de la fiesta dans ce parc, danse et musique au programme, como de costumbre.

¡Hasta luego!

DERNIÈRE HEURE: J’avais tout faux, la fiesta était au parque Santa Lucia, bien trop loin de chez moi. J’ai quand même très bien mangé dans un vrai resto, le Johannes. L’aimable Damian m’a servi un excellent plat de poisson grillé accompagné d’une réjouissante abondance de petits légumes sautés au beurre et de deux verres de vin blanc (du VIN! Rarissime au Mexique), le tout pour 42$, pourboire compris.

Avatar de Inconnu

Fiesta à Mérida

Ballet folklorique de Mérida

Hier, comme tous les lundis sur la grand-place de Mérida, c’était la Vaquería, une fête qui réunit danses traditionnelles et déclamations héroïques à la gloire du Yucatán.

Ça m’a rappelé mes jeunes années, aux temps glorieux où j’étais danseuse étoile dans la célèbre troupe folklorique Les Farandoles, à Chicouticou.

Bon, danseuse étoile…

En tout cas. J’ai eu mal aux muscles de la face à force de sourire de ravissement. Que voulez-vous, moi, ces choses-là m’enchantent.

Après, je me suis offert une marquesita, une sorte de crêpe très fine et croustillante (on dirait l’ancêtre des cornets sucrés qu’on a chez nous), que l’on farcit traditionnellement d’edam (qu’on appelle ici queso de bolla, soit «fromage en boule»). importé directement des Pays-Bas. C’est une bizarrerie que je ne m’explique pas.

Avec le temps, des garnitures se sont ajoutées – bananes, fraises, Nutella, lait condensé sucré (lechera), confiture, crème fraîche, fromage Philadephia… J’ai tenté le tout pour le tout et j’ai essayé fraise-edam (le plus loin que je pusse aller).

Ça se mange, mais je maintiens que c’est bizarre. Prochaine fois, fraise-banane-Nutella, mais pas d’edam.

Juste avant la fiesta, j’avais grimpé un escalier louche qui mène à un resto où ne vont que les locaux, justement parce que, aux yeux du touriste lambda, il passe complètement inaperçu. Il faut vraiment savoir que ça existe, mais vous me connaissez, moi l’exploratrice qui ne recule devant rien (même pas devant de l’edam dans une crêpe aux fraises), je n’ai écouté que mon instinct. Bien m’en prit!

J’ai mangé là un guacamole impeccable, servi avec amabilité par Victor, qui m’a presque demandée en mariage. Ils me font toujours rire, ceux-là.

Et aujourd’hui mardi, j’ai flâné au hasard des rues, et je me suis retrouvée dans un bazar où j’ai décidé de me faire manucurer (pour 180 pesos, une misère). Au stand à côté du mien, il y avait ce garçon qui se faisait faire les ongles les plus extravagants que j’aie vus de ma vie. C’était beau à voir!

Voilà, je vous laisse avec des images en vrac de mon vagabondage du jour. Demain, visite des ruines d’Uxmal (prononcer «ouchmal») et de deux ou trois cenotes.

Avatar de Inconnu

Ça chauffe au Mexique

Et ce n’est pas une question de climat. Vous avez sans doute vu les troubles qui agitent Puerto Vallarta ainsi que tout l’État du Jalisco et même celui du Campeche. Or, ça brasse aussi du côté du Yucatán. La route de Mérida à Cancún a été fermée aujourd’hui à la suite de l’incendie de trois véhicules; deux dépanneurs de la chaîne OXXO ont été incendiés à Tulúm et un autre incendie a été allumé dans un immeuble en construction près de la gare du fameux Tren Maya, à Playa del Carmen.

On verra si ça se rend jusqu’à Mérida – à ce stade, tout est possible. Mais si je dois rester prise dans une ville, autant que ce soit ici. Excusez le cliché, mais je suis amoureuse. Ça m’est tombé dessus dès que j’ai mis le pied dans «ma» rue pour me rendre au Zócalo.

Il est vrai que j’ai toujours (presque) tout aimé de ce pays. Les sons, les couleurs, les gens, l’architecture, les contrastes, la nourriture…

Bref, je Je suis arrivée à Mérida sous une pluie battante, chose très inhabituelle en cette saison. Encore tout à l’heure, alors que je baguenaudais émerveillée sur la grand-place, j’ai eu tout juste le temps de trotter jusqu’à la cathédrale avant que l’orage n’éclate. J’en ai profité pour, une fois de plus, m’étonner et m’émouvoir de la piété des Mexicains. Et pour sacrer un bon coup après les estie de curés, qui, pendant que les Mayas crevaient de faim, n’ont rien trouvé de mieux à faire que de bâtir cette cathédrale, monument à l’orgueil et à l’indifférence.

