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Adios Bucerías

J’ai décidé de devancer mon départ de Bucerías, je pense que j’en ai fait le tour. Curieusement, je pars alors que je commençais à trouver mes marques.

J’ai eu le temps de parler un peu avec la vieille dame qui vend des pains aux bananes et au coco, celle qui vit à San Vicente. Elle s’appelle Concha, elle est vraiment drôle et fine, et son pain aux bananes est un délice. Aujourd’hui, j’ai acheté le pain au coco, je vais manger ça demain matin avec l’excellent capuchino du minuscule café au coin de la rue où j’ai déjà mes habitudes.

J’ai aussi un petit rituel et un serveur attentionné au Brujo, un bar de plage fréquenté en majorité par des Mexicains, où tout est moins cher et meilleur qu’ailleurs (j’en ai essayé d’autres, hein). Sur les conseils de ma belle amie Marianne, j’ai commandé une michelada — mélange semblable à un Bloody Caesar, mais avec de la bière au lieu de la vodka.

C’est bon, rafraîchissant et pas trop alcoolisé, parfait pour un après-midi de paresseuse à la plage.

J’ai passé tout mon temps à lire. Dans ce paradis où je me trouve, croyez-le ou non, je suis en train de lire Aucun de nous ne reviendra, un compte rendu saisissant de la vie à Auschwitz, magnifiquement écrit.

Méchant contraste.

C’est bon de temps en temps de se faire remettre les yeux en face des trous

J’ai revu les deux petits garçons (deux frères, adorables) à qui j’avais parlé la semaine dernière. Je leur ai acheté trois animalitos pour 100 pesos (environ 7,50$). Ils m’ont donné un petit cours d’espagnol pour m’apprendre à les nommer. Allais-je négocier? Je regrette seulement de ne pas les avoir pris en photo, ces deux-là. Ou mieux: dans mes bras.

J’ai aussi acheté un joli chat brodé à une minuscule jeune maman accompagnée de ses deux petites filles.

Voici donc ma petite ménagerie, avec le colibri en perlage auquel je n’ai pas pu résister non plus (ou surtout à sa vendeuse).

Je vous laisse avec ma vieille face enfin contente de son sort.

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Au marché du dimanche


Ceux qui me connaissent savent à quel point j’adore les marchés publics.

J’en ai visité des dizaines, dans toutes les villes et tous les villages où j’ai posé le pied, sans jamais me lasser.

Il y a à Bucerías un mercado municipal, mais, d’après ce que j’ai compris, il est tout nouveau et n’a pas encore complètement supplanté celui, plus informel, qui se tient tous les dimanches dans un coin un peu excentré.

Donc je suis allée faire un tour là-bas en matinée, avant qu’il fasse trop chaud.

Évidemment, on y trouve de tout: des produits frais, des vêtements, des ustensiles de cuisine, des jouets, des outils, de l’artisanat, de la nourriture préparée sur place, des casseroles, des pièces d’automobile…

Mais ce qui me fascine toujours dans ces marchés, surtout en Amérique latine et encore plus ici, au Mexique, c’est la gentillesse infinie des gens, et la fierté avec laquelle ils acceptent de se faire photographier par une Gringa qui n’a rien à leur donner en échange que son sourire.

Ce monsieur qui a fièrement pris la pose sous le regard réprobateur de sa fille.

Voici Alen, qui cueille lui-même ses huîtres et qui m’en a offert une à goûter.
Los cuatro compañeros, qui étaient trop beaux dans ce minuscule boui-boui un peu à l’écart du marché.

Je suis rentrée chez moi à moitié morte de chaleur, évidemment. Mais juste à moitié: il y a du progrès! Je commence à croire que je pourrais m’habituer à ça comme je l’avais fait au Bénin et au Niger, ou dans le désert au Maroc.

Je continue cependant de me demander pourquoi j’ai choisi cette destination.

J’ai sûrement quelque chose à apprendre.

C’est probablement ce que va me révéler mon prochain séjour, à Sayulita, dans une auberge réservée aux femmes où il y a beaucoup trop de yoga et de méditation à mon goût mais où j’espère rencontrer quelques sorcières de mon espèce (ou pas).

En attendant, j’espérais faire une excursion aux îles Marieta, un endroit apparemment magique et hyper-protégé où on peut faire de la plongée en apnée. Mais me retrouver sur un catamaran dans un groupe de 100 personnes, avec bar ouvert? Non, merci.

