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Grande Muraille

Je craignais la Grande Déception, mais non. Nous sommes allés à Mutianyiu, un peu plus loin de Pékin que Badaling et, ceci expliquant cela, moins fréquenté. Je n’y ai pas trouvé le cirque auquel je m’attendais. Certes, quelques vendeurs de t-shits, de broderies faites à la machine et de kimonos (?) en polyester (??), mais rien que de très normal dans un site pareil.

Parce que, quand même, wow. Dix millions d’ouvriers sont morts en construisant cette extravagance qui, paraît-il, n’a jamais vraiment rempli son office. Les hommes ont donc bien toujours été fous, on dirait. En tout cas. Je vous passe les commentaires sur le paysage grandiose et tout ça, allez lire Wikipédia.

Nous avons escaladé et redescendu je ne sais combien de marches inégales, pris les mêmes photos que tout le monde (mais ce sont les nôtres, lalalère!) et repris le bus, fourbus et un peu grisés par la Tsingtao du retour, pour rentrer à l’auberge. Tout le monde dormait la bouche ouverte dans le car, on aurait dit une classe de première année de retour d’une journée plein air.

Nos genoux on tenu le coup, tellement que Pierre veut qu’on loue des vélos demain (mais il n’est donc pas tuable?). Notre avion décolle à 18h25, ça nous laisse le temps de faire un tour dans la Cité interdite, puis de nous re-re-re-taper le parcours du combattant jusqu’à l’aéroport. Je me réjouis chaque fois de n’avoir que cette petite valise à traîner. Je pense que je vais donner des cours de bagages.

Là, Pierre vient d’allumer la télé, il y a une sorte de vieille comédie musicale en chinois et en noir et blanc, un couple qui chevauche gaiement dans un paysage aussi faux qu’idyllique, les deux en costume traditionnel, la soie, les breloques pis toute – c’est complètement surréaliste. 

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La Chine en marche

Les seules fois où j’ai vu autant de monde dans la rue, à Montréal, c’était à très une grosse manif ou au spectacle de clôture du Festival de jazz. Deux cent cinquante mille personnes, on peut les compter.

Ici, c’est juste un dimanche ordinaire. Et on ne peut pas les compter.

Le samedi soir à Shanghai, des rivières, des fleuves de monde emplissent la rue piétonne qui mène vers l’ancien quartier des affaires, d’où l’on a vue sur les gratte-ciel extravagants de la nouvelle ville, de l’autre côté de la rivière.

Dimanche, nous sommes allés nous promener dans ce qu’il reste de la vieille ville, un Shanghai supposément traditionnel. Déjà, le Lonely Planet et le Routard de 2014 ne sont plus à jour. Des montagnes de gravats, des maisons abandonnées qui attendent le pic des démolisseurs, des palissades, des grues occupent près de la moitié du périmètre que délimitaient autrefois les murailles, depuis longtemps disparues. On a refait deux rues au goût des touristes chinois, avec des toits en pagodes, un décor d’opérette où se succèdent les habituels magasins de camelote et où se presse une foule compacte, ininterrompue, omniprésente. C’est une folie à laquelle on peut encore échapper dans des ruelles calmes et intactes, à quelques mètres de là. On y trouve des marchands de fruits et légumes, de petites boucheries, des bouibouis de rien du tout, des boutiques qui vendent  de menus objets du quotidien, des vieux qui regardent passer la vie, des enfants qui jouent. Les gens sont dehors parce que les habitations sont toutes petites, sombres, sans commodité. Ça crée une vie de quartier qui ne pourra plus exister quand tous ces gens seront relogés dans les tours qui remplacent leurs vieilles maisons.

Dans le train qui nous a menés de Hangzhou à Shanghai à une moyenne de  250km/h, on ne sait pas où commencent les villes, où finit la campagne. Vingt minutes avant d’arriver, ces barres d’immeubles se dressent en série, toutes pareilles, austères, anonymes, et des grues annoncent la construction de dizaines d’autres. La Chine a entrepris une nouvelle Grande Marche, mais vers où?

Je suis constamment partagée entre l’admiration et la perplexité. Un milliard et demi de personnes qui ont besoin de se loger, de se nourrir, de travailler, dans un pays où tout ce qui n’est pas bâti est cultivé ou inhabitable… Ne vous demandez pas pourquoi la Chine est en train d’acheter le monde.

