Grosse fatigue (Sissi, chapitre 28)

Estie que j’suis tannée.

Elle arrête pas de me dire que je grossis.

Là, elle m’assomme avec un bol supposément interactif qui m’oblige à puiser mes croquettes une à une avec ma patte au lieu de m’en mettre plein la gueule quand j’en ai envie.

Mon calvaire n’aura donc jamais de fin? J’vais porter plainte!

À BAS LA GROSSOPHOBIE!

La tatie est une tortionnaire!

Mais elle a pas fini avec moi: la soirée commence, la nuit m’appartient, hahaha! Déjà, j’apporte tous mes jouets dans sa chambre la nuit, juste au cas où ça éveillerait quelque chose dans son cerveau embrumé, mais jusqu’ici, par pure pitié, je faisais pas trop de bruit.

Là, si elle continue de m’affamer, elle va savoir comment j’m’appelle.

Sinon, hier, on a quand même passé un p’tit boutte de soirée l’fun. Elle regardait un immense truc lumineux avec plein de choses qui bougeaient, j’avais jamais remarqué ça ici. Wow!

Elle m’a dit que c’était les élections américaines. J’ai pas compris ce que ça voulait dire au juste, mais j’peux te dire que ça la stressait au boutte. J’ai senti ça très bien à cause des hormones qu’a dégageait. Estie! WOW! Comme moi quand elle essaie de me prendre dans ses bras! La même crisse d’affaire! Hahahaha! J’espère que ça va lui servir de leçon. Mais ça m’étonnerait, sa courbe d’apprentissage est remarquablement longue.

Pis nous autres, les félins (et surtout les félines), on a le nez fin, au cas où tu saurais pas.

Ça fait que, à un moment donné, la tatie en a pu pu et elle a éteindu tout ça. (Oui, je dis «éteindu» parce que ça me tente. J’fais c’que j’veux.)

J’dois aussi reconnaître, dans un autre ordre d’idée, que je commence à aimer ses caresses. J’suis vraiment pas au point de les quémander (est-ce qu’une impératrice devrait même «demander» quoi que ce soit?), mais le jour où j’vais les exiger, hahaha! JUST WATCH ME!

Un jour, j’aurai mon propre blogue (mon journal, chapitre 27)

Je l’achale, je la tanne, je la harcèle, elle va finir par comprendre. JE SUIS UNE PERSONNALITÉ! Je veux mon propre blogue!

Par-dessus le marché, c’est elle qui a dit que je deviendrais certainement une vedette internationale, ça fait que HEILLE! GROUILLE! Me semble que c’est pas trop demander?

Mais bon, c’est vrai que la tatie est un peu lente. Je l’ai vue ramer aujourd’hui avec son estie de machin devant lequel elle passe le plus clair de son temps. Elle essayait, d’après ce que j’ai compris, de communiquer avec deux autres taties qui avaient un accent vraiment bizarre. Elle a fini par y arriver, pis là, elle a passé une heure et demie à jaser avec ces deux madames-là.

Tout ce temps-là, moi, j’attendais comme une bonne.

Elle a voulu prendre une photo de moi pour leur montrer comment je suis irrésistible. Hahaha! Bonne chance! Elle a pas réussi, t’imagines bien.

Après, quand elle a eu enfin fini cette interminable conversation, elle s’est préparé une friture de petits poissons qui sentaient le ciel. Mais tu croiras pas ça: elle a osé ne m’offrir que les têtes et les tripes des petits poissons. VOYONS! Si je les mange pas, elle fait quoi avec? Elle les crisse aux poubelles! Est-ce que j’ai l’air d’une poubelle?

J’ai levé le nez là-dessus, comme il se doit.

Elle a pas fini de m’entendre.

En tout cas.

Au moins, aujourd’hui, elle a beaucoup joué avec moi, même si c’est jamais assez à mon goût. On va finir par se faire une vie, mais estie que c’est de l’ouvrage. J’arrête pas d’essayer de l’éduquer. J’pensais que, après avoir sevré mes quatre petits crisses de chenapans, j’aurais enfin la paix, mais on dirait que ça finit jamais.