Donc je reste ici, bien tranquille.

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Bucerías

Cette photo, c’est ce que je vois de mon balcon.

J’entends caqueter des poules tandis que ces messieurs les coqs font des vocalises en prévision du Grand Réveil de demain matin.

Quelques chiens jappent ici et là.

Une cloche fait entendre son timbre un peu fêlé.

Des ballades sucrées émanent de la maison d’en face.

Ces bruits de vie me remplissent de joie. Je n’aurai pas ce soir à enfoncer des bouchons dans mes oreilles pour échapper au vrombissement constant de la circulation qui sévissait à Puerto Vallarta.

En fait, je regrette surtout de ne pas pouvoir laisser ouvertes porte et fenêtres ce soir pour les entendre tous: il fait une chaleur de four, et dormir sans la clim sera impossible.

Ça cuisait déjà sérieusement quand je suis arrivée, vers midi. Après avoir posé mon petit bagage dans ma chambre et repris une température normale, je me suis aventurée dans les rues incroyablement pentues et bossues de mon quartier pour acheter de l’eau et quelques fruits — deux bananes, une mangue, trois de ces minuscules limettes si juteuses, et aussi un légume que je n’avais jamais vu de ma vie, un jícama.

J’ai demandé à la dame ce que c’est et comment on l’apprête. Elle m’a expliqué que ça se mange surtout cru, avec du sel et du jus de lime (y a-t-il quelque chose, au Mexique, qui se mange sans sel ni jus de lime?).

Quand je suis rentrée, j’ai montré ça à Manuel, le proprio de la maison où j’habite, qui s’est fait un plaisir de me donner du sel et un couteau pour éplucher, et qui m’en a appris un peu plus sur le jícama (à commencer par la prononciation avec le bon accent au bon endroit).

Le goût et la texture du jícama m’ont rappelé ceux des pommes de terre de mon enfance, tout juste extirpées du jardin de mon papa et qu’on mangeait à la croque-au-sel.

J’ai donc grignoté ça sur mon balcon en lisant, parce qu’il n’était plus question de ressortir. Il faisait si chaud que je me serais consumée au bout de quelques mètres sans laisser d’autre trace qu’une petite flaque d’eau vite évaporée.

J’ai résolu de descendre à la plage vers 16h pour me baigner dans le Pacifique et, accessoirement, boire une bière: les bars de plage sont le seul moyen d’avoir de l’ombre et de se baigner sans s’inquiéter des biens qu’on laisse sur place.

Et puis il y a de l’ambiance!

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Une bulle au cerveau

Un joli petit bout de rue, quand même.

C’est probablement ce qui s’est passé quand j’ai réservé mon vol pour Puerto Vallarta.

Une absence momentanée, qui m’a fait croire que je trouverais ici le charme désuet des stations balnéaires démodées, un peu comme ce que j’avais vu je ne sais plus où, peut-être à Wildwood, sur la côte est des États-Unis, il y a longtemps.

J’aime bien les choses un peu décaties, décalées, démodées, où le temps semble avoir pris une pause prolongée.

Je suis certaine que l’endroit a déjà été très joli, magnifique même, avant que les Gringos n’y affluent et ne dénaturent absolument tout.

C’est généralement ce qui arrive quand rien ne régule la cupidité des hommes. Parfois, ça s’arrête et ça se répare un peu.

Mais ici, ça continue de continuer.

Hier, décidée à fuir ce cirque, je suis allée faire un tour à Bucerías, à une demi-heure d’ici en bus local. C’est plus petit et beaucoup plus calme que Puerto Vallarta, même si, bien sûr, c’est envahi de touristes. J’ai passé la journée à la plage, je me suis baignée un peu, et j’ai surtout observé les vendeurs ambulants.

Parmi eux, une minuscule vieille dame édentée et boiteuse, qui vendait une sorte de gâteau aux bananes très dense, qu’elle prépare elle-même. Je lui ai dit « gracias » en souriant, et elle s’est arrêtée un peu. On a fait un petit bout de conversation. Elle habite à San-Vicente, un micro-village perdu dans l’arrière-pays. Elle fait l’aller-retour chaque jour. Je peux vous dire qu’il n’y a rien de facile là-dedans!

« Je devrais y aller », j’ai dit. « Oui, viens, m’a-t-elle répondu. Tu vas voir, c’est autre chose. Il n’y a pas de touristes, là-bas! »

Sinon, tous et toutes proposent la même marchandise — les fameux colibris en perlage, mais aussi des broderies toutes pareilles, des colliers, des bracelets tressés… Quand je leur demande s’ils fabriquent ça eux-mêmes, ils me répondent invariablement que oui.