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Pingyao

C’est comme se promener à Carcassonne, à Marrakech, à Dubrovnik ou à Florence, mais avec des pagodes, des temples bouddhistes et des Chinois partout. Bref, ça date, grosso modo, du moyen-âge mais, à part ça, c’est pas pareil pantoute. 

C’est une ville qui a été très prospère sous les Ming et les Qing. La première banque de Chine a été créée ici, l’argent y coulait à flots et on y brassait de grosses affaires. Le déclin est arrivé vers le début du XXe siècle, et la ville a sombré dans l’oubli et la pauvreté. C’est peut-être ce qui explique qu’elle a échappé au rouleau compresseur de la révolution et du progrès tel que le concevaient Mao et ses copains. En tout cas, aujourd’hui, on peut visiter plusieurs demeures anciennes, intactes, meublées d’époque, qui témoignent de la grandeur passée de Pingyao. C’est assez fascinant… Et ça le serait encore plus, pour les pauvres Occidentaux que nous sommes, s’il y avait des explications en anglais de temps en temps. Quand il y en a, elles ont vraisemblablement été obtenues grâce à un logiciel de traduction, si bien que ça n’est guère plus intelligible que le mandarin (mais c’est pas mal plus drôle).

Belle comme elle est, la ville attire des milliers de touristes, surtout chinois, dont bon nombre de la diaspora (ce qui explique qu’on se soucie assez peu des Occidentaux, au final). Notre hôtel, aménagé dans une très belle demeure traditionnelle, se trouve au coeur de la vieille ville, dans une rue piétonne où les boutiques de babioles aussi invraisemblables qu’innombrables alternent avec les guesthouses (souvent le seul mot d’anglais qu’on trouve sur les enseignes). Il y a du monde, des pétards, de la musique, de petits cars qui transportent des touristes hébétés… D’habitude, nous n’aimons pas beaucoup ce genre de cirque, mais là, il est dépaysant en soi et ça nous amuse. 

Nous voulions partir demain pour Xi’an, la ville des fameux soldats de terre cuite, mais tous les trains sont complets (en Chine, il y a beaucoup de Chinois, et les Chinois voyagent beaucoup). Nous en sommes quittes pour passer une autre nuit à Pingyao, pauvres de nous. Pour ce qui est de Xi’an, les soldats de terre cuite ne nous intéressent pas tant que ça, à vrai dire (on a vu trop de photos), mais la ville et sa région, oui. Il y a au centre un important quartier musulman, et de jolis villages tout autour où se perdre à vélo et manger des choses qu’on ne connaît pas.

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Couché-dur

Dans les trains chinois «ordinaires», c’est-à-dire ceux qui ne roulent pas à la vitesse d’un avion supersonique, on a le choix entre quatre classes: assis-dur, assis-mou, couché-dur, couché-mou. Dans la catégorie «couché», ce n’est pas tant la fermeté du matelas qui fait la différence que l’espace vital dont on bénéficie. Couché-dur: six couchettes de 60 cm superposées trois par trois dans un compartiment sans porte, 90cm de passage au milieu. Un petit feeling concentrationnaire que la matrone en uniforme quasi militaire qui gère le wagon ne fait rien pour atténuer. Dès le train démarré, les lumières s’éteignent, bonsoir, bonne nuit. La matrone vient te réveiller quand il est temps de débarquer. 

Couché-mou: quatre couchettes de 90cm, compartiment avec porte verrouillable, prise de courant, lampe de lecture, crochets et cintres. Le luxe! On a dormi aussi dur dans l’un que dans l’autre, remarquez bien. Mais au deuxième matin à débarquer aux aurores dans une ville inconnue, nous commençons à ressentir une petite fatigue. Il n’est que 10h du matin, j’ai l’impression qu’on est en fin de journée. 

Nous avons pris le petit déjeuner dans une gargote qui venait d’ouvrir. On a jeté un coup d’oeil aux marmites, on a fait «ça, ça et ça», et on a mangé une sorte de bouillie de maïs ou de riz mélangée à un genre de bouillon salé et des petits pains vapeur fourrés à la viande. Tout le monde nous regardait bouffer en riant doucement. Sont drôles, les Chinois.

Je suis en train de me sevrer de café au lait et de vin blanc, je vais devenir une sainte.

Là, on va faire une petite sieste dans notre chambre vieille de 300 ans, et on ira explorer cette ville incroyable qu’est Pingyao, trop belle pour être fausse, avec des murailles, des ruelles, des pagodes, des lanternes rouges, des petits vieux qui jouent aux cartes et qui nous sourient de toutes les dents qu’il leur reste.