Y en aura pas de facile.

Pis oui, je dis beaucoup de gros mots, mais c’est sa faute: a tient pas ses promesses. Fait que j’vois vraiment pas pourquoi j’me censurerais.

En tout cas. J’vais me coucher, pis j’peux te garantir qu’elle sera debout à 5-6h demain matin pour me donner des croquettes.

D’ailleurs, ça, c’est un autre contentieux (ben oui, CONTENTIEUX, j’t’ai déjà dit que j’ai des lettres! Cherche dans le dictionnaire!).

Elle prétend que j’vais devenir grosse si elle m’en donne plus. Aujourd’hui, elle a réussi à s’emparer de moi pour me peser. Je pèse apparemment tout juste 5 livres. Soit 2,68 kg. Elle dit que, selon les indications du sac de croquettes, elle peut pas m’en donner plus de 50g par jour.

Estie que c’est cheap.




J’ai vu un gros minet!

(Le journal de Sissi, chapitre 26)

Cher journal,

Aujourd’hui, j’ai eu un choc.

Je regardais dehors, tranquille, comme je fais souvent, par la porte-fenêtre de la chambre ridiculement rose de la tatie. Un oiseau ici ou là, une feuille qui s’envole, same old same, rien pour m’exciter le poil du dos.

Pis là… LÀ! J’ai vu arriver sur NOTRE balcon une énorme bête au pelage blanc beaucoup trop long parsemé de grandes taches noires posées n’importe comment, avec un nez noir assez vulgaire. Elle s’est avancée comme une rombière très sûre de son bon droit et… et… (tu croiras pas ça) ELLE A PISSÉ SUR LE POT DE FLEURS! Drette de même, un long jet parfaitement horizontal, en me regardant en pleine face! 

Tabarnak!

C’est clair qu’elle voulait m’intimider. J’étais gueule bée. La tatie était là, elle a tout vu, on était scandalisées toutes les deux.

Mais j’ai des petites nouvelles pour elle, la grosse Pongo (c’est la tatie qui m’a dit son nom, tu parles d’un nom pour une fille, d’abord!). La tatie, elle a dit qu’on n’allait pas se laisser faire oh que non et qu’elle allait me protéger. HA!

Sa stratégie: rentrer les pots de fleurs. 

Bon, OK, comme mesure coercitive ou même dissuasive, j’trouve ça un peu faible. Perso, je lui aurais tendu un piège, à la Pongo, un véritable guet-apens, genre que la prochaine fois elle se prend un seau d’eau sur la tête. Mais bon, apparence que c’est un peu compliqué de faire le guet tout le temps pour y arriver pis que l’humaine de la grosse Pongo serait pas contente. Là, j’dois dire, la tatie a un peu raison. 

En tout cas, je comprends mieux l’odeur qui m’avait tant affolée la première fois que j’ai pointé mon élégant petit nez rose dans le grand dehors de mon empire. C’était celle de c’te grosse crisse-là. Mettons que ça m’excite pas mal moins.

À c’t’heure que j’sais qui c’est, j’pense pas qu’on puisse devenir amies. La tatie m’a dit que c’était une redoutable chasseuse (c’est très vulgaire, ça, chasser comme une vagabonde quand t’as une bonne maison), pis je la trouve vraiment baveuse, le genre à t’attendre dans la ruelle à quatre heures pour te crisser une volée. C’est sûr que je fais pas le poids, mais de toute façon, les bagarres, c’est vraiment le comble de la vulgarité, franchement. Pis elle a décidément mauvais genre avec son estie de nez tout noir au milieu de sa grosse face blanche. J’lui ferais jamais confiance.

Ça fait que j’pense que j’vais attendre encore un peu avant d’explorer le reste de mon domaine. 