Mais si on pose la question aux enfants, qui eux aussi vont de table en table pour offrir sensiblement les mêmes choses, on comprend assez vite que tout ça est fabriqué au Chiapas dans des ateliers de misère.

Ils viennent tous de là — parents, enfants, grands-parents. Ils s’exilent vers les zones touristiques dans l’espoir de gagner un peu d’argent et d’échapper à la pauvreté.

Et chez eux, d’autres malheureux sont enchaînés à cette industrie de marde.

Je vous raconte tout ça et je réalise que la vraie bulle au cerveau, ce serait celle qui m’empêcherait de m’approcher ainsi des gens, ne fût-ce qu’un tout petit peu.

En même temps, je me rends bien compte que je fais partie du problème.

Je vous laisserais bien avec des photos de ma promenade dans la Zona romántica de Puerto Vallarta — mon dernier effort pour aimer un peu cette ville — mais elles ont toutes disparu, sauf une. Ne me demandez pas pourquoi ni comment.

Un signe, sans doute.

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Puerto Vallarta

Je retrouve le Mexique tel que dans mes souvenirs (qui remontent quand même à 2010): bruyant, coloré, chaotique, nonchalant, débonnaire, avec ses enfants grassouillets, ses vendeurs ambulants, ses trottoirs meurtriers (ne JAMAIS marcher le nez en l’air ici — je me le suis cruellement rappelé, aujourd’hui, en me rétamant comme une débutante).

À l’aéroport, il y avait une file monstre pour en sortir, parce qu’on repasse les bagages aux rayons X, comme s’ils n’avaient pas été scrupuleusement scrutés à l’embarquement.

Il m’a bien fallu une heure pour enfin émerger à l’air libre, j’étais en nage, couettée comme un chat noyé.

Fait chaud, au Mexique. J’avais oublié ça, on dirait.

Puerto Vallarta est un drôle d’endroit. Station balnéaire autrefois très à la mode, elle a subi tous les outrages du tourisme de masse. Elle garde néanmoins, dans le quartier où je loge, quelques traces d’architecture coloniale (sûrement beaucoup plus dans le quartier historique, dit la Zona romántica).

Ses rues pentues et pavées de pierres rondes me rappellent celles de Huari, la petite ville où je me trouvais quand je suis tombée malade au Pérou — pas forcément de bons souvenirs, on s’en doute, mais je vais passer par-dessus.

Après avoir pris possession de ma chambrette et m’être rafraîchie, je suis allée voir la mer. Trois coins de rue et on y est. J’ai trempé mes pieds dans le Pacifique, puis je me suis écrasée dans un de ces petits bars de plage où, les pieds dans le sable, on peut boire une cerveza, manger une bouchée et regarder défiler la vie.

Les petites filles qui crient en jouant dans les vagues (ou vice versa).

Le couple de musiciens maison qui fausse affreusement sur des airs préenregistrés,

Le type en bobettes, sur la plage, manifestement très imbibé (et de moins en moins inhibé) qui danse seul sous son parasol au rythme de leurs chansons.

La famille mexicaine en vacances qui commande plats après plats.

Les Américains blasés et obèses qui ne se parlent pas.

Les vendeurs ambulants, las et tristes, qui proposent leur marchandise avec l’énergie du désespoir. Des T-shirts imprimés « Shut up, liver, you’re fine! », des colibris fait de perles de verroterie (très jolis, 300 pesos, soit environ 22$), des lunettes de soleil, des chapeaux, des huîtres fraîches déjà ouvertes, sur un lit de glaçons qui fondent à vue d’oeil (oui, même ça).

J’ai ensuite marché vaguement sur le Malecón (la promenade qui longe la mer) vers la vieille ville, mais j’étais fatiguée, j’avais envie de pipi (les toilettes du bar étaient repoussantes), alors j’ai rebroussé chemin. Mais j’ai quand même vu cette étrange zone rocheuse où les gens ont érigé des centaines de petits cairns, c’est assez étonnant.

J’ai trouvé un supermarché où j’ai acheté un avocat, trois limettes, deux tomates, une carotte, deux petits pains et un fromage beaucoup trop gros, et j’ai vaguement grignoté sur la terrasse de la maison en regardant le coucher du soleil.