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Une autre Chine

La Chine que vous montre Pékin, c’est celle que j’ai décrite l’autre jour: propre, policée, organisée, saine, prospère.

Nous sommes maintenant à Datong, ville industrielle dont l’économie reposait, jusqu’à il y a peu, sur le charbon. Un smog permanent l’enveloppe, elle a été défigurée par une urbanisation aussi accélérée que désordonnée. Non loin d’ici se trouvent des trésors historiques sur lesquels le gouvernement a décidé de miser pour attirer les touristes et diversifier l’économie. Des projets pharaoniques ont été lancés, notamment pour mettre en valeur des grottes où, au cinquième siècle, ont été sculptées et peintes des milliers de représentations de bouddha, de la plus infime à la plus monumentale. Ça fait penser à Petra, en Jordanie, ou aux bouddhas de Bamiyan, que les talibans ont sauvagement détruits il y a quelques années. En tout cas, c’est une splendeur, vraiment. Mais on a construit autour de ça, en deux ans, ce qui menace de devenir une sorte de Disneyland, qui a dû coûter des fortunes et qui, hors saison, reste lamentablement désert. Un immense pavillon d’accueil qui ressemble à un hôtel de luxe, un musée grand comme un aréna de marbre, des temples, des pagodes, en veux-tu, ô toi, le touriste assoiffé de couleur locale? Et toi, le Chinois exilé à la recherche de ta mère patrie, la trouves-tu assez puissante, assez grande, assez belle?

Là, on est en train de reconstruire la vieille ville. Pas de la restaurer, non. De la refaire à neuf. Pagodes, temples, palais, fortifications. La majeure partie de tout ça avait été rasée pour céder la place à de hideux immeubles d’habitation, ou alors laissée à l’abandon. La ville n’est qu’un vaste chantier hérissé de grues (parce qu’on continue à construire des tours d’habitation de 40 étages), de barrières, d’échafaudages.

En tout cas. Les gens ont l’air content. Je leur souhaite que ça marche…

Nous sommes venus ici par le train de nuit, une expérience dans ce pays où le mot promiscuité n’existe pas, et où l’intimité est un concept tout à fait abstrait.

Nous en reprenons un ce soir pour Pingyao, où nous allons nous écraser et ne pas faire grand-chose, à part prendre une bonne douche et un peu de repos. 

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Le charme discret de la propagande

Hier matin, visite d’une lamasserie, ancien palais d’un prince très pieux qui en a fait cadeau à la communauté il y a 270 ans. On peut visiter toutes les salles, aménagées dans ce qui était autrefois le salon du prince, ou sa chambre à coucher, ou son oratoire privé. À l’intérieur, des bouddhas dorés et satisfaits luisent dans la pénombre, et de somptueux ouvrages de soie d’une finesse indicible pendent des plafonds ouvragés. À l’entrée, des croyants se prosternent, un moine en robe pourpre et or fait placidement tourner un moulin à prière. Partout on étouffe dans les nuages d’encens.

Je m’étonnais de la piété des Chinois parce que je croyais naïvement que la Révolution culturelle avait banni toute religion. Bon, ça a peut-être été le cas, mais on s’est ravisé depuis et on a fait mieux que ça. On a instrumentalisé le bouddhisme. Dans l’une des salles, une exposition relate l’histoire de ce temple à l’occasion de son 270e anniversaire. Les panneaux explicatifs en anglais, une quinzaine peut-être, martèlent tous qu’il est le coeur de la Chine bouddhiste, le gage de l’unité nationale, le centre névralgique de la foi et de la culture chinoises, dont la Mongolie et le Tibet, accessoirement et soit dit en passant, font partie intégrante.

Le dalaï lama ne serait pas content, je pense…

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Pédaler Pékin

Vous qui croyez que Montréal est une ville de vélo, j’ai des nouvelles pour vous autres. Pas une rue, ici, même un boulevard à huit voies, qui n’ait une piste cyclable, que chacun emprunte dans le sens qu’il veut (même si, en principe, il y a un sens), avec pas de casque, en vélo électrique, en cyclopousse, en trottinette, en triporteur, à pied. Personne pour t’engueuler et te dire que t’as pas d’affaire là.

HUIT voies, je ne rigole pas. Dans les deux sens. Deux boulevards à huit voies qui se croisent. Tu veux traverser ça, tu prends une grande respiration, tu mets tes yeux tout le tour de la tête, pis tu y vas. À travers les trolleybus, les grosses voitures noires aux vitres teintées, les scooters qui traversent en diagonale, les piétons, les vélos, les taxis jaune et vert, les tuktuks, les bus, la police qui siffle… envoye, pédale!