À part ça, je veux te dire qu’on est en train de devenir bonnes copines, la tatie et moi. Elle m’achète plein de jouets, elle passe beaucoup de temps avec moi, elle me donne des croquettes une à une en me disant plein de choses gentilles, pis on rit vraiment comme des folles avec notre nouveau jeu, regarde ça:

Mais parmi tous les jouets qu’elle m’a achetés ou bricolés (à part ma Ratatouille d’amour, que rien ni personne ne remplacera jamais même si elle n’a plus aucune plume et qu’elle est de plus en plus couettée), voici un de mes préférés:

Ça fait que c’est ça qui est ça. Là, j’ai vraiment eu une grosse journée, je vais me rouler en petite boule sur mon coin de canapé favori et je vais peut-être accepter que la tatie vienne se poser pas trop loin de moi (mais pas trop proche non plus, j’ai ma fierté).

P.-S. : La tatie voudrait me censurer parce que je traite la Pongo de grosse pis y paraît que ça se fait pas. Crisse, elle est trois, peut-être même quatre fois plus grosse que moi! Pis elle est méchante! Pis si t’as regardé la dernière vidéo, tu as vu que la tatie est mal placée pour me réprimander: c’est qui qui dit que j’ai une grosse bedaine, HEIN? En plus, c’est même pas vrai! J’AI PAS DE BEDAINE!

J’peux pas croire… (Oui oui, mon journal, numéro 25)

Ça fait un mois que j’suis ici, pis elle conteste encore ma suprématie. VOYONS! Si j’veux jouer, TU JOUES!

Si je juge qu’il est temps que tu recueilles mes cacas et mes pipis, JUST DO IT!

Je vais finir avec une extinction de voix à force de lui expliquer la vie. Je lui parle sans cesse, je miaule, je roucoule, je vocalise de toutes les façons possibles, je la talonne (littéralement, hahaha! Il m’arrive même de lui attraper les jambes, mais j’fais ça tout en douceur, tsébin, avec pas de griffes, vu que je suis parfaite).

Elle est OBLIGÉE de jouer à Ratatouille avec moi. Sinon, watch out!

J’vois bien qu’elle a une petite fatigue. Elle me dit souvent que je dois apprendre à jouer toute seule. CRISSE! Jouer toute seule. Voyons? À quoi ça sert? Qui a envie de faire ça?

En tout cas, tant qu’elle m’aura pas donné exactement TOUT ce que je veux, j’irai pas lui ronronner dans le cou, non messieurs-dames, pantoute. C’est tout juste si j’lui permets de me gratter doucement (DOUCEMENT) le menton et le dessus de la tête, après une dure journée d’apprentissage (les humains appellent ça le renforcement positif, ça veut dire que tu récompenses les bons comportements, hahahahaha! J’peux-tu te dire qu’ils ont rien inventé?)

Bref, quand elle fait c’que j’veux, j’lui donne une récompense.

L’impératrice icitte, c’est moi.

OK, j’ai (un peu) flanché (journal de Sissi, chapitre 24)

Je l’avoue: la nuit dernière, j’ai dormi un peu avec elle sur son lit (un tout petit peu, pas longtemps). Faut le dire, j’ai un alibi: il commence à faire frisquet. Je sais pas pourquoi la tatie laisse la fenêtre entrouverte la nuit.
Crisse, y fait frette, la nuit! Je le sais, j’ai dormi dehors trop longtemps. Je la comprends pas. C’est vrai qu’elle dort sous un tas de choses douces et moelleuses que j’ai jamais eues. D’où ma flanchitude.

En tout cas. J’vais pas me sentir coupable de ça, c’est elle qui devrait se sentir coupable de toute, pis cré-moé que j’y travaille.

En tout cas.

Parlant de fenêtre.

Hier, elle l’a ouverte. En plein jour. Cette fenêtre qui est aussi une porte, qui mène au grand dehors. Celle qui a une petite grille que je croyais infranchissable. Elle a ouvert tout ça, et elle m’a laissée sortir.