En chemin vers le Zócalo, j’ai fait halte au dernier bouiboui encore ouvert du marché de «mon» quartier, où j’ai commandé deux tacos de trop. Un seul aurait suffi, j’aurais dû le savoir, moi et mon appétit d’oiseau… C’est que les tacos, ici, ne sont pas faits pour les femmelettes. Rien à voir avec ceux qu’on nous sert chez nous, qui s’avalent en deux bouchées. Je saurai pour la prochaine fois.

Beaucoup trop de tacos!

Je vous écris dans la cour intérieure de mon petit hôtel, un endroit incroyablement harmonieux où règne le chat Kiko, dont j’espère bien conquérir le coeur.

Demain, visite de la ville avec un guide de l’organisme Free Tour. Deux heures, en espagnol, sur le thème Diálogo entre el mundo maya y la ciudad colonial.

Ça promet.

En attendant, quelques images, pour que vous compreniez pourquoi je suis tombée amoureuse.

Alors on danse!
Un dimanche sur le Zócalo
Avatar de Inconnu

Plage, tortues géantes et encore les otaries

Aujourd’hui, dernier jour aux Galápagos (ce sera déjà hier pour bon nombre d’entre vous qui me lisez, puisqu’il est 21h ici, donc 23h au Québec et 5h du matin en France).

Bref, nous sommes arrivés lundi à l’île de San Cristóbal. Fredy, le chauffeur de taxi qui nous a emmenés à notre hôtel, s’est révélé un guide fantastique. Il connaît son île comme personne et il est intarissable à ce sujet. C’est comme ça que nous avons recouru à ses services aujourd’hui pour nous conduire à la superbe plage de Puerto Chino, avec arrêt à un (autre) centre d’élevage de tortues.

Mais ce centre-là nous a paru le plus intéressant des trois que nous avons vus, sans doute parce que ces bonnes vieilles bêtes y vivent en semi-liberté, dans un milieu plus « naturel » que dans les centres de Santa Cruz et d’Isabela.

Je crois d’ailleurs que l’île de San Cristóbal est ma préférée parmi les trois où nous avons posé le pied (je n’ose pas affirmer que nous les avons visitées, nous n’en avons vu qu’une infime partie).

Il faut dire que sa « capitale » (en fait la seule ville de l’île), Puerto Baquerizo Moreno (3500 habitants), est aussi le chef-lieu de la province des Galápagos. Elle a donc bénéficié d’importants investissements. On y trouve notamment un centre d’interprétation fort bien fait sur l’histoire de l’archipel, ses particularités et les efforts de conservation qu’on y déploie.

On dirait par ailleurs que le tourisme est moins envahissant ici qu’à Santa Cruz, mais ce n’est probablement qu’une question de temps.

Quant à la plage de Puerto Chino, sur la côte est de l’île, je ne saurais vous en dire assez de bien.

Vagues immenses, eau turquoise, sable blanc et fin comme farine, pierres noires tout autour…

* * *

Pour notre dernier souper aux Galápagos, nous avons dépensé en fous dans un resto branché: sushis et bol poké, fishburger pour les petites, bouteille de vin à 40$US (la moins chère), rien d’écuatorien là-dedans. Ça nous a changés des menus qu’on trouve partout à 6$US pour une soupe, un plat de viande ou de poisson inévitablement accompagné de riz et de patacones (des tranches de plantain frites), une micro-salade et un jus de fruit frais.

Nous avons encore ce soir passé un temps indéterminé à observer les comportements des otaries qui habitent sur la plage principale, en plein « centre-ville ».

Je dois dire que ces bêtes sont infiniment plus sympathiques et rigolotes quand on les voit seules dans l’eau qu’en groupe sur terre.

Sur terre, ça aboie, ça grogne, ça tousse comme de vieux fumeurs, ça éternue, ça pète, ça geint et ça bêle; les petits passent un temps infini à chercher leur mère, essaient d’en téter une au hasard et, quand ce n’est pas la bonne, celle-ci le chasse impitoyablement en grondant, toutes dents dehors. On ne voit par contre jamais une mère à la recherche de son petit.

VOYONS?!

Il paraît que la mère allaite le petit pendant 11, 12 mois, et que ce n’est qu’alors que ce dernier va apprendre à nager.

Durant tout ce temps, la mère peut partir de 12 à 72 heures à la recherche de nourriture, et le bébé reste là, sur la plage, à l’attendre.

En tout cas.

On part demain pour Quito, adiós Galápagos.

Avatar de Inconnu

Au marché du dimanche


Ceux qui me connaissent savent à quel point j’adore les marchés publics.