Là, je m’en vais faire comme lui, je suis mourute.

Buenas noches!

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Une obsession

Ça m’arrive tout le temps quand je rentre de voyage: je ne pense qu’à reproduire ce que j’ai mangé, une manière comme une autre de prolonger le bonheur d’avoir été ailleurs, de ralentir l’atterrissage, de continuer de rêver.

Mais on dirait que c’est plus grave et incurable dans le cas de l’Italie.

Je suis donc allée vendredi à la Baia dei formaggi, puis à la boucherie Capitol (au marché Jean-Talon). J’ai acheté de la guanciale aux deux endroits (pour comparer, tsé), à un prix qui me fait presque pleurer quand je pense à ce qu’on m’a confisqué à la douane.

Et je pleure carrément quand je pense que ça a fini aux poubelles.

Parce que non, les douaniers canadiens ne gardent pas ça peur eux, hein, franchement. On n’est pas dans une république de bananes.

Ils doivent avoir souvent envie de pleurer eux aussi.

J’ai au moins réussi à faire rire celui qui m’a confisqué ma guanciale et mon prosciutto quand je lui ai dit que je reviendrais fouiller dans les poubelles pendant la nuit.

Il était presque aussi beau, gentil et poli que mon propre fils. Ça console.

Bref, je vous le dis et vous le répète, ne rapportez au Canada aucune sorte de viande, fût-elle salée, séchée et emballée sous vide, en pensant que c’est légal: ça ne l’est pas. Après, si vous avez une âme de gambler, vous pouvez toujours essayer de passer ça en douce, en espérant de ne pas faire l’objet d’un contrôle aléatoire. Si vous vous faites prendre, vous risquez une grosse amende, mais pire: vous serez fiché à la douane comme un trafiquant de cocaïne (j’exagère, mais pas tant que ça).

Vous ferez bien ce que vous voudrez, mais vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas.

Je peux en tout cas vous affirmer que nos tomates en conserve Aylmer ou autres n’arriveront jamais à égaler le goût et la qualité des tomates italiennes, c’est comme ça. La passata, pareil,

Et les pâtes, aaahhh, mon doux, les pâtes! Sont pas toutes égales devant Dieu et les Hommes, oh que non! J’ai acheté hier chez Milano un paquet de spaghettone qui m’a coûté trois fois un paquet de Barilla, mais qui m’a procuré au moins six fois plus de bonheur.

J’avais fait un ragù alla bolognese du feu de Dieu, un truc tout simple qu’on ne peut absolument pas rater.

J’ai dû être italienne dans une vie antérieure. Il me manque juste une famille nombreuse.

Buona notte a tutti.

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Décalage

Je pense que je n’ai jamais eu autant de mal à me réadapter après un voyage en Europe.

Bon, c’est vrai, je ne suis rentrée que depuis trois jours. Mais quand même. Il fut un temps où je passais à travers ça comme l’eau des spaghettis à travers une passoire. Mais on ne rajeunit pas, hein?

Je me surprends à me lever dès 7h30 le matin avec une faim d’ogresse, j’ai envie de faire une sieste à 10h et de manger des pâtes à 5h de l’après-midi, je me retiens à deux mains pour ne pas me coucher à 7h du soir.

Il est vrai que la Sissi me réveille au beau milieu de la nuit en me léchant le visage, les mains, les épaules (tout ce qui dépasse de la couette, en fait) jusqu’à ce que je finisse par acheter la paix en lui donnant une avance sur ses croquettes du jour. Quand je vous dis que j’ai créé un monstre…

Mais qui suis-je pour la juger? Moi aussi, je ne pense qu’à manger. Des rigatoni all’amatriciana, des spaghetti alla bolognese, alla puttanesca, all’arrabiata ou alla carbonara…

J’ai trouvé un site italien où on donne les recettes de base de ces grands classiques. Allez voir ça. Même si c’est en italien, vous allez comprendre qu’on n’a rien compris quand on entasse une montagne de spaghettis dans une assiette et qu’on la couronne ensuite de sauce.

En tout cas.

Là, il est 20h, je m’accorde le droit de me coucher.

Buona notte a tutti!

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Pot-pourri

Pot-pourri, c’est le nom du resto où j’ai mangé hier soir. Je suis arrivée là bien trop tôt, le propriétaire m’a priée de revenir vers 19h et m’a conseillé un endroit où aller prendre l’apéro en attendant, le Bar dei Cesaroni. J’avais vu passer ce nom sur Google Map (devenu mon meilleur ami), ça semblait sympa selon les avis des clients.