Pas longtemps, pis pas loin, mais OOOOOHHHHH!

Toutes ces senteurs dans mon petit nez rose! (C’est elle qui dit que j’ai un petit nez rose; j’étais pas au courant, mais, comme je t’ai déjà dit, elle aime le rose au-delà du possible, pis y paraît que ça fait partie de mon charme d’avoir un petit nez rose, fait qu’envoye le petit nez rose, surtout que tout le monde sait que les adjectifs sont la clé d’une écriture vivante, donc, bref, oui, toutes ces senteurs sont entrées en tempête dans mon petit nez rose.)

J’ai pu humer avec mon adorable petit nez rose (adjectifs, adjectifs!) des plantes que j’avais jamais humées auparavant. Et j’pense aussi qu’il y avait le pipi d’un monsieur chat qui sent vraiment trop bon. J’aurais voulu aller un peu plus loin, mais quand la tatie a vu que je trippais, elle m’a fait rentrer d’aplomb.
C’est vraiment chien.

Aujourd’hui, j’ai chialé un max pour qu’elle me laisse sortir encore, mais elle a pas voulu. Elle m’a dit qu’elle avait créé un monstre et qu’elle avait ouvert une boîte de pain d’or. J’sais pas pantoute ce que ça veut dire, du pain d’or. Mais j’sais une chose: elle a pas fini avec moi.

Le journal de Sissi (23)

Je trouve que la tatie se casse pas trop le bécik pour faire de moi une vedette internationale (le lien qui précède, c’est pour mes admirateurs étrangers qui savent pas ce que ça veut dire, se casser le bécik, ou le bicycle).

J’veux dire: c’est quoi, ces titres de marde, «Le journal de Sissi 8, 9, 10…» ? Jusqu’où on se rend comme ça? Elle a pas travaillé dans un grand quotidien, elle? Genre, grassement payée pour trouver des titres inspirants? VOYONS!

La preuve que c’est nul, ce soir, elle a mis «22» alors que c’était «23».

Elle a corrigé, mais bon, c’est trop tard.

À partir de maintenant, j’exige que ça change.

Mieux que ça: je veux mon propre blogue.

Elle a besoin de s’atteler, déjà que je lui fais faire ce que je veux avec mes miaulements, roucoulements et autres vocalises. T’en reviendrais pas, j’ai un registre de fou, je m’étonne moi-même. Je suis en train de la conditionner solide. Elle nettoie ma litière, change mon eau, remplit mon bol de croquettes, joue à Ratatouille, tout ça à volonté. Hahahaha! J’aurais jamais cru que c’était aussi facile d’élever un humain!

En tout cas, elle a pas fini avec moi.

Je continue de la priver de mes câlins, juste pour qu’elle apprenne.

Aujourd’hui, elle a essayé de m’amadouer avec ses fameuses super-croquettes, celles qui sont full-umami. HEILLE! J’me souviens trop bien de celles-là. C’est avec ça qu’elle m’a appâtée pour m’emmener chez le VÉTÉRINAIRE!

Elle me prend vraiment pour une petite sotte. (Mets donc ça dans ton vocabulaire, toi. J’suis petite, mais j’ai des lettres!)

Ça fait que j’en ai accepté une ou deux, pis j’ai couru me cacher sous le canapé. Pas question d’en faire plus. Faut pas me prendre pour une imbécile, Chose.

J’suis petite, mais j’ai de la mémoire.

Là, c’est clair qu’y aura pas de photo ni rien parce qu’elle le mérite pas.

Mais toi, j’t’aime quand même (et elle aussi, franchement, je l’aime, mais j’te dis ça en toute confidentialité, pis farme ta yeule).

