
On quitte l’île d’Isabela demain, direction Santa Cruz, l’île où tout le monde atterrit, la plus peuplée, celle où on ne fait que passer. Nous ferons de même, puisque nous n’y séjournerons que deux nuits.
Mon Lonely Planet me dit qu’on a tort, et je veux bien le croire, sauf qu’on ne peut pas tout faire en 10 jours.
Après Santa Cruz, nous irons donc passer trois ou quatre jours dans l’île de San Cristóbal, d’où nous reprendrons l’avion pour Quito.
Isabela nous a comblés. Cherchez un endroit au monde où, au cours d’une simple baignade, vous pouvez vous retrouver soudain entouré d’une trentaine de manchots qui ont décidé que c’était l’heure du dîner, et qui vous frôlent et vous passent parfois même entre les jambes dans leur course aux petits poissons, tandis que les pélicans font des piqués du haut des airs.
Ce matin, j’ai été rattrapée dans mon innocente excursion en tuba par une tortue marine, qui m’a doublée sur ma droite de si près que j’aurais pu la prendre par le cou pour lui faire un bisou (mais j’ai pas osé).
Une otarie est aussi venue faire sa fraîche tout près de moi. « Regarde comme je suis habile et toi pataude, hein? Tu viendras encore te moquer de moi et de ma façon de me déplacer sur terre? »
Et elle se tourne et se retourne, me montre son joli ventre, fait la torpille et revient au bout d’une élégante ellipse me narguer encore avec ses moustaches de vieux monsieur.
Dans ces formations volcaniques labyrinthiques, j’ai pu observer une dizaine de requins qui faisaient la sieste sous une anfractuosité de pierre de lave, et trois malheureux hippocampes accrochés à une racine de mangrove — je dis malheureux parce qu’ils ne sont qu’eux trois et que tous les guides savent où ils se trouvent. Pas moyen d’avoir la paix.





Car en effet — et qui s’en étonnera? —, le pire ennemi des îles Galápagos et des espèces qui y (sur)vivent, comme d’habitude, c’est l’homme. On déploie maintenant des efforts inouïs pour rétablir les populations de tortues terrestres, qui sont menacées par les chiens, les chèvres, les ânes, les rats et les fourmis, toutes des bestioles qui ont été amenées dans l’île par le pire prédateur que la Terre ait connu.
Ça donne à réfléchir.
D’aucuns pourront dire que le tourisme contribue à ce fiasco en persistant à prendre l’avion alors que tout nous hurle qu’il faudrait cesser. C’est vrai. Je plaide coupable, votre honneur.
Mais il y a des facteurs atténuants. Je voyage modestement, je dépense mon argent dans des commerces locaux qui en ont bien besoin au lieu d’hôtels et de croisières de luxe…
Jugez-moi si vous voulez.
* * *
Maintenant, quelques infos pratiques au sujet des îles (ou en tout cas d’Isabela):
— Tout coûte beaucoup plus cher que sur le continent, pour la raison bien simple que tout doit arriver ici par avion ou par bateau.
— Pratiquement aucun commerce — ni agence de tourisme, ni hôtel, ni resto, ni épicerie, ni même les agences gouvernementales qui perçoivent les taxes portuaires ou de séjour— n’accepte les cartes de crédit, et le seul guichet automatique de Puerto Villamil ne permet que des retraits de 200$ à la fois, tout en facturant au passage des frais de 4,60$US. Apportez du cash!
— Les tarifs des taxis, du moins pour les courtes distances, sont souvent calculés par personne (bizarre, mais c’est comme ça). Une course jusqu’au centre de conservation de tortues géantes (2km, ou 5 minutes) nous a coûté 5$ alors qu’un chauffeur nous en a demandé autant pour nous emmener du port à notre hôtel (1km) et qu’Alejandro a payé 1$ pour la même course. Demandez le tarif avant d’embarquer, comme ça, vous saurez à quoi vous en tenir.
— Oui, on prend des taxis pour faire 1 ou 2 km, parce qu’il fait terriblement chaud et que le soleil tape d’une manière inimaginable. J’ai lu quelque part que l’indice UV ici peut atteindre 12. Apportez des vêtements longs — aucune crème solaire ne peut vous protéger adéquatement contre ça — ou oubliez toute activité extérieure le moindrement exigeante entre 10h et 15h, ou les deux.
— Essayez le pain aux bananes de la pâtisserie-boulangerie Espiga Dorada, c’est une tuerie.
— Il y a un petit marché public dans le centre, mais arrivez de bonne heure si vous voulez des fruits frais. Les hôtels et les restos raflent tout aux aurores. Sinon, vous trouverez aisément des bananes et des papayes un peu partout.
— La consigne sur les bouteilles de bière est de 1$. Gardez votre coupon-caisse pour rapporter les vides et récupérer vos sous. Mine de rien, à 5$ la grande Pilsener, ça monte vite (elle coûte 1,50$US à Quito!).




