Le bar doit sans doute sa popularité au fait qu’il a servi de lieu de tournage dans une télésérie éponyme qui a eu énormément de succès, je ne vois pas autre chose: le patron a une mine parfaitement patibulaire, et les deux femmes qui travaillent avec lui (sa mère et sa soeur? ou sa femme et sa belle-mère?), édentées, boiteuses, bilieuses, pas ragoûtantes, ressemblent à deux maquerelles de fond de bidonville. On aurait dit une scène d’Affreux, sales et méchants! Je me suis bien amusée à observer cette faune qu’on ne verrait jamais dans le Trastevere, devenu un quartier bien trop chic et de bon goût.

En tout cas. Je suis retournée au Pot-Pourri à 19h pile. Il était bien sûr encore trop tôt (les Italiens ne se mettent jamais à table avant 20h, 20h30). Mais j’avais faim, j’avais froid, je voulais un bon gros plat de pâtes bien chaudes. J’étais la seule cliente dans cette grande salle aux tables nappées de vichy rouge et blanc où un jeune homme d’origine sri-lankaise lavait nonchalamment le sol de terrazzo. (Les Sri-Lankais comptent pour le tiers de toute l’immigration en Italie, on les voit partout dans les petits emplois modestes dont personne ne veut.)

Le chef et son comparse portaient des polos qui avaient dû être blancs un jour, maculés de taches de graisse et de sauce tomate à croire qu’ils n’en changent jamais. J’ai eu une pensée pour nos inspecteurs de la salubrité, qui auraient sans doute fait une commotion cérébrale en voyant ça. Et je vous passe les détails sur l’état des toilettes.

Mais ooohhh! Ces rigatoni all’amatriciana tout fumants, qu’ils étaient bons! Que j’ai bien mangé! Et que le patron était gentil! Ça compte plus que tout le reste, non?

Je suis sortie de là repue et contente, j’ai très bien dormi, merci la vie.

Je pars demain, j’avoue que j’ai un peu hâte parce que cette poussée de variant omicron me donne l’impression de courir sur un pont en flammes. En attendant, Paola m’a fort gentiment conviée à souper avec elle, ça me fait grand plaisir et ça me gêne tout à la fois, parce qu’elle va devoir subir ma pauvre conversation de bègue analphabète et sourde. Peut-être qu’un verre de vin ou deux vont m’aider?

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Pas si fous, les Romains!

C’est ce qu’on se dit quand on visite les ruines des thermes de Caracalla. Des installations monumentales qui pouvaient accueillir jusqu’à 1600 personnes PAR JOUR, avec une piscine aux dimensions littéralement olympiques, des vestiaires, des gymnases, des bains de vapeur, des bains froids, deux bibliothèques, tout ça sous des plafonds de marbre dont la hauteur pouvait atteindre 40 mètres, et orné de mosaïques, de statues, de fresques…

Je ne vous ferai pas l’historique de tout ça, c’est déjà sur Wikipédia. Allez quand même lire, c’est fort instructif.

Moi, j’ai marché encore 13 kilomètres aujourd’hui, je suis aussi fourbute que mourute et j’ai besoin d’une nouvelle paire de chaussures. J’essaierai de me trouver ça demain, tenez.

Pour l’heure, je me demande où j’irai manger ce soir: c’est dimanche, la plupart des restos sont fermés et j’ai vraiment la flemme de me préparer quelque chose dans la microscopique cuisine de Paola.

Je vous laisse avec des photos de ma virée d’aujourd’hui:

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Promenade sur la Via Appia

Un petit bout de la via Appia dans son état original, pavée en lourds blocs de basalte volcanique.


Je suis loin d’avoir tout vu, hein, la portion documentée de la route fait je ne sais combien de kilomètres, j’en ai parcouru à peine sept. Je n’ai pas visité les catacombes, qui me semblaient d’un intérêt limité. C’est une superbe promenade, ça m’a suffi, je suis revenue en bus, affamée et fatiguée. J’ai mangé un sandwich dégueulasse dans un café que m’avait pourtant recommandé Paola, je suis allée faire un tour dans un marché aux puces aux prix délirants et je suis rentrée tranquillement à la maison. Ce sera tout pour aujourd’hui.

Un buste de Jésus par Le Bernin (sa dernière oeuvre) dans l’église San Sebastiano