Et on en a pédalé un coup. Sur ces boulevards vertigineux; sur des avenues tout ombragées de grands arbres dont le fin feuillage bruisse au vent; dans des rues pleines de gens, de sons, de mouvement, de tumulte; dans des hutongs vieux comme la Chine elle-même, vrais labyrinthes où la vie s’écoule paisiblement comme si le charivari des rues n’existait pas, ni le temps, ni la violence des hommes. On voit des grands-parents marcher à petits pas en tenant un petit enfant par la main. On voit tout à coup, sur une place, des vieux qui jouent aux cartes, ou aux dames, ou au mahjong, sérieux, concentrés, sans un mot, comme si le monde en dépendait.

Je suis constamment étonnée par l’harmonie qui semble régner ici, même dans le plus complet des désordres. Les rues sont propres, nettes, en parfait état. Il y a des toilettes publiques partout. Bien entretenues, gratuites. Des terre-pleins verdoyants, des trottoirs pratiquables. Aucun moteur à deux temps, ni même à quatre: tous les scooters sont électriques (la Chine n’a pourtant pas cessé de fabriquer des motos à essence… Elle les exporte en Afrique).

À midi, nous sommes entrés dans un autre de ces innombrables bouibouis dont aucun ne passerait le test des inspecteurs de la Ville de Montréal. Je pense que nous avons trouvé la bonne formule. Si le menu comprend des chiffres de moins de 15, c’est OK. Nous commandons par gestes à une dame qui finit par nous apporter ce qu’elle veut, que nous mangeons de bonne grâce.

Nous avons donc pédalé toute la journée sur ces vélos à la selle trop basse, dans le grand soleil et le grand vent, à travers des parcs somptueux où des vieux font du taï-chi, jouent au aki, marchent ou méditent. Je me demande s’il y a des foyers pour les vieux, ici… Ça m’étonnerait.

Au parc Tiantan, où se dresse le temple du Ciel, des femmes en costume dansaient avec une grâce aérienne à l’ombre de cyprès plusieurs fois centenaires. Des familles se prenaient en photo dans les marches de marbre blanc de ce temple qui défie l’entendement. Des mariés prenaient la pose dans leurs beaux habits. (J’ai des photos de tout ça, mais une connexion bien aléatoire.)

À la fin du jour, nous étions à demi-morts et j’avais mal partout, surtout où vous pensez. Nous avons acheté pour 6¥ d’arachides bouillies à l’anis étoilé (un pur délice) et trois grandes bières pour 10,5¥ (environ 2$), et nous nous sommes écroulés sur un canapé pour déguster tout ça.

Ce matin, nos os crient grâce. La Grande Muraille attendra.

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Nourritures

Avatar de FabienneL'aventure, c'est l'aventure

Hier matin, donc, porridge, chausson au porc et pain vapeur. À midi, soupe claire dans laquelle flottaient des brins de coriandre et des morceaux de viande non identifiés, et une sorte de friand à la même viande, laquelle, renseignements pris et s’il fallait en croire l’outil de traduction du jeune homme qui mangeait près de nous, était de l’âne. Avec une petite salade de concombre bien frais et croquant.

C’était bien bon.

Le soir, dans un bouiboui tout près de notre hôtel, un plat de ce qui nous a semblé des lanières de poulet sautées (mais ça pouvait aussi bien être des tripes, pour ce que j’en sais), servies dans une sauce sucrée-salée-piquante sur un abondant lit d’oignons crus, et un légume vert sauté avec des arachides et des morceaux d’ail gros comme des petits pois. C’était bon aussi.

Tous les hommes fumaient à la chaîne dans la petite salle…

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Nourritures

Hier matin, donc, porridge, chausson au porc et pain vapeur. À midi, soupe claire dans laquelle flottaient des brins de coriandre et des morceaux de viande non identifiés, et une sorte de friand à la même viande, laquelle, renseignements pris et s’il fallait en croire l’outil de traduction du jeune homme qui mangeait près de nous, était de l’âne. Avec une petite salade de concombre bien frais et croquant.

C’était bien bon.

Le soir, dans un bouiboui tout près de notre hôtel, un plat de ce qui nous a semblé des lanières de poulet sautées (mais ça pouvait aussi bien être des tripes, pour ce que j’en sais), servies dans une sauce sucrée-salée-piquante sur un abondant lit d’oignons crus, et un légume vert sauté avec des arachides et des morceaux d’ail gros comme des petits pois. C’était bon aussi.