J’en ai visité des dizaines, dans toutes les villes et tous les villages où j’ai posé le pied, sans jamais me lasser.

Il y a à Bucerías un mercado municipal, mais, d’après ce que j’ai compris, il est tout nouveau et n’a pas encore complètement supplanté celui, plus informel, qui se tient tous les dimanches dans un coin un peu excentré.

Donc je suis allée faire un tour là-bas en matinée, avant qu’il fasse trop chaud.

Évidemment, on y trouve de tout: des produits frais, des vêtements, des ustensiles de cuisine, des jouets, des outils, de l’artisanat, de la nourriture préparée sur place, des casseroles, des pièces d’automobile…

Mais ce qui me fascine toujours dans ces marchés, surtout en Amérique latine et encore plus ici, au Mexique, c’est la gentillesse infinie des gens, et la fierté avec laquelle ils acceptent de se faire photographier par une Gringa qui n’a rien à leur donner en échange que son sourire.

Ce monsieur qui a fièrement pris la pose sous le regard réprobateur de sa fille.

Voici Alen, qui cueille lui-même ses huîtres et qui m’en a offert une à goûter.
Los cuatro compañeros, qui étaient trop beaux dans ce minuscule boui-boui un peu à l’écart du marché.

Je suis rentrée chez moi à moitié morte de chaleur, évidemment. Mais juste à moitié: il y a du progrès! Je commence à croire que je pourrais m’habituer à ça comme je l’avais fait au Bénin et au Niger, ou dans le désert au Maroc.

Je continue cependant de me demander pourquoi j’ai choisi cette destination.

J’ai sûrement quelque chose à apprendre.

C’est probablement ce que va me révéler mon prochain séjour, à Sayulita, dans une auberge réservée aux femmes où il y a beaucoup trop de yoga et de méditation à mon goût mais où j’espère rencontrer quelques sorcières de mon espèce (ou pas).

En attendant, j’espérais faire une excursion aux îles Marieta, un endroit apparemment magique et hyper-protégé où on peut faire de la plongée en apnée. Mais me retrouver sur un catamaran dans un groupe de 100 personnes, avec bar ouvert? Non, merci.

Donc je reste ici, bien tranquille.

Avatar de Inconnu

Bucerías

Cette photo, c’est ce que je vois de mon balcon.

J’entends caqueter des poules tandis que ces messieurs les coqs font des vocalises en prévision du Grand Réveil de demain matin.

Quelques chiens jappent ici et là.

Une cloche fait entendre son timbre un peu fêlé.

Des ballades sucrées émanent de la maison d’en face.

Ces bruits de vie me remplissent de joie. Je n’aurai pas ce soir à enfoncer des bouchons dans mes oreilles pour échapper au vrombissement constant de la circulation qui sévissait à Puerto Vallarta.

En fait, je regrette surtout de ne pas pouvoir laisser ouvertes porte et fenêtres ce soir pour les entendre tous: il fait une chaleur de four, et dormir sans la clim sera impossible.

Ça cuisait déjà sérieusement quand je suis arrivée, vers midi. Après avoir posé mon petit bagage dans ma chambre et repris une température normale, je me suis aventurée dans les rues incroyablement pentues et bossues de mon quartier pour acheter de l’eau et quelques fruits — deux bananes, une mangue, trois de ces minuscules limettes si juteuses, et aussi un légume que je n’avais jamais vu de ma vie, un jícama.

J’ai demandé à la dame ce que c’est et comment on l’apprête. Elle m’a expliqué que ça se mange surtout cru, avec du sel et du jus de lime (y a-t-il quelque chose, au Mexique, qui se mange sans sel ni jus de lime?).

Quand je suis rentrée, j’ai montré ça à Manuel, le proprio de la maison où j’habite, qui s’est fait un plaisir de me donner du sel et un couteau pour éplucher, et qui m’en a appris un peu plus sur le jícama (à commencer par la prononciation avec le bon accent au bon endroit).

Le goût et la texture du jícama m’ont rappelé ceux des pommes de terre de mon enfance, tout juste extirpées du jardin de mon papa et qu’on mangeait à la croque-au-sel.

J’ai donc grignoté ça sur mon balcon en lisant, parce qu’il n’était plus question de ressortir. Il faisait si chaud que je me serais consumée au bout de quelques mètres sans laisser d’autre trace qu’une petite flaque d’eau vite évaporée.

J’ai résolu de descendre à la plage vers 16h pour me baigner dans le Pacifique et, accessoirement, boire une bière: les bars de plage sont le seul moyen d’avoir de l’ombre et de se baigner sans s’inquiéter des biens qu’on laisse sur place.

Et puis il y a de l’ambiance!