Le journal de Sissi (22)

Allô.
Fait longtemps, hein?
C’est parce que la tatie a passé presque trois jours à se traîner de son lit aux toilettes au canapé à son lit aux toilettes et ainsi de suite.
Je te donnerai pas de détails, mais bon, disons que j’étais contente de pas l’avoir dans ma litière.
Elle jouait presque plus avec moi ni rien. C’est pour ça que j’ai rien écrit: j’avais rien à conter!
Bon, disons que j’ai pas tellement grand-chose à dire ce soir non plus, mais j’voulais pas que tu m’oublies ou que tu t’ennuies de moi. Je sais que tu t’es attaché, on peut pas faire autrement: je suis IRRÉSISTIBLE. C’est pour ça que je suis impératrice, tsé.
En tout cas.
Est-ce que je t’ai dit qu’elle m’a apporté un nouveau jouet? Il est turquoise avec des plumes et de petites ailes, comme un genre d’oiseau à la con.
Elle l’a fixé à une fenêtre, d’où il pendouille sans bouger au bout d’une perche. J’comprends pas ce que je suis censée faire avec ça.
J’veux dire: si la tatie joue pas avec moi, où est l’intérêt?
Pis qu’est-ce qu’elle comprend pas dans l’idée de JOUER?
Elle me dit que je peux jouer toute seule.
VOYONS DONC!
Depuis quand on laisse une impératrice jouer toute seule?
J’hayis ça, jouer toute seule.

Pis elle passe ben qu’trop de temps assise à sa table, devant son ordi! Voyons! C’est pas bon pour la santé, tout le monde sait ça!
Je monte parfois voir ce qu’elle fait. Je trouve un stylo à jeter par terre, ou une pièce de monnaie, n’importe quoi pour la déranger. Mais aujourd’hui, au secours! J’suis tombée sur quelque chose qui m’a vraiment troublée. Regarde ça:

J’sais pas ce qu’elle essaie de faire, mais j’espère que c’est pas mon portrait. Avec mon péteux en évidence, HEILLE!
J’vais appeler la SPCA!

Le journal de Sissi (21)

Allô.

J’ai une question. Qu’est-ce que ça veut dire, TOC?

La tatie m’a dit ça aujourd’hui, que j’avais peut-être un TOC. J’arrive pas à savoir si c’est un compliment ou un reproche ou autre chose. Elle m’a aussi demandé si j’avais un «déficit d’attention», pis elle m’a dit que j’étais «dépendante affective» pis que j’avais un «trouble de l’attachement».

Voyons donc!

C’est quoi, ce vocabulaire-là? D’abord, je peux pas avoir un trouble de l’attachement parce que j’ai jamais été attachée.

Pis dépendante affective, hahaha! On peut pas être plus indépendante que moi! Aussitôt qu’elle s’approche de ma bulle, j’m’éloigne juste assez pour qu’elle puisse pas me toucher. La distanciation, ça me connaît! Pis j’connais ça!

C’est vrai que, d’un autre côté, dès qu’elle bouge, j’me lève pis je la suis partout. C’est parce que JE LA SURVEILLE, au cas où elle préparerait des affaires croches. Elle m’en a déjà fait une couple, j’me méfie. (Une impératrice doit toujours être sur ses gardes, surtout quand elle n’a pas de gardes.)

En tout cas. Pour le reste, j’vais essayer de trouver des réponses moi-même, vu que j’sais ben que t’es juste un journal. L’important, c’est de se poser les bonnes questions, y paraît. J’suis p’tite, mais j’sais ça.

À c’t’heure, parlons des vraies affaires. Y a quelque chose de nouveau dans la cabane, j’ai pas encore compris ce que c’est. Regarde ben ça:

Je capote! Dès que j’entends le petit cri, wow! J’ai beau dormir comme une bûche, je me réveille pis j’accours comme une malade! C’est trop cool!

J’ai au moins compris d’où ça vient, pis je laisserai pas la tatie tranquille tant qu’elle me donnera pas full accès à ce truc.