Tous les hommes fumaient à la chaîne dans la petite salle brutalement éclaiée au néon, baguettes dans une main, clope dans l’autre. Les mégots s’entassent sur le sol avec les serviettes de table usagées et autes détritus, qu’on balaie sans façon quand les clients sont partis, vites remplacés par d’autres fumeurs. Les cigarettiers n’ont pas réussi à conquérir l’Afrique, mais ils ont un marché de choix en Chine. Après, les pharmaceutiques n’auront plus qu’à se servir.

Les gens sont d’une grande gentillesse, calmes, affables, souriants. Ils rigolent sincèrement quand on essaie nos trois mots de mandarin, et ils nous répondent comme si on pouvait comprendre quoi que ce soit. Pierre dit que c’est parce que j’ai les yeux bridés. Euh?

Nous avons marché toute la journée, à travers les étroits hutongs grouillants de vie, puis dans le plus vieux quartier de Pékin, envahi de touristes chinois qui profitaient du dernier jour du congé de la fête des Travailleurs, puis dans un immense parc aménagé au temps des Qing (ou des Ming, je m’embrouille un peu) et parsemé de temples somptueux, et enfin jusqu’à la place Tiananmen, entourée de barrières et de militaires, interdite passé 17h. Meilleure chance la prochaine fois…

Nous devions louer des vélos; en fin de compte, c’est aujourd’hui. Il fait un temps radieux. En route !

Je rappelle à mes innombrables amis Face de bouc que le site est censuré ici. Vos commentaires, le cas échéant, ne me parviennent pas. Mais ceux qui sont inscrits sur mon blogue, oui.

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Good morning Beijing!

Nous avons posé le pied à notre hôtel à 16h le 2 mai (4h du matin à l’heure de Montréal). Ça faisait donc exactement 24 heures que nos vieux corps n’avaient pas goûté l’indicible jouissance de la posture horizontale.

Le changement d’aéroport à New York à lui seul vaudrait un roman. Il nous fallait passer de La Guardia à Newark,  un bout en minibus jusquà Penn Station, le reste dans un train poussif dont on a cru qu’il n’arriverait jamais. Le chauffeur du minibus, un jeune Latino à la casquette de travers, conduisait comme un champion de derby de démolition dans les rues de Manhattan. Et que je double par la droite les taxis jaunes, et que je me faufile entre les cars de touristes, pis t’es mieux de pas mettre ta grosse BMW dans mon chemin. Le tout, en textant sur trois téléphones à la fois, sur fond de salsa sautillante, dans une bonne humeur inextinguible.

Nous sommes arrivés juste à temps pour l’embarquement, pif, paf. La joie de ne pas avoir de bagage à enregistrer, c’est aussi ça. Eussions-nous eu des valises à récupérer à La Guardia, pas sûr que nous serions arrivés à temps.

Nous avons stoïquement supporté nos 13 heures de vol, qui ne nous ont pas paru si longues, en vérité (merci, Immovane), et nous sommes arrivés dans Pékin un peu nazes, mais encore cohérents et capables de prendre le train, puis le métro, jusqu’à notre hôtel. Nous logeons dans un charmant hutong, ces étroites rues des vieux quartiers bordées de maisons basses aux toits de tuiles. Nous sommes allés marcher un peu hier soir, mais la fatigue nous a vite vaincus.  Après un souper commandé par gestes dans un bouiboui coréen, nous sommes rentrés à l’hôtel, où nous nous sommes écroulés sur notre matelas un peu spartiate pour dormir comme des bouddhas millénaires jusqu’à ce matin. 

À l’heure où je vous écris, il fait bon et doux, un soleil pâle perce à travers le smog qui laisse deviner un ciel à peu près bleu, les rues  baignent dans le calme du dimanche. Nous sommes dans un café où nous avons pu satisfaire notre dépendance à la caféine après un très bon petit-déjeuner de je ne sais trop quoi (un genre de porridge de riz aux haricots rouges, un délicieux chausson au porc dont le bouillon a éclaboussé ma robe et un pain vapeur farci à la viande), le tout pour 3,50Y, soit autour de 50cents, si nous avons bien compris — notre chinois n’est pas encore très au point.

Voilà. Nous nous apprêtons à louer des vélos pour aller nous perdre dans le bout de la Cité interdite. Je sens que je vais aimer ce pays.

Zaijian!