Ça fait que c’est ça qui est ça. J’espère que t’as remarqué que j’ai arrêté de sacrer. C’est pas comme si la tatie sacrait jamais, hein: «Fais c’que j’dis, mais fais pas c’que j’fais», c’est ça, son principe d’éducation (comme si j’avais besoin d’être éduquée, estie).

En tout cas. J’suis l’impératrice, faut que je donne l’exemple.

Le journal de Sissi (20)

Salut.

Coup de théâtre: Ratatouille est revenue.

Finalement, mon histoire avec l’autre n’aura été qu’une aventure. Ratatouille est pas mal plus l’fun. Depuis qu’elle a réapparu, j’arrête pas d’achaler la tatie pour qu’elle joue avec nous. Je la suis partout en miaulant, hahaha! Elle finit toujours par faire ce que je veux: j’suis p’tite, mais j’suis tenace!

Pis c’est moi la boss.

Ça fait qu’on a joué! Des vraies débiles. Là, je suis mourute, j’vais faire une bonne sieste. Quand même, je me demande si j’ai pas joué un peu trop fort avec Ratatouille. Ses plumes sont toutes déplumées.

J’espère que la tatie va pouvoir la raccommoder. Ce serait plate de la reperdre maintenant qu’on s’est enfin retrouvées.

Sinon, l’autre, ben j’sais même pas où il est, c’est pour dire comment c’est fragile, tout ça.

En tout cas.

Aujourd’hui, il tombe plein d’eau dans le grand dehors, y a pas un seul oiseau dans l’arbre (et plus une seule feuille non plus, by the way). C’est PLAAAAATE!

Raison de plus pour aller dormir.

Le journal de Sissi (19)

Cher journal,

Je commence à croire que je pourrais entamer un processus de réflexion en vue de penser à essayer de former le projet de peut-être envisager la possibilité de faire un début de plan pour jeter les bases d’une éventuelle relation avec la tatie.

Pour le dire tout cru: je peux pas m’empêcher de la suivre partout.

J’ai pas encore cédé à la tentation de plus en plus brûlante de me coucher avec elle la nuit, parce que j’ai ma fierté, tsé. Mais oooohhh… À 5h du matin, quand j’ai fini mon dodo à moi, j’peux pas résister. Je monte sur son lit, je descends, je remonte, je passe et repasse derrière sa tête en reniflant ses cheveux au passage et en ronronnant à mort, tout en échappant avec art à toutes ses tentatives de me toucher.

J’vais la rendre complètement folle, hahahaha!

Ce matin, elle a ouvert la fenêtre de sa chambre, j’ai eu tellement de parfums dans le nez et d’oiseaux à observer, à travers cette petite grille mince dont je t’ai déjà parlé, j’ai vraiment trippé.

Mais quand la tatie s’en va (elle continue de m’abandonner quelquefois, mais comme elle revient toujours, j’ai cessé de lui en vouloir), bref, quand elle sort, elle ferme tout, j’comprends pas pourquoi.

J’pourrais toujours bin pas déchirer la p’tite maudite grille?

Oh, wow!

Je viens de comprendre quetchose.

JUST WATCH ME!

Ce disant, j’me rends compte que j’ai entendu cette expression dans quelques trucs que la tatie a regardés sur son estie de machin avec lequel elle passe plus de temps qu’avec moi. La Crise d’octobre, ça s’appelle. Elle est encore plus obsédée par ça que moi par mon nouvel ami, ce qui n’est pas peu dire.

Apparence qu’y s’est passé là des trucs qui étaient graves, mébon.

As-tu remarqué que j’ai amélioré mon vocabulaire, en passant? J’essaie de sacrer moins parce qu’y paraît que ça se traduit mal. Pis si je veux devenir une vedette dans le monde entier, faut que j’soigne mon langage.

La tatie m’a expliqué que c’est comme ça que Carole Laure a eu une carrière internationale, avec juste un beau body, une belle tite face pis un fake accent français.

J’sais pas pantoute qui elle est, celle humaine-là, mais si la tatie dit vrai, j’ai tout pour réussir.